02/06/2006

02/06/06 - 21:52

CLXXXVII. - De Vita Badiniani Olivarii

"Huic, cum orbem suumque regeret, imperii omen est factum. Nam, cum Luteciam ascendisset, inter alias adclamationes dictum est "Auguste ! diis te servent !".

[...]

A senatu divus est appellatus cunctis certatim adnitentibus, cum omnes eius pietatem, clementiam, ingenium, sanctimoniam laudarent. Decreti etiam sunt omnes honores, qui optimis principibus ante delati sunt. Meruit et flaminem et circenses et templum et sodales Badinianos soluesque omnium prope principum prorsus sine civili sanguine et hostili, quantum ad se ipsum pertinet, vixit et qui rite comparetur Numae, cuius felicitatem pietatemque et securitatem cerimoniasque semper obtinuit."


(Afin de me prémunir, je rédige à l'avance mon propre éloge funèbre. Dans la langue de Virgile, ça fait mieux. Qu'on le récite et l'accomplisse sur ma tombe)

commentaires

02/06/06 - 21:54

Ouais ben moi si ton enterrement est en latin j'y vais pas hein !

02/06/06 - 21:57

Tu peux pas te faire incinérer ? ca prend moins de place et ça ne défigure pas le paysage !

02/06/06 - 21:58


Tombe à la romaine : incinération, et cénotaphe.

02/06/06 - 22:02

moi c'est pareil en ce moment : c'est "no taff" !!!

02/06/06 - 22:06

moi je préfèrerais une messe en mi-écru qu'en la-teint....

02/06/06 - 22:09


Notamment enterrement à l'ancienne parce que comme ça j'aurais droit aux jeunes gens nus portant mes cendres. Pour une fois qu'un jeune homme me portera.

02/06/06 - 22:12

On peut les utiliser nous après les jeunes hommes nus ???
Non parce que tant qu'à faire, autant qu'ils soient utilisés au maximum de leurs compétences...

02/06/06 - 22:22


Non, ils seront occis sur ma tombe, et on les brûlera avec moi, ainsi qu'Achille fit pour Patrocle.

02/06/06 - 22:30

Egoiste va !!!

02/06/06 - 22:38


Ceci étant, je peux décider qui adopter, pour léguer la puissance tribunicienne, l'imperium, le pontificat, la censure, la questure, le consulat, bref, le total principat à l'antique.

02/06/06 - 22:42

ça va en faire de la viande grillée tout ça.... sacré barbecue !!!

02/06/06 - 22:47

Moi je veux être testeur de choupinou

02/06/06 - 22:48


Klendal, je te fais préfet du prétoire.

Ce sera le meilleur moyen et pour assouvir tes envies de mainmise sur la Ville et pour me faire trucider pas forcément nuitamment.

02/06/06 - 22:57

et moi je peux avoir un petit souvenir ???

02/06/06 - 22:58

Ho merci !

02/06/06 - 23:03

Cyrille-12,

Bien que sa mise en page et ses sujets soient intéressants,

Est en couple, ce qui n'est pas un avantage pour lui ces temps-ci vue mon impériale humeur.

Par conséquent, Nous, Badinou, Princeps Senati Populique Romani, lui octroyons une légation en Germanie. Qu'il aille se geler les couilles à poireauter sur le limes que les barbares gothiques et ostrogothiques pourraient éventuellement, un jour, peut-être, on ne sait jamais, essayer de franchir. Il pourra toujours espérer les lauriers du triomphe en soufflant dans ses doigts gelés pour qu'ils tombent par terre.

02/06/06 - 23:11

Oula, t'es rude Von Badinou....

02/06/06 - 23:15

c'est pas glop !!!

02/06/06 - 23:15


Le Préfet du Prétoire, gare à ta pétoire sinon tu finis ad bestias.

02/06/06 - 23:15


Broum, d'accord, je lui accorde le titre de Germanique, pour faire hochet et bonne figure.

02/06/06 - 23:23

ferrero rocher ??? y a mieux comme chocolat... je préfère me retirer

02/06/06 - 23:41


Les calembours sont rarement en cour...

Klendal, préfet du prétoire, faites kèkchoz, koa.

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"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."

Dante Alighieri, Inferno , I.





"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

François Villon, Epitaphe, 1-4.





"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."

Mickhaïl Boulgakov,
Le Maître et Marguerite, II.





"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.

Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"

P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7.
Trad. toute perso.





"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."

Albert Cohen, Les Valeureux, I.





"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."

Yukio Mishima,
Les Amours interdites, VIII.





"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."

Homère, Iliade, XXIV.





"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."

Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.





"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.

Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."

Georges Perec,
W ou le souvenir d'enfance, I.





"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."

Herman Melville, Moby Dick, I.





"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"

Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.





"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."

Giuseppe Tomasi,
duc de Palma de Montechiaro,
prince de Lampedusa, Le Guépard, I.





"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

Jules Verne,
Le Château des Carpathes, I.





"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."

John Kennedy Toole,
La Conjuration des imbéciles, Un.



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