31/03/2007

31/03/07 - 03:15

CDXVI. - Métablog.



Ce soir, j'ai découvert que j'avais un nouveau lecteur. Lecteurs, vous êtes statistiquement 31 désormais par jour désormais, soit un de plus qu'il y a une semaine.

Je me doute bien que vous n'êtes pas exactement ce chiffre rond - que sur l'immense majorité qui constitue ce chiffre, il y a beaucoup de rencontres de hasard, d'individus qui atterrissent chez moi en cherchant autre chose. Nombre de mes visiteurs étrangers, comme ces derniers venus de Pyongyang et de Séoul, de Sao Paulo, de Los Cocos au Nicaragua, de Wichita dans le Kansas, de Médina au Sénégal et d'Arue en Polynésie française, ne sont que des hasards. Ils cherchent une chose, ils me trouvent. Ils perdent nécessairement au change, surtout que c'est un peu momossessuel, ici - en tout cas surtout que ce n'est pas Wikipédia, ni un blog traditionnel (espéré-je).

Depuis fin août 2006, c'est ainsi que 64 "nationalités" (localisations géographiques d'adresses IP ayant consulté ce blog) se sont succédées, soit environ 6700 ordinateurs différents. Les ordinateurs qui me consultent sont essentiellement des ordinateurs français (89.6%) ou tout du moins francophones (95.3%). On va donc dire qu'en moyenne sur les 31 quotidiens, 1.5 sont de purs accidents du net. Les autres sont essentiellement des Français et quelques Belges, qui habitent essentiellement dans les capitales de leur pays, ou du moins dans les principales villes (Bruxelles, Lille-Roubaix-Tourcoing, Caen, Nantes, Rennes, Brest, Metz-Nancy, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Marseille, etc.).

De manière plus précise, force m'est de constater que trois raisons amènent un francophone à errer sur ces pages :

i. il est collégien ou plutôt lycéen, et cherche une façon rapide de remplir des pages pour une dissertation gentiment donnée par le professeur : c'est le cas le plus fréquent, ce qui me permet d'avoir un blog figurant dans un palmarès de citations latines, de diatribes sur la microéconomie, de références littéraires et surtout d'analyses d'incipits.

ii. il cherche des truc sur l'actuariat (TH-TF, TGH-TGF, etc.) ou les grandes écoles (pour des raisons que j'ignore, le vocable 3A est souvent une cause d'un mauvais aiguillage par ici) ;

iii. il tape "badinou" sur un moteur de recherche, et me trouve - ce n'est pas le cas le plus fréquent.

Il y a bien évidemment les minables qui cherchent des trucs gays, des minets de 14-16 ans et les bites en érection, mais je les méprise vigoureusement - de toute manière ils doivent rester une once de seconde dans les parages.

Par conséquent, non seulement ce blog n'est consulté que par hasard, mais en plus par des personnes qui ne sont guère susceptibles d'apprécier ce qui constitue mon extrême jovialité, mon sens de la repartie, mon talent pour l'analyse brillante, mes photos labellisées et mes commentaires lolisés. Vous êtes une collection, une masse d'individus, Lecteurs, qui dépassez très largement la moyenne des 31 sus-évoqués, et c'est à peine si dans vos cerveaux on parviendrait à extraire suffisamment pour remplir ces fameuses 31 cervelles.

Ce qui fait que, plutôt que m'extraire sang, sueur et les alarmes tonitruantes qui vont avec au moindre frémissement de ma courbe des sondages, je vais me contenter ici de saluer ce nouveau Lecteur. Car celui-là, mezieumédèmes, est une personne authentifiée, certifiée, élevée au grand air sur pilotis avec apport de paille et de compléments alimentaires de toute qualité traditionnelle.

Surtout que je sais qui c'est.

J'en connais un qui pour mériter son statut de Lecteur va pas couper aux compte-rendus et aux interros, mwajdi.






Plus sérieusement... Ca m'a fait tout drôle de lire ton état d'esprit récemment, grand bêta. Je sais pas si dire que je pense à toi résoudrait tout ça, mais bon...

commentaires

31/03/07 - 10:10

Tu es contaminé par la folie sondagière actuelle ? "LOL" !

31/03/07 - 23:08

Pour faire un véritable tabac, il suffit de publier la photo d'un sportif qui a une chance d'être rapidement dans l'actualité du moment. Dans les jours qui suivront, il y aura des dizaines de recherches... pour le voir nu. C'est imparable !!!

01/04/07 - 00:16


Encore faudrait-il que je suive l'actualité sportive.

Et ma seule relation avec icelle est lorsqu'un type dans le métro me fout dans le visage une page de l'Equipe...

01/04/07 - 12:21

J'essaierai de perturber vos sondages, en leur adjoignant un admirateur de l'hémisphère Sud, lisant vos textes depuis sa varangue afin d'y découvrir le chiffre de son secret.

14/04/07 - 21:43

Dans les grandes écoles, 3A = troisième année (donc 5ème année après le bac dans des écoles où on entre après deux ans de prépa). La 3A est généralement celle de la plus grande ouverture, celle que tu peux faire dans une autre école ou dans une fac à l'autre bout du monde, celle où tu peux éventuellement chercher à faire coup double en passant un autre diplôme en parallèle. Savoir ce qu'une école offre en 3A est un critère de choix très important. Voilà l'explication...

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"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."

Dante Alighieri, Inferno , I.





"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

François Villon, Epitaphe, 1-4.





"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."

Mickhaïl Boulgakov,
Le Maître et Marguerite, II.





"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.

Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"

P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7.
Trad. toute perso.





"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."

Albert Cohen, Les Valeureux, I.





"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."

Yukio Mishima,
Les Amours interdites, VIII.





"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."

Homère, Iliade, XXIV.





"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."

Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.





"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.

Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."

Georges Perec,
W ou le souvenir d'enfance, I.





"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."

Herman Melville, Moby Dick, I.





"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"

Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.





"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."

Giuseppe Tomasi,
duc de Palma de Montechiaro,
prince de Lampedusa, Le Guépard, I.





"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

Jules Verne,
Le Château des Carpathes, I.





"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."

John Kennedy Toole,
La Conjuration des imbéciles, Un.



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