02/10/2007

02/10/07 - 20:40

DXXI. - Les miscellanées aigrelettes (?) de Nono von Bad.



- 1 -


Lui. - veux te suce

Moi. - Oh ?

Lui. - oui ai envie

Moi. - Cool.

Lui. - quand

Moi. - Oh, je sais pas... tu avales ?

Lui. - oui adore pomper

Moi. - C'est ballot, c'est comme ça qu'on attrape la syphilis et autres cochoncetés.

Bizarrement, il n'a pas répondu. J'en suis encore tout étonné.






- 2 -


Il y eut une déferlante Sufjan Stevens dans ma vie ces derniers temps : pour une fois que j'achète les Inrocks, supplément cédé oblige, je note plusieurs fois ce nom, d'article en article. Tel chanteur a, entendez bien, loué les musiciens de ce monsieur. Un autre fait référence à icelui.

Diable. Diantre

Ainsi pensais-je en mon in petto qu'il est totalement pectore, intime et for intérieur pour ne pas dire pulmonaire, que M. Bleu D***, mon étoile polaire musicale, mon concentré d'Alpha Ursae minoris pondéré de Thuban, voilà-t-y pas qu'il en cause itou.

Re-diable. Re-diantre (derechef, comme dirai René D*** en ses Meditationes de prima philosophia - ne me demandez pas pourquoi systématiquement j'associe le mot derechef à René D***). Re-boudiou, donc.

Un lecteur de Télérama tombant d'accord avec les papes du rock, qui sont à la zique ce que Jean-François Kahn est à la pensée de gauche, ça parvient à soulever question et poser problème (mouvement un tantinet complexe que seule une pensée un brin musclée arrive à exécuter d'un seul geste).

C'est limite je me demandais si ce n'était pas un standard du rock, une sorte de figure tutélaire, un papy survivant des sixties, quelque chose qui renverrait Chuck Berry, Keith Richard, les Scarabées et The New Pornographers à quelque chose d'infime et de méprisable, tout juste écrasable par une semelle propre. J'aurais loupé ça ?

Or donc, me voici batifolant dans les vertes prairies du ouèbe, slalomant entre les collets de la loi DAVDSI pour retrouver, ô miracle, un album de Sufjan Stevens que je venais juste de perdre et que par bonheur j'avais mis à ma propre disposition sur un site quelconque. C'est vraiment bien, de pouvoir mettre ses propres cédés sur internet : on les perd si souvent.

J'ouïs donc, et jouis pas mal non plus.

En plus, je connaissais des morceaux : yes ! C'est mon côté Monsieur Jourdain, me certifiais-je, retrouvant les ritournelles de Little Miss Sunshine dans son album Avalanches.

Me voici fredonnant paisiblement des chansonnettes d'un vieux papy... Vu les airs, je l'imaginais avec une barbe fleurie, salt and pépère, peut-être quelques pattes d'oies aux bords des yeux.

Et c'est là que M. Bleu D*** (loué soit-il de Malakoff Porte-de-Vanves à Kremlin-Bicêtre) me dit que...

Mais une image suffira :








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En revanche, le Trash Yéyé de Benjamin Biolay, sorti de nous faire un mélange de ses précédents albums (on retrouve même des mesures entières, pour les accompagnements et autres effets d'arrangement, des deux premiers albums), ça fait un peu pompé sur Gainsbourg.

Pour ne pas parler des paroles : c'est de la provoc gentille, ça vaut guère la peine de s'y attarder.

La seule piste qui m'a un tantinet plu, c'est Rendez-vous, qui sait. Morceau qui détonne un peu pour l'album, que je rapprocherais plus volontiers de la pop classieuse de Neil Hannon (remarquez les cuivres, assez proches de celles qu'on trouve dans Casanova).






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Vous ai-je narré avoir soufflé des bougies hier soir ? Si, non que j'eusse voulu vieillir (ça approche, ça approche), simplement qu'il s'agissait de loupiottes d'ambiance.

Figurez-vous que lorsqu'on souffle distraitement, et donc trop fort sur de la cire chaude, elle gicle. En général, elle attire sur la table, un peu sur les vêtements, et ce qui ne vous a pas brûlé la main refroidit un mètre plus bas sur la moquette.

Me demande comment certains arrivent à prendre leur pied en s'aspergeant de cire fraîchement cueillie, moi.






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Ici, je vous narre que j'ai souvent sommeil ces temps-ci. Et que j'ai un peu chaud. Je dois couvrir une saloperie. Allez, hop, un coup de Green Day n'abolit pas le hasard.






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Et voici l'incipit à la mode du jour :

"La présente histoire parle de magie : où va-t-elle ? et, principalement, d'où vient-elle et pourquoi ? Mais elle ne prétend pas pour autant répondre à tout ou partie de ces questions. Peut-être permettra-t-elle cependant d'expliquer pourquoi Gandalf ne s'est jamais marié et pourquoi Merlin était un homme. Parce que la présente histoire parle aussi de sexe, mais probablement pas dans le sens athlétique, acrobatique, comptez-les-jambes-et-divisez-par-deux du terme, à moins que les personnages n'échappent totalement au contrôle de l'auteur. Ils en seraient parfaitement capables."

commentaires

02/10/07 - 21:12

qu'est ce donc qui vous a fait penser à un vieux papy en écoutant sufjan stevens ? moi je m'étais dit que je n'avais jamais entendu un utilisation aussi intelligente de la musique minimaliste ricaine (surtout Steve Reich) dans des morceaux de pop/folk/rock (je ne sais pas de quelle case il se rapproche le plus...) ; la musique des 60's et des 70's n'est jamais aussi complexe, polyphonique ! Sufjan Stevens est un jeune génie, un point c'est tout ! ;o) (je vous recommande Come on, feel the Illinoise !)

20/10/07 - 20:23

La réponse, bande de moules :

La Huitième fille, Terry Pratchett.

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"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."

Dante Alighieri, Inferno , I.





"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

François Villon, Epitaphe, 1-4.





"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."

Mickhaïl Boulgakov,
Le Maître et Marguerite, II.





"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.

Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"

P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7.
Trad. toute perso.





"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."

Albert Cohen, Les Valeureux, I.





"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."

Yukio Mishima,
Les Amours interdites, VIII.





"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."

Homère, Iliade, XXIV.





"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."

Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.





"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.

Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."

Georges Perec,
W ou le souvenir d'enfance, I.





"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."

Herman Melville, Moby Dick, I.





"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"

Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.





"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."

Giuseppe Tomasi,
duc de Palma de Montechiaro,
prince de Lampedusa, Le Guépard, I.





"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

Jules Verne,
Le Château des Carpathes, I.





"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."

John Kennedy Toole,
La Conjuration des imbéciles, Un.



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