25/09/2007

25/09/07 - 18:44

DXV. - Folie meurtrière et connerie profonde.



Quand je regarde le monde par la lucarne, la bêtise profonde de l'humain parvient à me dégoûter de mes congénères.

Hier le président de l'Iran, Mahmoud Ahmadinejad, était reçu à l'Université de Columbia. Le discours d'accueil des Américains qui l'accueillaient était d'une bêtise et d'une provocation crasse, certes (1). La connerie est partout.

Mais tant qu'à faire dans la brutalité, a déclaré : "En Iran, nous n'avons pas d'homosexuels comme dans votre pays. Nous n'avons pas ce phénomène, je ne sais pas qui vous a dit que cela existait chez nous." (2).

Effectivement, ils n'ont pas d'homosexuels. Tout ceux qui sont seulement soupçonnés d'homosexualité (il suffit pour ça d'avoir une coupe de cheveux "branchée") sont pendus pour accusation de "viol sur mineur de même sexe". Et tant qu'à faire on pend "violeur" et "violé".

Notamment :

i. le 19 juillet 2005, Mahmoud Asgari et Ayaz Marhoni, âgés respectivement de 15 et 17 ans, ont été pendus à Mashhad, au motif d'homosexualité et viol (3).

ii. le 22 juillet 2007, 12 hommes ont été pendus pour sodomie à Téhéran. 4 autres hommes avaient été exécutés les semaines précédentes, toujours pour "sexualité déviante" (4).

Sans compter ceux dont on ne parle pas.

Sous d'autres cieux, un type élu président de la République française par 53.06% de personnes s'exprimant peut-être mais qui ne pensent pas aux conséquences de leur acte imbécile a déclaré à la conférence sur le climat de l'ONU qu'une solution pour réduire le réchauffement climatique était de développer l'énergie nucléaire.

Histoire de se garantir que son aveuglement crasse demeure dans l'Histoire, ce type a enfoncé le clou : "La France est prête à aider tout pays voulant se doter du nucléaire civil." (5).

Encore heureux qu'une semaine avant son ministre chargé des Affaires étrangères et européennes menaçait l'Iran, qui veut se doter de nucléaire civil depuis quelques années, et avait juste parlé de déclarer la guerre (6).

Vous m'excuserez, mais une connerie aussi générale, un aveuglement aussi complet, une cruauté aussi innommable dans l'ensemble des sphères dirigeantes que VOUS avez élues, ça me fait vomir.


(1) Lee Bollinger, président de l'Université : "Lorsque vous venez dans un endroit comme celui-ci, vous vous rendez simplement ridicule. Soit vous êtes un provocateur, soit une personne étonnamment mal élevée." (AFP).

(2) Source : AFP.

(3) Source : Wikipédia.

(4) Sources : Fars, Reuters.

(5) Source : Libération. Mais bon : après tout, il y a quelques mois, ce même type avait déclaré que certains adolescents étaient prédisposés génétiquement à se suicider (Philosophie Magazine).

(6) "Il faut se préparer au pire. [...] Le pire, c'est la guerre." (Le Grand Jury RTL / LCI / Le Figaro).

commentaires

25/09/07 - 19:06

Pour info les ricains n'ont rien fait pour aider le Shah un de leur "fidèle allié" et les français n'ont rien fait contre Khomeny quand ils le pouvaient...on ne récolte que ce qu'on s...non?

25/09/07 - 21:11

Gauchiste! Arrete la pseudo-intelligence qui ruine tant notre pays! Sarkozy est ce qu'il est mais il assume.....contrairement à la gauche caviar dont tu pourrais faire partie, vu ton poste!

26/09/07 - 00:04

Camulos : le fait qu'on fasse des conneries il y a 27 ans excuse les conneries actuelles ?

Réaliste (visiteur) : je vais prendre ça pour de l'ironie.

26/09/07 - 19:23

De la part d'un Net buddy...

Sebasto revival !


La discussion à la pause café ce matin.

Ce qui se passe en Iran est à gerber, tout comme en Irak, mais ce qui est encore plus gerbant c'est quand t'en parle autour de toi.

Au mieux ça passionne autant que si t'annonçait que Monoprix est en rupture de stock en fromage blanc premier prix !

Au pire "Ouais, mais bon, c'est que des pédés", la même pouffe deux minutes avant nous faisait l'article sur l'action de notre bon président ! "Lui il fait des choses, lui on le voit ..." La conne ! Elle est attachée (cadre sup), je lui ai fait remarquer que sa trop voyante croix autour du cou c'était limite pas trop laïque pour une travailleuse républicaine. Et en plus elle n'a rien contre le rétablissement de la peine capitale. Irrécupérable la nana !

Je lui ai demandé, "t'as pas honte?" Elle avait l'air bête. J'ai pas fini mon café, j'me suis tiré.

Même là, au sein de la fonction publique, là où liberté, égalité, fraternité devraient dire quelque chose. Là où cette conne a préparé son concours grâce au fric de la collectivité, donc mon fric, notre fric, on entend ça !

Putain, je la voyais déjà filer mon blaze à une improbable gestapo, histoire de se faire mousser.

Demain j'irai pas au café.

F*** en mode furax.

26/09/07 - 19:47

Permettez-moi de joindre mon vômi au vôtre.

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"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."

Dante Alighieri, Inferno , I.





"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

François Villon, Epitaphe, 1-4.





"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."

Mickhaïl Boulgakov,
Le Maître et Marguerite, II.





"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.

Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"

P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7.
Trad. toute perso.





"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."

Albert Cohen, Les Valeureux, I.





"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."

Yukio Mishima,
Les Amours interdites, VIII.





"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."

Homère, Iliade, XXIV.





"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."

Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.





"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.

Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."

Georges Perec,
W ou le souvenir d'enfance, I.





"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."

Herman Melville, Moby Dick, I.





"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"

Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.





"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."

Giuseppe Tomasi,
duc de Palma de Montechiaro,
prince de Lampedusa, Le Guépard, I.





"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

Jules Verne,
Le Château des Carpathes, I.





"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."

John Kennedy Toole,
La Conjuration des imbéciles, Un.



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