05/01/2006

05/01/06 - 22:34

XXXVIII. - Anno MMDCCLIX ab Urbe condita



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MANIFESTE UNIVERSEL
DE L'AN VI



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Réf. : Loi n°2006-XXXVIII du 5 janvier 2006,
modifiée par les lois
2006-CCLXXIX du 22 août 2006
et n°2006-CCCLXI du premier novembre 2006


En cet An VI du millénaire, et deux mille sept cent cinquante-neuvième depuis la fondation de la Ville, Nous, Badinou, Princeps Senati, Imperator Urbi Orbique, considérant

que parler de Nous ne peut attirer le chaland, et n'être que superflu, la joie comme la peine ne se partageant pas, et les sentiments quotidiens ne causant en tout Lecteur hasardé ici que le sentiment d'une aventure superfétatoire,

que d'autres choses que l'être intime sont plus intéressantes,

que ces choses peuvent, de fait, plus traduire cet être intime que tout soliloque, diatribe, dythirambe, iambe, penthamètre,

qu'enfin le Bonheur de l'Humanité ne pourrait se passer ni se faire sans la réalisation d'un si Grand Projet, qui est à l'Homme (et la Femme...) ce que la bicyclette est à la daurade dorée et le film pornographique à la sauterelle du Pérou,

voulons, ordonnons et proclamons

que ces pages éphémères à la gloire de la solitude électronique seront désormais organisées autour de cinq colonnes vertébrales, à savoir

- les Moments Oulipiens, qui se consacreront à l'exploration des procédés proposés par l'Ouvroir de Littérature Potentielle et ses prédécesseurs (qui n'en furent que des copieurs à l'avance, c'est connu) ;

- les Contes Modernes, qui traduiront par de petites narrations sans portée morale les conséquences du développement de votre civilisation. Ces Contes Modernes comprendront une sous-section, intitulée la Cathédrale, dont l'objet est une réécriture et une interprétation d'éléments biographiques ;

- le Feuilleton Universel, qui narrera, semble-t-il, des aventures entre deux âges, celui des Lumières et celui du Charbon ;

- les Réalisations plastiques, qui recenseront quelques exemplaires graphiques de Notre don impérier pour tous les arts relevant de Zeuxis et ses zélotes ;

- le Moi... parce que des fois il faut bien pleurer sur son sort.

Afin que cela soit appliqué et mis en oeuvre en tout Notre Empire, y compris Mare Nostrum, faut pas croire que les poissons vont y échapper, Nous datons, signons et paraphons

Badinou Premier, Princeps Senati, Imperator Urbi Orbique




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SOMMAIRE EVENTUEL




I. MOMENTS OULIPIENS


(1) Le Douze-Un
(2) Composition du soir (Ce sujet n'a pas vraiment sa place ici, mais où le caser sinon ?)
(3) La traduction homophonique ou un singe de beauté
(4) OuPeinPo, la pictée
(5) Patricid und Sacripant, par Moriss Matar Lindt, Traduction.
(6) Conversation, ragnagna, ragnagna. Les nombres de Calvino.
(7) La belle absente.
(8) Le beau présent.





II. CONTES MODERNES


(1) Un métro propre
(2) La Cravate
(3) Le Baiser du métro
(4) L'Hiver d'Irène
(5) La dixième croisade
(6) Le Recyclage contemporain
(7) Le Légionnaire Gneius
(8) L'Avent
(9) Discussion sur internet
(10) Des ères hache
(11) Le Concert
(12) La Peur
(13) Homme fauteuil
(14)Le Gardien de musée.
(15) L'écrivain.
(16)
(17)
(18)



Section La Cathédrale


(1) Bruckner
(2) Le pouvoir de l'alcool
(3) Repas
(4) La dernière rencontre
(5) Ton départ
(6) La dernière fois



III. FEUILLETON UNIVERSEL


(1) Introduction et Réception de la lettre
(2) San Germano



IV. REALISATIONS PLASTIQUES


(1) Après tout moi aussi.
(2) Jeune homme (Saint Sébastien)
(3) Avoir un corps.
(4) L'herbe à Nicot. Chronique d'un samedi.
(5) Plastronner : prendre une attitude avantageuse,
un ton avantageux; affecter le courage, l'autorité.

(6) Lorsque la nuit.
(7) L'ego traficoté à mort.
(8) Six autoportraits.
(9) Souvenir de la nuit du 4.
(10) Nuit.
(17) Enthousiasme imbécile et niais (Ballade des cigarettes).
(18) Saintes reliques.
(19) Photos ratées.
(20) Je possède un Matisse.
(21) En vidant la puce, en rangeant l'ordi.
(22) Bad's Life Items. Où l'on se dit que la vie est belle, parfois.
(23) Demain, les élections.
(24)
(25)




V. LE MOI


(1) Scènes de la vie de bureau
(2) La nouvelle discothèque
(3) Bref instant banal
(4) Scènes professionnelles de fin d'année
(5) « Je jure devant Vara, et sur ses Saintes Écritures, de toujours servir l’Homme et l’Art… »
(6) Lettre à ma cheffe qui démissionne
(7) Une p'tite lettre
(8) Les petits riens qui font plaisir
(9) Echange téléphonique
(10) Une p'tite lettre
(11) La dixième croisade
(12) Le canard et l'amour
(13) La tour de Pise
(14) Comment des pompiers m'ont sauvé de l'ammoniaque
(15) Comment lire un blog // Lettre à mon Lecteur improbable
(16) Moi et le collectif
(17) Scolie sur Moi et le collectif
(18) Recette : faire face à un chien
(19) En matant, en écrivant
(20) Maille laïllefeuh
(21) Fifteen men on the dean man's chest...
(22) Dialogue imaginaire
(23) Fin d'été
(24) Comment ouvrir une capote ?
(25) À nous quatre, Cardinal.
(26) Füssli.
(27) Où il est question des hémorroïdes, de Dieu, de l'image, du miroir, de la cuisson de la raie, de la culture japonaise et d'autres choses quasi tout aussi véridiques et bonnes, sans que l'on parvienne à conclure ce qu'il en est de l'homme.
(28) Âge, quod agis ?
(29) Conversation, ragnagna, ragnagna. Les nombres de Calvino.
(30) L'herbe à Nicot. Chronique d'un samedi.
(31) En saignant, en signant.
(32) Liste de lecture sur le frigo.
(33) Je ne peux plus lire.
(34) L'oeil avale.
(35) 23 octobre(s).
(36) Saint Crépin.
(37) Je viens de jeter une bouteille de Saint-Emilion 1959.
(38) En se baignant, en caleçonant.
(39) Le rêve de ma papauté.
(40) Charles d'Orléans et autres bergeries.
(41) Pourquoi écrire, hein ?
(42) Dimanche en déshérence.
(43) En lisant, en commentant
(44) croire s'installer pour boire un thé regarder un film
(45) Ce soir où je suis devenu fou.
(46) Lorsque la nuit.
(47) Prélude(s)
(48) Sam Spade dans l'Affaire des doubles rideaux.
(49) Du métro et des lectures qu'on y fait.
(50) De l'actuaire, de l'évolution du métier d'assureur et de l'embedded value.
(51) Phynale reparazionne of der Zalle ov baff.
(52) Du compte de résultat, et des frais.
(53) De ira.
(54) Quatre cents !
(55) Questions & aphorismes.
(56) Sur le frigo : de la musique niaiseuse.
(57) De la fonte de la tarte Tatin.
(58) Mes questions sans réponses.
(59) Vies et opinions de Tristram Shandy, Gentilhomme.
(60) Ces cinq centimètres qui m'ont empêché de jouir.
(61) En rentrant, en marchant.
(62) En repassant, en écoutant.
(63) En attendant, en sirotant.
(64) Lugdunensis.
(65) Shortbus.
(66) J'ai consommé, donc j'ai une existence sociale.
(67) Mes origines.
(68) La meringue à froid.
(69) En mouchant, en glougloutant.
(70) Des traces.
(71) Du rêve au matin (Sébastien).
(72) 'faudrait que j'arrête de parler de moi à la fin.
(73) Des verres, de la parole, des incendies, des sentiments, de Montaigne, de l'Autriche, de l'épidémiologie et de l'ensemble des autres choses qui n'ont pas encore été évoquées ici.
(74) Pelle, hélas, aimait Lys (end).
(75) "Tonton, tontaine, tonton."
(76) "Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi."
(77) En picolant, en limoncellant.
(78) En discutant, en dramatisant.
(79) Enfonçant lourdement le clou, histoire de permettre une fuite justifiée.
(80) En se taisant.
(81) En résistant, en résistant.
(82) Empoussiérant, en fumant.
(83) De la fumée, du feu, des pare-feu.
(84) Je résisterai.
(85) Remise des oscars - Embedded value : 2 ; Bad : 3.
(86) Aguirre, la colère de Dieu.
(87) En sommeillant, en rêvant.
(88) Question de savoir-vivre.
(89) Du listage de déréliction.
(90) Choses vues.
(91) Faire un mauvais film, avoir un succès d'estime.
(92) En touillant, empestant.
(93) Deux scènes entre hommes.
(94) En peinant, en souffrant.
(95) En Assimilant, en bafouillant.
(96) Séquence ragnagna.
(97) Salomon
(98) Loubourou
(99) En traînant, en ratant.
(101) Inquiétude.
(102) Cuisson des artichauts. Et si les artichauts cuisent, ils cuisent non parce que j'ai copié qui que ce soit. J'en avais aussi acheté trois ce ouiquennede, il m'en restait deux, qui marinent dans mon faitout.
(103) À l'état-major interarmées.
(104) En brûlant, en cherchant.
(105) Pédophilie : Nicolas-Paul-Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa donne son avis.
(106) En mangeant, en partant.
(107) Jouissance du matin.
(108) En bronzant, en rentrant.
(109) En votant, en dépouillant.
(110) En rentrant, en chantant.
(111) Retour du naturel.
(112) Et le train, innocent, roulait.
(113) Vie morte.
(114) Se venger de la vie.
(115) Les 821 marches.
(116) J'accuse le président élu d'être anticonstitutionnel.
(117) La vie fantastique de Bad : les lys.
(118) La dolce vita (quando sono un eterosessuale)
(119) Petite annonce.
(120)


Section Petits pohèmes


(1) Ego
(2) Enterrement
(3)Je voulais trouver là l’oubli de l’éternel...
(4) Nous pleurons tous nos morts, et notre cœur vidé...
(5) Je ne suis qu’une erreur, un printemps défraîchi...
(6) Le sourire.
(7) Mes prévisions.
(8) À la postérité.
(9) Des rivières illuminées.
(11) 5 - 7 - 5.
(12) 5 - 7 - 5.
(12) 5 - 7 - 5 (décidément).
(13) 5 - 7 - 5.
(14) Du sexe, du porno, de la pipe, du sperme !
(15) 5 - 7 - 5
(16) Enthousiasme imbécile et niais (Ballade des cigarettes).
(17) Du vide.
(18) Son.
(19) Son.
(20) P'tit pohème
(21) Mire liton


Section Inventaires pour mémoire


(1) Celles et ceux... (part 1)
(2) Le gemme - gemmepa project
(3) Statistiques inutiles.
(4) En listant, en mentant.
(5) Métablog.





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"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."

Dante Alighieri, Inferno , I.





"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

François Villon, Epitaphe, 1-4.





"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."

Mickhaïl Boulgakov,
Le Maître et Marguerite, II.





"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.

Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"

P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7.
Trad. toute perso.





"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."

Albert Cohen, Les Valeureux, I.





"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."

Yukio Mishima,
Les Amours interdites, VIII.





"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."

Homère, Iliade, XXIV.





"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."

Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.





"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.

Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."

Georges Perec,
W ou le souvenir d'enfance, I.





"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."

Herman Melville, Moby Dick, I.





"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"

Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.





"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."

Giuseppe Tomasi,
duc de Palma de Montechiaro,
prince de Lampedusa, Le Guépard, I.





"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

Jules Verne,
Le Château des Carpathes, I.





"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."

John Kennedy Toole,
La Conjuration des imbéciles, Un.



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