24/08/2006

24/08/06 - 12:31

CCLXXXII. - En peinant, en pensant.



Je me doute bien que mes questions existencielles de blé, pognon, thune & turlutte n'intéressent personne, posons donc des interrogations fondamentales :

i. faut-il vernir une peinture à l'huile, et si oui, quand voit-on que la peinture est sèche ?
ii. que pensez-vous des plans "jeux" ?
iii. aimez-vous les danseurs ?
iv. peut-on trouver de l'argent sous le sabot d'un cheval, ou juste du fer ?
v. pour ou contre les koalas ?
vi. quelle est l'influence des larmes de crocodile sur les crues du Nil ?
vii. quel nom donneriez-vous à un chat ?
viii. pensez-vous que la connerie est soluble dans la javel ?
ix. qu'imaginez-vous quand vous voyez le drap de l'ange dans Saint Matthieu et l'Ange du Caravage ?
x. qui veut coucher avec moi (breakfast included) ?

commentaires

24/08/06 - 14:04

i. la peinture est sèche lorsqu'elle ne reste pas sur ton doigt
ii. niquer sans jouer c'est un peu comme la soupe sans sel
iii. avec du sel et bien cuits
iv. du fer mais aussi de la paille et de la boue (selon où qu'il a marché)
v. nsp
vi. considérable ! on raconte même, à alexandrie, qu'un crocodile aurait bouché le delta du nil...
vii. « sale bête »
viii. non, la connerie n'est soluble que dans l'alcool
ix. qu'il est temps de faire une lessive
x. (je ne comprends pas la question)

24/08/06 - 14:13

-vernir une peinture à l'huile? quelle drôle d'idée! je n'ai jamais entendu parler de ça.
-les plans "jeux"? tu pourrais être plus explicite?se faire des guilis? très peu pour moi, je suis horriblement chatouilleux, sinon jouer au docteur, mpf, pourquoi pas, mais ce n'est pas vraiment mon truc, ce sera pour mon grand âge quand je me serai lassé des galippettes natures.
-Aimer les danseurs... classiques? non! j'en ai rarement vu avec des beaux visages, et ils prennent un sourire forcé sur scène qui est assez laid.
-Trouver de l'or sous le sabot d'un cheval...ça peut arriver mais je ne compterais pas trop dessus à ta place (mais un alchimiste comme toi n'aura aucune peine à en produire à la pelle non? hihi)
-contre les koalas, résolument, il y en a un qui a partagé mon lit pendant mon enfance sans aucune gratitude. De plus ce son de sales bêtes qui griffent très fort.
-s'il y a une correlation larmes des croco/crues du nil, alors il n'y a plus de crocos puisqu'il n'y a plus de crues, "ah les crocrocro les crocrocro les crocrodiles, sur les bords du Nil y sont partis sont pas revnus!"
-je ne comprends pas qu'on donne des noms stupides aux animaux, celui-ci s'appelle Choléracosmique" (de mémoire, l'Apprentie Sorcière)
-la connerie soluble dans la javel... ben si tu laisses le con en question immergé quelques jours dans un bac de javel je pense qu'il ne sera plus en état de dire beaucoup de conneries, mais sinon...peut-être pour les cons à l'humour bien gras?
-t'en poses des questions...je ne l'ai jamais vu et après avoir un peu cherché je crois que toi non plus, en vrai je veux dire. Pas de ressenti particulier, ce n'est pas mon peintre favori.
-avec des croissants?

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 






"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."

Dante Alighieri, Inferno , I.





"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

François Villon, Epitaphe, 1-4.





"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."

Mickhaïl Boulgakov,
Le Maître et Marguerite, II.





"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.

Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"

P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7.
Trad. toute perso.





"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."

Albert Cohen, Les Valeureux, I.





"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."

Yukio Mishima,
Les Amours interdites, VIII.





"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."

Homère, Iliade, XXIV.





"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."

Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.





"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.

Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."

Georges Perec,
W ou le souvenir d'enfance, I.





"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."

Herman Melville, Moby Dick, I.





"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"

Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.





"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."

Giuseppe Tomasi,
duc de Palma de Montechiaro,
prince de Lampedusa, Le Guépard, I.





"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

Jules Verne,
Le Château des Carpathes, I.





"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."

John Kennedy Toole,
La Conjuration des imbéciles, Un.



eXTReMe Tracker