15/05/2007

15/05/07 - 20:51

CDXLIX. - J'accuse le Président élu d'être anticonstitutionnel.



Pour mémoire, je voudrais rappeler un article de notre Constitution :

"Article 8 : Le Président de la République nomme le Premier Ministre. Il met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement. Sur la proposition du Premier Ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions."

Par conséquent, le Président de la République nomme le Premier Ministre, certes. Mais c'est le Premier Ministre qui forme le Gouvernement, et le propose au Président - à charge pour lui de nommer, c'est-à-dire de créer les individus nommés "ministres".

Je ne vois donc nulle part que le Président de la République constitue le Gouvernement, ni ne choisit les ministres. Ce n'est pas son rôle. Même si j'ai bien conscience que "dans la vraie vie", lorsque la Chambre et le Président de la République sont du même bord, il y a de fortes probabilités que le Président trempe dans la constitution du Gouvernement.

Il y a cependant des formes à respecter.

Or, je constate que depuis une semaine les journalistes nous rebattent les oreilles avec l'idée d'un Président élu - Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa - qui est en train d'établir son Gouvernement.

Que ce Gouvernement soit un gouvernement d'opérette qui va durer tout juste un mois, dont l'objet est de faire croire qu'il y a ouverture à droite, à gauche, au milieu, en haut et en bas, qu'on va mettre plein de femmes avant de voir revenir les féals sujets de Sa Dévastitude n'est pas le problème.

Par conséquent,

Au nom de la Constitution du 4 octobre 1958,

De la Nation et de la Loi,

J'ACCUSE le Président élu, Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, de violer l'article 8 de la Constitution en outrepassant les pouvoirs qui lui sont attribués par la Nation.

J'ACCUSE le Président élu de violer ce même article 8 en empiétant sur les pouvoirs relevant du Premier Ministre.

J'ACCUSE le Président élu, par voie de conséquence, de violer l'article 5 de la Constitution, en n'assurant pas le fonctionnement régulier des pouvoirs publics.

J'ACCUSE le Président élu, par voie de conséquence, de violer ce même article 5, en n'étant pas le garant de la Constitution.

Aussi, je reconnais le Président élu coupable de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat.

Par conséquent,

Vu l'article 68 de la Constitution,

le Président élu, Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, devra être poursuivi devant la Haute Cour, et reconnu comme anticonstitutionnel, indigne de son mandat, et déchu de ses fonctions.

commentaires

15/05/07 - 20:54

Je parlerai à François Mitterrand ! Un post pour rien

15/05/07 - 20:58

Tu pourrais aussi l'accuser de violer l'article 20 de la Constitution dans la mesure où c'est le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation et non le Président de la République!...

15/05/07 - 20:59


Lord Melbourne : ce n'est pas un argument, il fallait y penser contre F. Mitterrand alors ! Et en plus pour le président de la rupture, copier le Tonton, ce n'est pas du plus bel effet.

Nico : J'y ai songé... mais pas avant que le Gouvernement soit nommé !

15/05/07 - 21:32

De la rupture avec des Ministres de gauche .....Je me marre !!!!

15/05/07 - 21:43

Mais c'est ainsi depuis les débuts de la Ve République...

Avec la réduction du mandat présidentiel à 5 ans (contre laquelle j'ai voté) et la tenue d'élections législatives dans le mois qui suit l'élection présidentielle, on assiste de facto à une présidentialisation du régime et à la diminution du rôle du Premier ministre. Ainsi, la pratique constitutionnelle fluctue au gré des situations.

15/05/07 - 22:01


Sauf qu'entre pratique constitutionnelle (le flou du texte) et réalité de la Constitution (le clair du texte) il y a une différence.

Et je le répète : l'argument "ça a toujours été comme ça" n'en est pas un. Surtout de la part d'un ex-candidat qui se prétend et se veut irréprochable.

15/05/07 - 22:17

François Fillon proposera son gouvernement (celui que Sakozy aura de fait constitué) au président Sarkozy, comme ses prédécesseurs, qui nommera les ministres. Mme Royal n'aurait pas fait autrement si elle avait été élue, elle qui se voulait tout autant irréprochable.
Que dire de la lettre de démission en blanc signée par tous les premiers ministres (sauf ceux de cohabitation) ? Ça n'a rien de constitutionnel, mais c'est la pratique. Le droit, c'est aussi la pratique du droit, on le sait bien.
Si l'on veut qu'il en soit autrement, il faut réviser la Constitution. Il faut soit clairement opter pour une présidentialisation, soit pour une parlementarisation du régime.

15/05/07 - 23:25


Mais effectivement, Herminien, vous pointez du doigt ce vers quoi je désirais pousser... le fait qu'un système bicéphale en quinquennat est si aberrant que le PM devient inexistant - et que cela est si évident que les journaleux ne se posent même plus la question de la constitutionnalité, ou du moins de la normalité par rapport à la norme, des actions des politiques.

15/05/07 - 23:45


Il reste une presse libre en France, à part Charlie Hebdo ?

16/05/07 - 14:06

vive le roi-président !
vive la république monarchique de france !

d'ailleurs, chirac hier, ne s'y est pas trompé en parlant du " peuple de france " (hérésie lexicale, s'il en est)

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"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."

Dante Alighieri, Inferno , I.





"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

François Villon, Epitaphe, 1-4.





"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."

Mickhaïl Boulgakov,
Le Maître et Marguerite, II.





"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.

Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"

P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7.
Trad. toute perso.





"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."

Albert Cohen, Les Valeureux, I.





"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."

Yukio Mishima,
Les Amours interdites, VIII.





"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."

Homère, Iliade, XXIV.





"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."

Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.





"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.

Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."

Georges Perec,
W ou le souvenir d'enfance, I.





"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."

Herman Melville, Moby Dick, I.





"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"

Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.





"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."

Giuseppe Tomasi,
duc de Palma de Montechiaro,
prince de Lampedusa, Le Guépard, I.





"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

Jules Verne,
Le Château des Carpathes, I.





"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."

John Kennedy Toole,
La Conjuration des imbéciles, Un.



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