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31/03/2007

31/03/07 - 03:15

CDXVI. - Métablog.



Ce soir, j'ai découvert que j'avais un nouveau lecteur. Lecteurs, vous êtes statistiquement 31 désormais par jour désormais, soit un de plus qu'il y a une semaine.

Je me doute bien que vous n'êtes pas exactement ce chiffre rond - que sur l'immense majorité qui constitue ce chiffre, il y a beaucoup de rencontres de hasard, d'individus qui atterrissent chez moi en cherchant autre chose. Nombre de mes visiteurs étrangers, comme ces derniers venus de Pyongyang et de Séoul, de Sao Paulo, de Los Cocos au Nicaragua, de Wichita dans le Kansas, de Médina au Sénégal et d'Arue en Polynésie française, ne sont que des hasards. Ils cherchent une chose, ils me trouvent. Ils perdent nécessairement au change, surtout que c'est un peu momossessuel, ici - en tout cas surtout que ce n'est pas Wikipédia, ni un blog traditionnel (espéré-je).

Depuis fin août 2006, c'est ainsi que 64 "nationalités" (localisations géographiques d'adresses IP ayant consulté ce blog) se sont succédées, soit environ 6700 ordinateurs différents. Les ordinateurs qui me consultent sont essentiellement des ordinateurs français (89.6%) ou tout du moins francophones (95.3%). On va donc dire qu'en moyenne sur les 31 quotidiens, 1.5 sont de purs accidents du net. Les autres sont essentiellement des Français et quelques Belges, qui habitent essentiellement dans les capitales de leur pays, ou du moins dans les principales villes (Bruxelles, Lille-Roubaix-Tourcoing, Caen, Nantes, Rennes, Brest, Metz-Nancy, Strasbourg, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Marseille, etc.).

De manière plus précise, force m'est de constater que trois raisons amènent un francophone à errer sur ces pages :

i. il est collégien ou plutôt lycéen, et cherche une façon rapide de remplir des pages pour une dissertation gentiment donnée par le professeur : c'est le cas le plus fréquent, ce qui me permet d'avoir un blog figurant dans un palmarès de citations latines, de diatribes sur la microéconomie, de références littéraires et surtout d'analyses d'incipits.

ii. il cherche des truc sur l'actuariat (TH-TF, TGH-TGF, etc.) ou les grandes écoles (pour des raisons que j'ignore, le vocable 3A est souvent une cause d'un mauvais aiguillage par ici) ;

iii. il tape "badinou" sur un moteur de recherche, et me trouve - ce n'est pas le cas le plus fréquent.

Il y a bien évidemment les minables qui cherchent des trucs gays, des minets de 14-16 ans et les bites en érection, mais je les méprise vigoureusement - de toute manière ils doivent rester une once de seconde dans les parages.

Par conséquent, non seulement ce blog n'est consulté que par hasard, mais en plus par des personnes qui ne sont guère susceptibles d'apprécier ce qui constitue mon extrême jovialité, mon sens de la repartie, mon talent pour l'analyse brillante, mes photos labellisées et mes commentaires lolisés. Vous êtes une collection, une masse d'individus, Lecteurs, qui dépassez très largement la moyenne des 31 sus-évoqués, et c'est à peine si dans vos cerveaux on parviendrait à extraire suffisamment pour remplir ces fameuses 31 cervelles.

Ce qui fait que, plutôt que m'extraire sang, sueur et les alarmes tonitruantes qui vont avec au moindre frémissement de ma courbe des sondages, je vais me contenter ici de saluer ce nouveau Lecteur. Car celui-là, mezieumédèmes, est une personne authentifiée, certifiée, élevée au grand air sur pilotis avec apport de paille et de compléments alimentaires de toute qualité traditionnelle.

Surtout que je sais qui c'est.

J'en connais un qui pour mériter son statut de Lecteur va pas couper aux compte-rendus et aux interros, mwajdi.






Plus sérieusement... Ca m'a fait tout drôle de lire ton état d'esprit récemment, grand bêta. Je sais pas si dire que je pense à toi résoudrait tout ça, mais bon...

28/03/2007

28/03/07 - 23:08

CDXV. - En vrac.



i. Je possède donc un Matisse ;

ii. Je ne suis pour l'instant ni séropositif, ni hépatiteux, ni vérolé. Je l'ai été une heure : la secrétaire du médecin a réussi à m'alarmer grave avec son message sur mon répondeur. Direct au bureau. Sympa ;

iii. Alors que je comptais me coucher tôt, j'ai passé la soirée à recoudre mon vieux futal à pattes d'eph que j'aime beaucoup. Du moins à empêcher que le trou aux fesses s'agrandisse encore. "Mon pantalon est décousu... si ça continue, on verra le trou de mon... pantalon est décousu..." ;

iv. Ca n'a pas suffit. Un Belge m'a demandé de corriger dans l'urgence son exposé pour demain en histoire de la musique. Ceci étant, c'est un peu déstabilisant, de retrouver même dans un texte académique ce qui fait tout le style, les tics, les manières de quelqu'un, et dont on se souvient encore. Cruche imbécile que je suis. Maintenant je sais tout de Lodewijk Mortelmans.

v. Et je n'ai pas touché mon rital de la soirée.

vi. Pffffffff.

27/03/2007

27/03/07 - 22:17

CDXIV. - Je possède un Matisse.



En farfouillant dans un reste de papier cadeau et de Patafix, j'ai découvert que je possédais un Matisse.



Il fait très bien dans ma salle de bain.

Fier, le Bad.






L'incipit à la mode du jour :

"Bonsoir, il est 21 heures et vous écoutez La Voix du Destin sur 275 et 285 mètres grandes ondes... Nous sommes le 5 novembre 1997..."

26/03/2007

26/03/07 - 21:22

Pour des raisons légales de protection des mineurs, cet article n'est accessible qu'aux inscrits. Vous pouvez vous identifier si vous êtes inscrit, ou vous inscrire si vous êtes majeur.

25/03/2007

25/03/07 - 04:26

CDXII. - En tapotant, en mangeouillant.



Il est quatre heures du matin.

Ca doit faire trois heures qu'un enfant de 21 ans me parle de ses doutes, de ses questions, de ses interrogations. Qu'il se réfugie aux moments les plus violents dans les lol et ptdr. Il me demande de lui parler de moi, pour y trouver le miroir de ses propres réponses. Cela ne me fait pas chier - je n'y prends pas plaisir non plus ; j'apprécie.

Non que je me vante de mon expérience - qu'on puisse y puiser quoi que ce soit. Ce soir, pourtant, le vieux c'est moi.



24/03/2007

24/03/07 - 01:36

CDXI. - Loubourou.



L'air était humide aux pieds de Louis XIV. Pour les touristes je faisais l'image d'Epinal, emmitouflé dans mon manteau contre le piédestal, bras croisés et regards se perdant, un peu ensommeillé, dans les brumes du crépuscule jusqu'à la Défense. Je devinais le rectangle un peu plus sombre d'une tour de bureaux, de l'autre côté de la Seine.

L'Obélisque se dressait entre les jambes du Carrousel, lentement ouaté des lumières qui se glissaient, apportées par le soir. Ce quartier n'est que jambes, cuisses et bites. Il y a l'immense appareil gynécologique du Louvre, ses deux ailes en cuisses ouvertes où se dresse la porte ouverte de l'Arc du Carrousel. La verdure touffue des bosquets aux pieds des deux jambes de l'Arc, où les têtes se dressent entre les buissons. L'Obélisque évident, et plus loin la fêlure des Champs, qui s'achèvent sur d'autres jambes, dévalent la colline, se noient dans les liqueurs de la Seine pour retrouver d'autres mâts, les pylônes impudiques du Grand Capital, faits de verres et d'orgueil. Plus évidents, tout autour, le grouillement des pattes des passants, armés pour grimper l'Everest et exténués par le béton.

Des touristes me prenaient en photo, j'étais assez content. Je devais avoir l'air très ténébreux, très Corto Maltese - ou très franchouillard. En fait, suffisamment dans le décor pour être par conséquent digne d'être montré aux voisins, au retour. Un groupe de Japonais défila, puis des Chinois. L'un d'eux vint poser devant moi, dos raide, mains écartés. Pour une fois indifférent, je ne m'écartais pas. J'étais un décor, une statue. J'étais l'immortel.

Le sillon des Champs se parsemait de graines lumineuses et rouges.

Le Louvre était ouvert... des musiciens avaient pris place. Dans la salle des immondes Rubens à la gloire d'une Médicis oubliée un sax-band faisait résonner le parquet. Pas loin d'un des Joardens que j'aime beaucoup, un garçon, raide dans sa chemise espagnole endimanchée, la crête apprêtée, esquissait sur sa guitare une sonate en ré mineur. Il avait posé son pied sur un mini-tabouret, et dressait son cou à chaque changement de tempo. Accoté au marbre d'un mur, derrière lui, je regardais son dos tendre sa chemise pendant qu'il baissait la tête. Sa cuisse palpitait parfois brièvement, pendant que derrière lui Vermeer restait impavide.

Un peu plus loin, l'épinette conversait avec les frères Le Nain, et devant le Cardinal de Richelieu un saxo improvisait.

Lentement je m'écartais des foules. Comme toujours, j'allais saluer Auguste dans la Galerie Borghèse. Chercher encore une fois comment sa toge était nouée.

À l'escalier, je regardais autour de moi. Tous montaient vers la Victoire. Je jettais un oeil par-dessus mon épaule, et me glissais dans un couloir, passant entre des mosaïques. Il n'y avait plus personne. Un angle de salle, et je disparaissais aux yeux de l'univers.

Et dans cet univers de porphyre, sous les fresques et les yeux vides, je caressais lentement Marc-Aurèle. Les lumières de la rue, passant par d'improbables fenêtres à demi masquées, éclairaient les colifichets de sa barbe torsadée. J'aimais Antinoüs, passant le doigt sur sa lourde lèvre - Lucius Vérus, yeux au ciel, laissait faire. Sa chevelure trépanée luisait, monticule de vers et d'oeufs.

Je les quittais. Debout, main au front, Marcellus m'attendait. Il était nu, et me regardait.



21/03/2007

21/03/07 - 23:29

CDX. - Éphialtès.



Toujours dans mon amour des minables, des minuscules et des infimes de l'Histoire, je songe à Éphialtès, ce soir. Ce brave garçon, né à Malia, fut le méchant qui montra à Xerxès, selon Hérodote, comment emprunter le sentier de l'Anopée pour contourner les positions spartiates, et tailler sa race à Léonidas, ses 300 Spartiates et 7000 alliés dans le défilé des Thermopyles.

Bien évidemment, on pourrait rapidement faire de cet épisode des guerres médiques un symbole quelconque (la bravoure contre la servitude, la gloire contre l'intérêt, la civilisation contre la barbarie, l'occident contre l'orient, la démocratie contre la monarchie...), mais on va tenter de s'en garder, hein, parce que plaquer des pensées modernes sur des histoires antiques, ça m'horripile.

Il est bien évident que je ne me suis pas mis à penser comme ça à ce brave inconnu de l'histoire antique. Tout guilleret, dès le sortir du travail, j'ai tiré la veste et la cravate cherra pour m'affaler dans un fauteuil de mon ciné de quartier rien qu'à moi qu'il va être fermé pour des raisons sinistrement économiques du Grand Capital dont je suis l'ignoble valet au passage.

Images splendides. Y'a pas à dire, avec les palettes graphiques, on fait des merveilles, désormais. Chaque scène de 300 est une hymne à la bédé, à la profondeur de champ et à la mise en scène. C'est un déluge de décors, une avalanche de détails, une foultitude de précision.

Le scénar, en revanche, c'est pas ça... les hymnes à la gloire, au carnage et à l'honneur, les leçons de vertu, je n'ai jamais rien contre. Disons que de façon aussi rigide - que même Hérodote ça l'aurait fait sourire, ce bon barbu bedonnant - et aussi mal jouée - que Montfleury lui-même en aurait rougi, au bout d'un instant on regrette qu'il n'y ait pas que les couleurs et les décors. Ou on a envie d'acheter la bédé de Frank Miller.

Et pourtant, j'aime les films de gladiateurs, moi !

Sinon, dans la fantastique vie de Bad : après dix ans de services non rémunérés sous forme de CDD reconduits maintes fois, ma boîte à tisane vient de me lâcher. Satané fer-blanc.






La citation à la mode du jour :

"Va, étranger, dire à Sparte qu'ici nous gisons, fidèles à ses lois."


21/03/07 - 00:20

CDIX.



Dégoût profondément indifférent de moi.

19/03/2007

19/03/07 - 00:24

CDVIII. - Portus Namnetus :
"Oculi omnium in te sperant Domine"





Favet Neptunus eunti

17/03/2007

17/03/07 - 10:54

CDVII. - Arnaques diverses.



- 1 -


Il y a un an, j'avais fait l'achat (enfin) d'une machine lavante-séchante, histoire d'éviter d'aller à la laverie et d'y choper des morpions. Histoire de ne pas me grever le budget en une seule fois, j'avais accepté la proposition du revendeur, l'enseigne Darty, qui me proposait de souscrire à un système de prêt à la consommation - à TMG nul, ce qui est appréciable - auprès de l'opérateur Ménafinance.

Tout content, je payais ma machine en dix mois à un peu plus de 88 euros la mensualité.

Régulièrement, entre trois pages de réclame, je recevais le relevé de mes prélèvements. Ce qui me surprenait, c'est que ces prélèvements étaient supposés être faits sur une "réserve" qui m'aurait été attribuée. En relisant le contrat, je me disais que c'était de la présentation à la limite de l'arnaque, et une incitation à la consommation pour les imbéciles, mais je laissais faire.

De toute manière, la loi Châtel n° 2005-67 du 28 janvier 2005 "tendant à conforter la confiance et la protection du consommateur", dans ses articles 1 et 4 modifiant le Code de la consommation (Art. L. 136-1 et L. 311-9) normalement me protégeait : l'article 1 exige qu'on m'informe trois mois avant la fin du contrat de sa reconduction éventuelle sous mon accord, et l'article 4 (plus spécifique sur le prêt à la consommation) me permettait de résilier quand je le voulais cette étrange réserve de crédit, sans frais.

Sauf que ce mois-ci, je constate que Ménafinance m'a prélevé 10 euros pour frais de renouvellement de carte annuelle. Je hurle le jour même sur l'opérateur - j'ai horreur qu'on me prenne pour un con, surtout que je suis très radin - et exige la résiliation.

Sauf qu'ils sont malins : les deux articles n'ont pas de relation explicite... ce qui fait qu'ils pouvaient me reconduire mon contrat sans me demander mon avis - ou tout du moins en faisant semblant de me le demander, en m'envoyant une réclame le 29 octobre (tu parles, je l'ai retrouvée, y'a rien de clair) - et me facturer les 10 euros sans risque. Bien sûr, ils se réfugient derrière le fait qu'ils m'ont offert en contrepartie (toujours aux limites du légal) un bon d'achat du même montant.

Conclusion : dès mon retour de ouiquennede, je résilie non seulement ce putain de contrat mais aussi la carte Surcouf, qui m'avait permis d'acheter l'ordi il y a deux ans de ça : je sens venir le coup gros comme une baraque.

Et je ne saurais que recommander à mon Lecteur de faire un petit tour dans ses papiers, histoire que les prestataires de prêts à la consommation ne profitent pas aussi sur son dos de ce flou juridique...






- 2 -


Sinon, tant qu'à parler de loi : ce printemps, environ un million d'électeurs vont être amenés à voter sur des "machines électroniques". Certains maires, profitant d'une loi de 1969 qui permettait de remplacer les urnes transparentes et auditables pour tous et par tous par des machines (mécaniques, dans l'esprit de la loi de l'époque...), vont installer des ordinateurs de vote (Hauts de Seine, Amiens, Brest, Le Havre, Reims, Le Mans, Mulhouse...).

J'en avais vaguement entendu parler, je croyais que c'était une pure galéjade. Mais non... allez voir par là, le site est plutôt bien fait.

On sait non seulement ce que ça a donné aux Etats-Unis, il y a quelques années : alors qu'on peut vérifier le vote, tangible, de l'urne et du papier, qu'on peut mettre un huissier devant et tout le toutim, une machine ne peut dans le meilleur des cas ne sortir qu'un listing, sans qu'on sache clairement ce qui a mené à ce résultat :

i. Si je saisis un nom dans la machine, je n'ai pas la garantie que ce soit ce nom qui soit enregistré, soit par malveillance, soit par erreur électronique - un bête sursaut dans le réseau d'énergie, par exemple. En revanche, je sais très clairement ce que j'ai mis dans l'enveloppe ;

ii. Un appareillage électronique peut être soumis à des ondes qui peuvent modifier son contenu ;

iii. Un appareillage électronique peut émettre des ondes qui permettent de connaître son contenu ;

iv. On peut facilement modifier les puces contenant les résultats des votes pour mettre des puces qui ont "bien" voté.

Par ailleurs, on commence comme ça, et on finit par le vote internet, nettement moins auditable encore. Qui dit qu'un électeur qui vote chez lui vote en âme et conscience, sans sa femme, sans son époux qui le force à voter de toute autre manière qu'il le ferait dans l'isoloir ?

Nous en sommes, avec cette première tentative d'informatisation du vote, à un seuil critique - aux bords du renversement d'un effet cliquet. Si nous, citoyens et électeurs, acceptons ça, nous allons passer sous peu à une logique où plus un seul vote ne sera vérifiable - et où même les votes "faits dans l'urne", mais comptabilisés avec des votes "faits à l'ordinateurs" deviendront entachés de suspicion.






- 3 -


Dehors, j'ai des princes et des fées qui défilent...

C'est tout mimi !

Hop, à la gare, le Bad.







- 4 -


J'en rajoute une couche...



Actuellement signatures !





15/03/2007

15/03/07 - 23:06

CDVI. - Beaucoup de choses tues.



Je suis très songeur, ce soir. Et j'ai peur.

Voici.

15/03/07 - 18:23

CDV. - Salomon.



Lieu : Boulangerie.

Personnages : Clients, dont une grand'mère et ses deux petites filles qui sortent de la maternelle, et Bad. Boulangère.

Heure : L'heure des mamans, des papas et des grands-parents.


Grand'mère : Une baguette, s'il vous plaît. (regardant sa descendance) Et deux croissants bien chauds, s'il vous plaît.

Boulangère : Ils sortent juste du four. C'est l'heure, vous savez ! Tenez, ils sont tout chaud.

Grand'mère : Merci, Carmen. Je vous dois combien, cette fois ?

Boulangère : Trois euros, s'il vous plaît.

Gamine 1 : Veux porter barrette !

Grand'mère : Un instant... tenez...

Gamine 2 : Porter barrette !

Grand'mère : Soyez sages, les filles !

Gamine 2 : Steupléééé allééééé !

Gamine1 : Pooooorter baaaaaaarrette !

Grand'mère : Un instant, je vais vous donner les croissants dehors !

Gamine 1 & 2 (en choeur) : Veux pooooooorter baaaaaarretteeeeeeeeuuuuuh !

Boulangère : Laurence ?

Gamine 1 & 2 (en choeur) : Veux pooooooorter baaaaaarretteeeeeeeeuuuuuh !

Grand'mère : Oui ?

Gamine 1 & 2 (en choeur) : Veux pooooooorter baaaaaarretteeeeeeeeuuuuuh !

Boulangère : Passez-moi la baguette.

Gamine 1 & 2 (en choeur) : Veux pooooooorter baaaaaarretteeeeeeeeuuuuuh !

Grand'mère (un peu débordée) : Euh... oui... tenez...

Boulangère, ayant coupé la baguette en deux : Tenez, les filles. Une chacune.

Gamine 1 & 2 ont un sourire radieux.






L'incipit du jour :

"En entreprenant de raconter les récents et si étranges événements survenus dans notre ville qui jusqu'alors ne s'était distinguée en rien, je suis obligé, faute de savoir-faire, de remonter un peu en arrière, c'est-à-dire de commencer par quelques détails biologiques sur le talentueux et très honoré Stepan Trofimovitch Verkhovenski."

14/03/2007

14/03/07 - 21:25

CDIV. - Sur le frigo (liste de lecture).



Histoire de maintenir une coutume en relâchement, et Dieu sait si les coutumes sont le fondement de nos sociétés, les boucliers de nos usages et les épées de nos habitudes :

i. Le Château des Carpathes, de Jules Verne, manuscrit trouvé dans son éternel coffre-fort après sa mort. Le coffre-fort sans fond, celui d'où tous les trois ans la famille extraie un inédit pour le livrer aux aficionados imbéciles prêts à tout pour lire du Verne comme moi fans. C'est un brin décevant : l'histoire est en deux temps, mal coordonnés, on sent venir gros comme une baraque le coup de la Fée Electricité et le flash-back est assez mal orchestré.

Dans le même orchestre, Les cinq cent millions de la Bégum sont nettement mieux arrangés, sur la même thématique mystérieuse et affreuse...

ii. Boy Culture, de Matthew Rettenmund : après avoir vu le film, il fallait bien compléter mon éducation. Se lit en deux soirs rapides... passe bien, soulage, permet à l'instinct de groupe de s'exprimer, de soupirer sur les complications sentimentales de nos amis les gays avant d'éteindre la lumière, oublieux de mes propres interrogations.

iii. Le Magasin des Suicides, de Jean Teulé, qui nous revient ainsi après son Je, François Villon. Chez les Tuvache, on vend du malheur depuis 1855 : jamais un client de mécontent, aucun n'est revenu. Encore heureux. Car dans cette honorable maison, on vend toutes les meilleures façons de faire un suicide de qualité. Pas un massacre, attention ! Un suicide. On ne pousse pas au crime, chez les Tuvache. Lorsqu'on vend un Smith & Wesson, c'est à usage unique : il n'y a jamais qu'une balle, histoire qu'on n'aille pas dézinguer le voisin, la concierge ou le contrôleur du fisc au passage.

La famille, bien sûr, est à l'unisson de la clientèle. Faudrait tout de même pas sourire aux clients, ils pourraient ne pas vouloir profiter de la promo sur la sueur de grenouille dorée !

Tout allait donc pour le mieux dans le pire des mondes possibles jusqu'à ce qu'Allan, bambin blondin, naisse... et qu'il sourit.

Un bon p'tit moment de plaisir, qui fait arriver tard au boulot, parce qu'on s'est mis à le bouquiner tout nu au sortir de la douche.

Côté films : ai-je évoqué La Vie des autres ? Vacances romaines ? Voyage en Italie ? Tout sur ma mère ? Les Passagers de la nuit ? Azul Oscuri Casi Negro ? Non ? Bon, ben tous à revoir.






L'incipit de Sire Constance :

"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

12/03/2007

12/03/07 - 23:00

CDIII. - Séquence ragnagna.



Après un moment de folie samedi soir, où tout est venu, où tout venait, où tout était de l'évidence et du mécanisme, là je n'y arrive plus. Ne pas croire que tout était donné : samedi, j'y ai pensé toute la journée. J'ai pris l'air, j'ai acheté, j'ai pensé.

Je regardais les lumières sur les vitres, je cherchais vaguement, mains dans le dos comme un vieillard. J'ai aussi bullé pas mal, lisant. Mais ça travaillait. J'évoluais. J'avançais. Ca mûrissait, passant de la copie informe d'un proto-Staël de foire à ma propre chose.

Cinq ou six heures de bulle rêvassante, le nez levé l'oeil dans un vide un brin épais et poum, miracle. Le soir venant, je m'enfournais une cafetière et c'était parti. Ca n'a pas duré - jusque vers une heure ou deux du matin, et je savais que ça allait. J'avais traficoté du couteau comme je voulais, ça avait même pris plus forme que ce que j'espérais. C'était mieux que ce que je voulais, tout simplement.

La pâte, la texture, la disposition, tout venait. J'avais grave mal au dos après, j'étais explosé à l'huile, mais content de mon petit morceau d'expédié.

Je voulais m'y remettre ce soir et rien. Nada. Le petit bout que je m'étais réservé à viré au marronasse infâme, même le mélange de vermillon et de jaune de Naples pas moche s'est perdu. C'est pas équilibré, pas beau.

J'ai tout gratté au couteau, mis la pâte mélangée sur un coin pour en faire Dieu sait quoi ensuite, puis recommencé. Guère mieux. Sorti de l'idée de l'incision de bleus et encore. Ce n'est pas ça, du point de vue de la répartition des masses.

Pffffff.

Moche.

Je suis gros, gras, plein de boutons, je m'assoupis pour un rien, je bafouille, on ne m'entend jamais au téléphone. J'ai le génie qui se la joue bulle boursière, s'enfle, s'enfle, s'enfle pour s'écrouler éclatant en lambeaux de graisses dégoulinantes. Je suis sûr que c'est le genre de connerie qui va me bloquer encore des plombes.

Et j'ai envie de vacances. J'ai vraiment envie de vacances. Je suis fou de rage d'avoir dû refuser cette si gentille proposition.

M'énerve. Vie de merde. Hop.






L'excipit de Sire Constance :

"Il jeta sur les deux peintres un regard profondément sournois, plein de mépris et de soupçon, les mit silencieusement à la porte de son atelier, avec une promptitude compulsive. Puis il leur dit sur le seuil de son logis : "Adieu, mes petits amis."

"Cet adieu glaça les deux peintres. Le lendemain, Porbus inquiet revint voir Frenhofer, et appris qu'il était mort dans la nuit, après avoir brûlé ses toiles.
"

08/03/2007

08/03/07 - 23:17

CDII. - Nostradamus.



Mwa, jeu sé ki va gagné l'EuroGayvision 2007...



07/03/2007

07/03/07 - 22:49

CDI. - En Assimilant, en bafouillant.



Nuit, bureau, peignoir, tisane.

Personnages : une voix dans un haut-parleur, Bad.


La voix. - Quarantaquattresima lezione.

Bad. - Quaranquatra...

La voix. - Quarantaquattresima lezione.

Bad. - Quarantata...

La voix. - Quarantaquattresima lezione.

Bad. - Quatanraqua... Rah !

La voix. - Quarantaquattresima lezione.

Bad. - Quarantaquattrasama...

La voix. - Quarantaquattresima lezione.

Bad. - Quarantaquattresipffffffffff...

La voix. - Quarantaquattresima lezione.

Bad. - Quarantaquattresiiiiiiiiiiii !

La voix. - Quarantaquattresima lezione.

Bad. - Quarantaquattresima-AH AH AH AH AH AH !!!

Fou rire. Rideau.

06/03/2007

06/03/07 - 21:12

CD. - Moments OuLiPiens (8) : le beau présent.



Le beau présent est une forme super-lipogrammatique inventée par Georges Perec, "composée en l’honneur d’une personne d’un sexe ou un autre, chérie ou détestée. Chaque vers est écrit en n’utilisant que les lettres du nom du (resp. de la) destinataire. Les beaux présents et belles présentes sont recommandés pour les anniversaires, les remises de décorations, les lettres d’insultes et autres occasions festives." (dixit feu le site officiel de l'OuLiPo).

Une version plus simple de création, et plus propice au cadeau qui se pourra noyer parmi d'autres et par là ne se faire pas trop repérer (notamment s'il a été rédigé à trois heures du matin un jour de mise en vente de Beaujolpif), est le beau présent sous forme d'épithalame. L'épithalame est une poésie composée à l'occasion d'un mariage, pour célébré les deux nouveaux conjoints : par conséquent, deux noms (nombre en général d'époux dans un mariage), et donc un chouïa plus de lettres, et donc moins de contraintes lipogrammatiques.

N'étant pas poète, ni chanteur, et n'ayant pas de mariage dans la prochaine semaine, je me suis contenté de raconter une petite histoire, sur la base d'un seul prénom... Je laisse le Lecteur trouver (aide : c'est un prénom de sept lettres).






L'asocial colon cloisonna l'oasis sans lacis :
Ici colla son sac, son caisson, son coca, son cacao -
Là il lia son lasso, sa salaison, son calisson -
Ici il assaisonna l'ailloli, l'acool alcalin, l'ananas, l'anis -
Là il casa son soc, là son sillon, son silo solo.
Ici il cala son lilas, son acacia, son cassis…
Ainsi, il localisa son salon, Ilion cocon si clos.

Assis, il câlina sa nana canon :
Il l'accola, la lissa sans concision.
L'occasion l'inclina, la collision la laissa sans lin…
Ô lis ! Ô lacs ! Ô lois ! Ô lais !

L'oisillon sis là laissa coi.

Canasson colossal, l'ânon niais sans colis ni licol
Cancanna illico sa scansion sans soin nasal.
Clac ! L'assassin lion l'incisa.
Las : il laissa à l'ânon ni os, ni col, là.

06/03/07 - 19:24

CDXCIX. - En peinant, en souffrant.



Je vais rarement chez le médecin. Parce que je suis avare, mais aussi parce que j'ai toujours l'impression au sortir de la pharmacie qu'on m'a refourgué plus de médicaments qu'il m'en fallait.

Accessoirement aussi parce que j'ai cette faignantise d'esprit de se dire que ce n'est pas grave et que ça passera. Il me faut l'article de la mort, la presse de l'effondrement le plus complet et la fièvre la plus violente pour que j'aille consulter... ce qui fait que je vais toujours payer son chèque au rebouteux lorsque je suis déjà à moitié rétabli - bah oui, si je le vois c'est que je suis parvenu à me lever, ce qui est déjà ça.

Ceci étant, je viens d'exploser mes stats, là : deux fois en quatre mois, ça fait beaucoup. C'est décidé, je ne le vois plus pendant un an minimum.

Sauf que là au bout de quinze jours ce n'était plus tenable. "Ca" me gratte. Les cuisses, un peu les bras. Des boutons un peu rouges. J'en étais au stade de suspecter la gale ou le morpion mais ne trouvait pas l'un et me demandait comment j'avais bien pu choper l'autre. Surtout que je suis un saint ; le dernier monsieur, c'était il y a combien de temps ? Attendez, je sors l'agenda.

Bref. Me voici doté d'un médecin traitant, référent, référencé, amélisé, cpamé et d'une mignonne colonie de bactéries quelconques qui en veulent à mes bulbes pileux.

Il était mimi : de sa petite voix aiguë retranchée derrière son petit pull, l'esculape me demandait si j'avais... enfin... fréquenté des lieux... si j'étais allé dans des endroits... ou était allé à l'étranger... ou utilisé une serviette qui n'était pas la mienne... si je toussais... si j'avais la gorge enflée... la diarrhée... Bah non. Désespérant que je suis. Si au moins je chopais de vraies maladies sesssssuellement transmissibles, même les seuls morpions que j'ai accrochés une fois à mon palmarès sont apparus comme la Vierge à Bernadette Soubirou, sans prévenir. Me voici en Marguerite-Marie Alacoque de la bactérie.

Bon, des antibios et elles ont pas intérêt à s'accrocher, ces saloperies, ou je bute le carabin.

Addendum : Avec le recul, les boutons sont apparus lorsque j'ai mis pour la première fois un costume tout récemment acheté. Quand j'avais chopé les morpions, je venais d'acquérir un pyjama, dans le même magasin, que j'avais juste lavé rapidos à 30-40°. Conclusion : Eviter le C***io des Halles.


05/03/2007

05/03/07 - 00:50

CDXCVIII. - À lire.



Le hasard m'a fait tomber sur cet article.

Je le trouve magistral...

À méditer ; ce qui constituera ma citation de la journée.

03/03/2007

03/03/07 - 19:56

CDXCVII. - Deux scènes entre hommes.



Le métro arrive à ma station. Je ferme mon livre, l'empoche et sors. Il y a de la foule. J'avance lentement.

"Il est dur, hein ? J'ai mis un temps fou pour y parvenir."

Je crois qu'on me parle. Ce doit être l'un de mes invités, en avance. Je tourne la tête.

C'est le beau brun que j'avais regardé entre deux pages.

"J'ai mis plusieurs années à le lire."

J'entrave pas. Nous avançons, il est un peu en arrière.

"Les cinquante premières pages du Château des Carpathes, c'est terrible comme descriptions et longueurs."

Ayé, j'entrave, j'émerge.

"Oh, vous savez, je le commence tout juste. C'est vrai que pour l'instant ça traîne un peu. Mais c'est du Jules Verne...

- Moi j'arrêtais pas de le prendre, le reprendre, le poser. Une fois passé le seuil, on y arrive et c'est passionnant, mais le début ! J'arrivais pas à le finir.

- J'essaierai d'être plus rapide que vous.

- Oui ! Oh, ce ne sera pas compliqué vous savez ! Je vous laisse !

- Bonne soirée !

- Bonne soirée !"

Il me sourit.

Je marche un peu, arrive à l'immeuble. De loin, seule debout dans la rue déserte, une belle femme attend sous le porche. Elle regarde avec insistance le troisième étage de l'immeuble en face. Je vais la croiser, légèrement amusé par son regard fixe.

"Oh, Roméo, Roméo, pourquoi es-tu Roméo ?"

Elle me regarde.

Elle me sourit.



03/03/07 - 14:56

CDXCVI. - En touillant, empestant.



Les fumées de chou, de navet, de poireaux, d'ail, d'oignon, de poitrine et de carottes doivent, sous certaines conditions expérimentales très précises, avoir une faculté méconnue, sur laquelle les métaphysiciens & alchimistes devraient plus que sérieusement se pencher.

Certes, l'humeur empestative des vapeurs supralunaires contenues dans le chou, appelées par leur nature dans l'éther supérieur où se mêlent les astres & choeurs célestes, s'échappent nécessairement et leurs atomes, contredisant par leur nature le clynamen des matières sublunaires a déjà été traité par Maistre Alcofribas Nassier, in lib. Des petits pois au lard, cum commento.

Cependant, Alcofribas Nassier faisait fausse route tout aussi bien que le mauvais Chinon que l'on boit en parlant, car il mettait dans le chou la vertu appétive qui, par les composantes souffrées dont il est chargé (étant issu du sol, alma mater Plutoni, comme il est dit in lib. II Philosophi, Protreptikos), alors qu'en ôtant honnêtement ses bésicles on constate que les vapeurs de cujus cruciférèges remplissent toute la pièce et ont déposé sur les vitres un peu de buée dont on peut remarquer, en y passant les doigts que non seulement elle s'ôte mais en plus mouille.

Or donc, faisons à titre expérimental (ainsi qu'il est conseillé par Végèce in lib. Rei militaris instit. à propos de quoi il tance vigoureusement Philippus Aureolus Theophrastus Bombast von Hohenheim Paracelsus qui dixit, lib. De Carne alchimice que la viande est meilleure si on la cuit) le dépôt de sucre chénopodiacé et d'un peu d'aqua pura, pendant qu'un puer allume sous le chaudron un fort feu fébrile. Touillons, ou du moins faisons touiller par le puer pour ne pas souiller la fourrure de notre mante alchimique.

On constatera que le sucre chénopodiacé ne caramélise pas plus loin que le stade jaune. On en déduira donc que certains des atomes cruciférèges se sont répandus ès les airs subtils et déposés par vertu amicale pour le sol dans le libre sucre échauffé. D'où il ressort que soit les atomes cruciférèges sont dotés d'une appétence rebelle - ce qui leur permettrait de refuser d'aller où les porte leur nature (erant in caelis, comme le dit si bien le Docteur Séraphique) - or il est dit in lib. Gen. que si Dieu a donné à l'homme son image et la raison, cela ne veut pas supposer que d'autres éléments de la Création divine en sont dispensés, quoi que cela sentirait néanmoins le fagot et déplairait fort à Messer Tomás de Torquemada ainsi qu'à l'Université de Salamanque, soit les atomes cruciférèges sont dotés d'une vertu sublunaire, ce qui n'est pas contre l'opinion de la Sorbonne et en fin de compte expliquerait pourquoi lorsqu'on lâche un chou, il tombe.

01/03/2007

01/03/07 - 23:57

CDXCV. - Mire Liton.


Au dessus du métro
Il y a la voûte
Et dessus mes doutes
Infimes vitraux

Les résidus astraux
Lentement s'égouttent
Le long de la route
Liquides coraux

Le tunnel de la nuit
Devient océan
Où glisse ma pluie

Sur le quai pour finir
Pourrais-je en sortant
Trouver ton sourire ?

01/03/07 - 21:26

CDXCIV. - En se baignant, en s'endormant.



Je vais me prendre un bain ! Mais un bain !!!

Journée infâme, j'ai des mois de retard, jamais je ne serais dans les temps, j'ai des mois de retard, je dois être enceint.

Je vais me prendre un bain ! Mais un bain !!!

On me dérange, je suis le spécialiste, celui qui sait tout, celui auquel on demande, mais je ne suis pas payé pour autant.

Je vais me prendre un bain ! Mais un bain !!!

J'en peux plus !!! J'en peux plus !!! J'en peux plus !!! J'en peux plus !!!

Je vais me prendre un bain ! Mais un bain !!!

Allô, Bad, tu pourrais pas et dis-moi quand est-ce que tu crois que sinon on pourrait toi moi oui mais dis tu es encore là ?

Je vais me prendre un bain ! Mais un bain !!!

Je pense des fois à toi.

Je vais me prendre un bain ! Mais un bain !!!

 






"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."

Dante Alighieri, Inferno , I.





"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

François Villon, Epitaphe, 1-4.





"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."

Mickhaïl Boulgakov,
Le Maître et Marguerite, II.





"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.

Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"

P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7.
Trad. toute perso.





"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."

Albert Cohen, Les Valeureux, I.





"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."

Yukio Mishima,
Les Amours interdites, VIII.





"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."

Homère, Iliade, XXIV.





"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."

Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.





"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.

Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."

Georges Perec,
W ou le souvenir d'enfance, I.





"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."

Herman Melville, Moby Dick, I.





"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"

Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.





"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."

Giuseppe Tomasi,
duc de Palma de Montechiaro,
prince de Lampedusa, Le Guépard, I.





"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

Jules Verne,
Le Château des Carpathes, I.





"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."

John Kennedy Toole,
La Conjuration des imbéciles, Un.



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