04/08/2006

04/08/06 - 00:22

CCLXIV. - En matant, en bavant.



Rien de cela n'est évidemment objectif. Dans mes (premiers, si, si (*)) achats de dévédés, perpétrés cette semaine, se mélangent La Comtesse aux pieds nus, Spiderman, Un Roi à New York, On murmure dans la ville, La Plage, Lost in translation, Roméo + Juliette (**)... et La Fureur de vivre.

Messieurs les acteurs, vous m'excuserez, mais à moins d'avoir les yeux craquounets de Tobey Maguire ou de Casey Affleck - ou le jeu épatant d'autres en leur verte jeunesse - vous pouvez toujours tenter quoi que ce soit, vous me laisserez de marbre. Car... C'est de l'homme que je réclame, du vrai, de l'acteur !!! C'est du James Dean, du Humphrey Bogart, du Henri Fonda que je veux, moi !!! Je dis même que j'exige ! Raz-le-bol des kleenex interchangeables et toujours similaires !!! Vos machins à frous-frous, vos trucs bodybuildés et gominés qui ont toujours le même coup de mâchoire pour sourire, vous pouvez vous les carrer dans le fion, ça m'en touche une sans bouger l'autre !!! JE VEUX DES ACTEURS !!! DES VRAIS !

Après ce moment d'extase, la régie a le plaisir de vous en remettre une couche :



Et cestui-ci, c'est pour le lecteur Antoine qui a oublié depuis qu'on avait envisagé de boire un verre après ce qui était alors son hypothétique réussite :



Bad. - La bave aux lèvres ne fait qu'humidifier les muqueuses, oui, mais lesquelles ?


(*) Le Lecteur bénévolent est prié de ne pas se foutre de ma gueule d'attardé de la modernité, mon premier ordinateur est tout juste celui sur lequel j'écris ces bafouilles, il a un tuner mais je n'ai pas installé la télévision, alors regarder un dévédé dessus, pensez...

(**) Le premier qui dit que je vire tarlouze bobof a droit à mon poing dans la gueule et je me roule par terre en couinant pour faire bonne mesure, juste après avoir trépigné et serré vigoureusement mes petits poings dodus.

commentaires

04/08/06 - 00:23

Bogart jeune, miaaaaaaaaaaaaaaaaaaaam ^^

04/08/06 - 00:24

Ah, James...

04/08/06 - 10:31

Info pour tarlouze bobof : le minot amoureux transi de James dans La fureur de vivre était l'amant du réalisateur, Nicholas Ray.

Maintenant, vous pouvez retrépigner et remordre vos petits poings dodus.

04/08/06 - 13:18

Bon, effectivement, le petit Sal Mineo soit joue un peu trop bien soit laisse ses propres goûts transparaître dans son jeu, mais je ne pense pas que ce soit un scoop.

En revanche, le dévédé contient une zone appelée "bonus", où il y a des sortes de publi-reportage de la Warner. Notamment, une séance de casting, où on fait mettre successivement tous les seconds couteaux à côté de James Dean et Jim Backus, histoire de voir qui va le mieux avec qui pour les différentes scènes.

James Dean, sur lequel on bave, fume, change de blouson, taquine les acteurs, et souvent baisse la tête. Ce devait être un grand timide, cestui-ci (soupir).

À un moment, une petite frappe épaisse, trapue, vient entre Jim et James. James lève la tête et le regarde droit dans les yeux. Ca doit durer un quart de seconde, pour baisser de nouveau rapidement la tête.

Eh ben... dans ce quart de seconde une création s'est faite, un big bang, une explosion d'une sensualité énorme.

En gros, le James, il kiffait trop le keum (pour mes Lecteurs ramollis du bulbe et au QI de pétoncle).

05/08/06 - 05:54

Badinou, vous prenez mauvais genre, là. trop de mauvaises lectures ;-)

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"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."

Dante Alighieri, Inferno , I.





"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

François Villon, Epitaphe, 1-4.





"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."

Mickhaïl Boulgakov,
Le Maître et Marguerite, II.





"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.

Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"

P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7.
Trad. toute perso.





"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."

Albert Cohen, Les Valeureux, I.





"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."

Yukio Mishima,
Les Amours interdites, VIII.





"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."

Homère, Iliade, XXIV.





"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."

Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.





"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.

Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."

Georges Perec,
W ou le souvenir d'enfance, I.





"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."

Herman Melville, Moby Dick, I.





"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"

Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.





"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."

Giuseppe Tomasi,
duc de Palma de Montechiaro,
prince de Lampedusa, Le Guépard, I.





"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

Jules Verne,
Le Château des Carpathes, I.





"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."

John Kennedy Toole,
La Conjuration des imbéciles, Un.



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