Je suis comme beaucoup d’humains. Je suis beaucoup de Français et d’Européens. Ma généalogie se perd à la fois dans une terre immuable, inchangée, et dans tous les vents de l’Europe et de l’Orient elle a été écartelée. Il n’y a pas de famille réelle à laquelle je puisse me raccrocher comme à une terre ou un blason ou un clocher. Je suis né d’errants et d’inquiets. De pauvres éternellement déracinés, dont la terre uniquement pleurée est toujours la terre quittée. Ces inquiets continus, ces pingres qui mettaient dans l’or et les possessions qu’ils rêvaient en continu (constance des rêves, point d’ancrage de tous les errants) toute leur espérance et leur seul espoir de salut, sont ma nature. Et j’ai encore dans mes pieds la trace de leurs cals.
Il y a pourtant dans cette famille, née sur les routes des marchands médiévaux, entre la pointe extrême du Levant, le finistère de l’Italie et les derniers rebords du Rhin, dont les lambeaux se sont perdus sur le Rhône, une constante. Toujours nous regardons Notre Terre, et cette terre est une mer : Mare Nostrum. C’est sur elle que nous nous sommes trois fois coupés en deux, c’est elle qui fit les origines mythiques et les ruptures sacrées, drames pour d’éternels regrets profitables. Lorsqu’on me demande ma race, je peux le faire mathématiquement – c’est ce que je fais d’ailleurs, cela est suffisamment cinglant pour rendre le sujet inintéressant. Un quart de chaque – un quart d’allemand, un quart de lyonnais, un quart d’italien, un quart de maltais. Et encore.
Il y a bien évidemment la branche terrienne – ces ouvriers rattachés à leur terre épiscopale du Lyonnais durant des siècles, et qui servirent tous les dynastes de ce pays des froids extrêmes et des chaleurs cinglantes. Ces pauvres lamentables marchaient d’un village à l’autre pour faire des ouvrages, leurs femmes se levaient de nuit pour laver à quelques kilomètres la lessive d’un métayer parvenu, et leurs hommes bredouillaient, terrifiés éperdus, le chapeau à la main devant le moindre puissant qui passait, du fonctionnaire local au bourreau de la République venu deux ou trois fois tester son couteau dans les parages. C’étaient des humbles, je pense, des innocents, que le temps et la pauvreté ont aigri de générations en générations, jusqu’à ce que l’aigreur devienne naturelle. Asservis par l’usage, tout leur était impossible, tout leur était trop.
Et ils voyaient les deux derniers siècles se lancer dans le grand développement des puissances économiques, sans oser en approcher autrement qu’inquiets et méfiants de timidité. Ils avaient toujours un siècle de retard – le temps de s’habiter au nouveautés, et de parvenir à les accepter, avec un soupçon de fierté encore hésitante et très rapidement ultra-possessive. Ils affermèrent leurs terres de servage au XIX°. Ils devinrent ouvriers avant 1940, et petits commerçants après le départ des Allemands. C’est l’univers de la famille de Céline, cinquante ans plus tard.
Fini pour le lamentable et ridicule lyonnais.
Passons donc dans ce saccage sentimental, ce désabus forcément menteur et romancé (inventé, reconstruit, imagé de faux), à la suite. Tout simplement la suite : il suffit de prendre la branche collatérale. Celle-là, la première à venir s’adjoindre au socle lyonnais, est comme une balle volante brusquement arrêtée dans son vol et qui tombe, éternellement jaillissante de terre alentour, dans le sol. Ainsi cette balle de paille et de laine honteuse, venue du nord de l’Italie croit-on a-t-elle fait des enfants. On n’en sait rien. On n’en veut surtout rien savoir. On l’oublie. Elle est un accident. C’est que le serf lyonnais a une haine bourgeoise de l’indécent. Et là ! Il s’agit, pense-t-on, d’un ouvrier quelconque de ces fréquentes migrations de la fin du XIX° qui, avec les Belges (Belgique, avec une autre, patrie de cœur et de folies, patrie rêvé et phantasmée : petit pays de gloire passée et conçue ainsi) entretenait déjà si bien cette crainte viscérale française de l’étranger venant voler le travail des gens honnêtes et branler les fondements de la société en séduisant les femmes.
Cet homme n’était rien – on a à peine son nom : il a commis un enfant, et cet enfant plus tard s’est marié. Tout ce que j’ai compris de toi, ô mon ancêtre du Pô, c’est que tu avais quelquefois essayé de revoir cette femme et ton enfant. On n’avait rien voulu de toi. Toi ô mon ancêtre pouilleux aux semelles de poussière, qui avait fait l’énorme et ruineux voyage et qu’on accusait de tenter, d’à nouveau déshonorer une femme déjà fautive, suffisamment punie de son enfant, qu’on avait été trop bon de recueillir, pécheresse, toi qui disparus sans nom ni visage sous les couches plus terribles du silence et de la honte inventée, pire que toute malédiction, et qui est mort je ne sais comment dans ton Italie, ô mon ancêtre réveilleur du sang lyonnais endormi, ô mon ancêtre de scandale et de jouissance interdite, ô mon ancêtre caché et humblement silencieux, crâne béant d’innocence, je te bénis. Que ta tombe de miséreux, certainement déjà vidée de tes chers os par les règlements concessionnaires, soit chérie et aimée.
Car ainsi vient le premier ferment de vent et de toile nomade, les premiers souffles terribles de la Méditerranée dans le froid lyonnais.
Fini pour la première branche de la famille, qui resta à Lyon et ne voyagea jamais que pour aller survivre à Verdun, du côté français. De l’autre côté de Douaumont il y avait l’autre branche, l’alsacienne.
Encore moins que de toute autre, je crois n’en savoir rien. Je sais le nom de leur village, je crois, quelque part dans la plaine d’Alsace – je n’ai jamais cherché sur une carte et je crois n’en avoir pas envie. Peu importe le lieu, en fait, si ce n’est que ce sont des pauvres d’Alsace. Mon arrière-grand-père, né allemand, a combattu mon arrière-grand-père, dans les tranchées du massacre de 1917. Je suis l’Europe et je suis ses guerres. Je suis le sang des pauvres que la Chance n’a pas versé pour engraisser les plaines de la Champagne. Et je préfère ne pas savoir le chant d’horreur qui devait quitter les lèvres des miséreux dans les boues atroces de ces hivers de fer.
L’Alsace a été rattachée à la France, et ma grand-mère, qui avait appris le gothique et l’allemand, dû apprendre la romaine et le français. C’était la période des rattachements patriotiques, des cartes postales dramatiques où l’Alsacienne à nœud et la Lorraine à coiffe rejoignaient la matrone au bonnet phrygien. C’était l’époque des Marseillaises tonitruantes, du Colonel de la Rocque et des défilés nationalistes. C’était aussi la Grande Crise et l’affrontement constant des économies en reconstruction. Mon grand-oncle, maintenant français, partit pour la terre de lumière et de travail, l’Algérie.
C’était de ces immigrés comme on se moque maintenant en voyant les nôtres, qui partaient seul, travailler d’un autre côté d’une mer, s’échiner à n’en plus pouvoir et dormir d’épuisement sur les sacs transportés toute la journée, exténué bouche ouverte, qui vivaient de rien et se lavaient le visage, debout, bretelles encore mises au pantalon large et gris, et qui envoyaient tout leur pécule là-bas, au pays, faisant vivre tout l’immense chêne généalogique de cette maigre sève issue du soleil éclatant. Pauvre petit Blanc, plein de son orgueil certainement de supériorité minable qui participait à la colonisation. Je suis l’Afrique et je suis l’Immigration et je suis l’oppression inconsciente d’un pays. Je suis les petits princes et les petits empereurs portefaix. Et c’est ainsi qu’à vingt ans ma grand-mère, petite femme toujours malade et toujours alsacienne dans ses phrases, rejoignit son frère d’Algérie. 1932.
Ce devait être à Philippeville, et mon grand-père était encore cette année commis dans un magasin de musiques. Je suis le pauvre descendant du paquebot, une valise à la main, clignant des yeux sous le soleil inhabituel. Fini pour la branche alsacienne et pied-noir, dont je tiens, étrangement par-delà les générations, les cheveux blonds et les yeux bleus, seul de ma famille, comme une erreur et un souvenir inquiétant.
Il faut maintenant se déplacer aux portes de l’Orient, sur un rocher froid et sans eau, terre sans cesse envahie, sans cesse occupée. Verrou entre Levant et Occident, terre de Commandeurs et de Chevaliers, terre du peintre des enfants sales et des Vierges ridées, terre des froids et des vents dans les chaleurs de la Méditerranée. Terre de batailles navales. Malte, terre d’Italie où l’on parle anglais, turc, arabe, où l’on est Levantin et où l’on est Européen. Famille de petits hommes trapus aux verres intensément épais, émigrants professionnels. Je suis d’une famille de nobles et de gueux, de princes et de mendiants. Ce nom, si rare et si long, perdu désormais, n’a réussi que dans l’émigration ou la servitude : un essaim est parti en Sicile, et y a donné un écrivain italien, un autre aux Etats-Unis, et y a donné un écrivain américain. D’autres ont servi les Anglais ont été ennoblis pour leur avilissement : une rue de La Valette porte encore le nom de ce Sir étrange à l’uniforme rouge. Il y a désormais, gloire moderne, un acteur qui porte mon nom secret. Voilà mes dorures et mes décorations énumérées.
Je suis une race de guerriers asservis, de princes et de chevaliers à la croix blanche, et je suis surtout des pauvres maltais, crevant de faim et de soif. Ma gloire et mon orgueil. J’ai dans mon sang toutes les impuretés de la Méditerranée, le sang de l’hétaïre et celui du cheikh, le sang de l’hidalgo et de la Carmencità, le sang du grognard napoléonien, le sang de Lépante et celui de Tripoli. Je suis Mare Nostrum. Je suis l’Histoire infinie des errances humaines. Seul Marco Polo, trop fatigué pour passer par moi, m’a ignoré. Tous les trajets, des guerres entre Rome et Carthage aux routes de la soie et aux Croisades et aux repaires des pirates et aux citadelles orgueilleuses des ordres religieux et aux Vikings et aux Wisigoths aux Maures et aux Chrétiens inconscients, tous sont passés par moi. Je suis le Mélange Universel. Il n’y a pas de sang plus mêlé que le mien, plus entaché de toutes les hésitations et de toutes les fureurs de l’homme. Plus mêlé d’espoirs de richesses et de rêves déçus, d’entrechoquements de glaive et de râles d’agonisants. Je suis la Citadelle d’Humanité.
Et de cette citadelle le plus humble et le plus pauvre de cette famille de barons est parti, éthique, pour l’Algérie, nouvelle terre d’espoirs et de constructions, sous les promesses idéologiques d’une Troisième République pas très convaincue encore de ce qu’elle faisait là-bas. Ainsi arrive à la fin du XIX° cet immigrant maltais sur la terre d’Algérie, être sans cheveux au regard de myope extrême, dont la seule richesse était la montre d’or plate et fine. Il y travaille. Il fait ce qu’ont fait tous les pauvres depuis l’origine des temps : il vit comme il peut. Et il fait ce qu’ont fait tous les pauvres de tous les temps avant le nôtre : il vit dans un taudis – maintenant il vivrait dehors et mourrait. Il doit s’y marier, je pense, puisqu’il a un enfant, mon arrière-grand-père, né dans la poussière du soleil.
Cet enfant à son tour vieillit et travaille, part infime des petits Blancs locaux qui avaient tant d’influence. Puis la Grande Guerre : le travail vient à manquer, toute l’Europe est avide de sang et de chair, les lents travaux du Sud ne lui sont plus rien. L’Europe latine regarde le Nord et meurt de son froid, joyeuse de ses chants assassins. L’homme va faire le portefaix à Marseille, immigrant continu du travail toujours fuyant. C’est là que naît mon grand-père. L’épisode provençal n’aura jamais été qu’un accident – l’Algérie, terre précieuse de malédictions, appelle le sang des insulaires, crie après le corps de ces métis perpétuels. Ainsi mon grand-père y aura une sœur, pour rencontrer, poussée par la Fortune et la Faim, son Alsacienne. Ils sont jeunes, et le Monde se reconstruit, râpant ses plaies purulentes d’une langue fatiguée.
Mon grand-père chante, aime les opérettes et les bandonéons, les orphéons et les cuivres. Il collectionne les médailles miraculeuses des ensembles lyriques, argent clinquant et lyres laurées, cet héroïsme de pacotille qui le fera engager dans la gendarmerie plus tard. Ma grand-mère est malade, souvent, et cuisine aux rencontres de son Alsace et du Levant des chenkalas et des kouglofs, des raviolis et des strudels, des roses des sables et des spätzles. Couple sacré d’inconscience du monde et d’égoïsme. L’Autre Guerre vient, et le gendarme qui hait la violence parvient à n’être envoyé qu’en Corse. Finie la guerre – il y ont eu trois enfants, ma mère, dernière.
C’était un milieu de pauvres, où l’on avait des poux et des morpions, où l’on ne se lavait pas tous les jours et les enfants devaient grandir par eux-mêmes, dans la rue qui était leur univers. Cette rue se couvrit de barbelés et de chicanes. Guerre déchirure. Des bombes y explosèrent, des hommes eurent des couteaux dans le dos, devant les yeux de ma mère. Pauvre chère âme que je fais si souvent souffrir, enfant cruel comme tout enfant, et qui sait déjà qu’il le regrettera terriblement ensuite, insensé cerveau si avide de malheur. Mon grand-père a des missions, son carnet en atteste, on n’en saura jamais rien. De ce qu’il a pu faire dans les montagnes il ne sera jamais parlé. Jamais si ce n’est tête baissée et le pli amer dans la bouche, avant de remettre de la musique légère, qu’on écoutera mieux encore, extrêmement attentivement, les mains posées sur les larges cuisses d’obèse.
Ils ne quitteront qu’à la toute fin leur pays : c’est en octobre-décembre 1962 que ma mère découvre la neige de la Loire dans ses espadrilles et sa légère robe à fleurs. Des successions plus simples et connues de tous amenèrent les deux branches à se rencontrer, la souche étroite incrustée jusqu’au plus intime du sol lyonnais et les larges feuillages emportés par le vent des drames et de la pauvreté. Les Trente Glorieuses moribondes achevaient leur miracle. Et je suis né.
CDXXXIV. - J'ai consommé, donc j'ai une existence sociale.
Je n'aurai pas de réveillon, semble-t-il. Pas plus mal, peut-être. On n'aura pas à supporter mes humeurs et mon absence de conversation.
Me suis vengé sur mon portefeuille, comme d'autres le font sur leur frigo, et suis revenu avec La Dolce Vita, My Own Private Idaho et Don Giovanni, que je regarderai demain soir en hurlant Don Giovanni ! A cenar teco m'invitasti - e son venuto ! Ferma un po', non si pasce di cibo mortale, chi si pasce di cibo celeste désespéré de douleur solitaire créée pour la circonstance verre à la main plaid sur les jambes et bouteille ouverte devant.
Et j'aurai aussi James Blunt et Franz Ferdinand et les Strokes et la B.O. de Shortbus et Bach et Chemical Romance et Joan Osborne et Malher pour les heures terribles et cyniques. Et j'aurai encore des Corto Maltese et des Mishima et des Palhaniuk et des Perec et des Ellis. Et j'aurai encore des livres et des papiers et des crayons et des pinceaux et des tubes et des huiles et des encres et des plumes. Ainsi vivrai-je longtemps.
Et je me gratterai la barbe de trois jours, l'aimant délicieusement dans le miroir.
L'incipit du jour à la mode :
"Je suis l'océan Pacifique et je suis le plus grand."
Je ne parlerai pas de Shortbus au sens où je ne commenterai pas le film, les plans, les séquences. D'autres l'ont fait, bien avant moi, bien plus posément et splendidement.
Je dirai seulement que ce film est magnifique. Et drôle.
Et puis je ferai ce que je sais si bien faire : je causerai de moi.
Or donc, j'y allais sous conseils. Avisés, souvent, ces conseils. Surtout pour occuper ma nécessairement morne & solitaire de soirée. Petite salle pleine de tout et de rien, de petits vieux et de grands gringalets crâne rasé et de femmes aux cheveux raides et de femmes aux cheveux épais pleins de fourrures fausses et de perles et de couples serrés l'un contre l'autre mains éternellement serrées et de corps seuls qui prennent un fauteuil supplémentaire pour se consoler et mettre le manteau.
Rire profond aux premières scènes. Rire de gorge qui fait tressauter sur le fauteuil et pester les Téléramistes à côté de moi grommelant tout du long du film contre la mauvaise qualité d'image et l'absence d'engagement et l'absurdité de la situation et le drame inabouti des sentiments et le ridicule de ces bites exhibées sans objet esthétique et ces sexes qui se ratent et ces effets spéciaux lamentables et cette queen au beurre noir.
Et puis lentement rire nerveux rire d'hésitation rire pouce sous les dents rire main devant la bouche rire touché rire peiné rire ému rire attendri rire de larmes rire alarmé rire gorge nouée rire serré rire retenu.
Sous l'oeil lascif que je portais sur Jay Brannan, mes contorsions pour le mieux voir à l'écran, je devinais que quelque chose de profond se passait. Je veux aussi un Shortbus. Je veux un endroit où l'on n'est pas là pour payer un verre des centaines de cents ni pour baiser nécessairement. Je veux un endroit de confidences éclatantes, de fauteuils dépravés et de coussins dont les rembourrages s'ouvrent d'usure comme des jambes de femmes. Je veux des vrais recoins qui sont des repos, et non des emménagements. Je veux un lieu d'accident, et d'universel. Je ne veux pas être là à épier, empalé sur mon tabouret - ou à faire l'indifférent, dans mon coin sur mon café, à crapoter une clope qui me fera toussoter pour appitoyer l'inconnu qui jamais n'y viendra. Je veux un lieu où je peux parler à tous et me taire quoi qu'il arrive, je veux un lieu d'humanité.
"C'est comme les années soixante, l'espoir en moins."
Au moins ça...
Comme toujours lorsqu'on va seul au cinéma, sorti avec la lenteur du goût dans la bouche. Celui qui reste lorsqu'on a resserré le manteau et fermé les boutons y compris celui du haut, contorsion du coude, et mis les mitaines et marché tranquillement, légèrement vacillant de la visière sur les yeux. L'air trop tiède pour apprécier, même sur les quais. Pas le plaisir de remonter son col ou de grelotter pour penser mieux.
Porte sagement fermée, alors qu'envie de voir du monde. Consolation sur le site de Jay Brannan, retrouver l'anglais, oublier un instant ses photos son visage son minois si bandant pour ses chansons berceuse doucement nocturne de Half-Boyfriend, tendresse d'Ever After Happily qui me fait voir combien brusquement maladivement soudainement un Antinoüs de petit Texan inconnu a suffit pour me rendre fanatique d'un musicien.
Je suis brannaniste extrémiste.
Je veux qu'on m'offre une place d'avion pour l'aller baver devant sa guitare au pub de Joe, à New York, NY, le 8 janvier. S'il vous plaît, missié. S'il vous plaît, Lecteur. Aidez-moi à débarquer au plus tard à 22h15 là-bas. Je veux voir chacun de ses petits doigts magnifiques caresser le ventre de sa guitare. Je ramasserai les poils qui tomberont de ses jambes exquisement velues et blondes. Je me ferai un collier de chacune des cordes pétées de sa guitare. J'enfermerai sous sachet à triple tour les cheveux qu'il vient si délicieusement de raser. J'attendrai à l'angle de Lafayette Street de 4th Avenue qu'il sorte du bar pour lui porter la housse, l'oeil ému d'admiration, grelottant de stupeur. Je tapisserai toute ma chambre de gris parce qu'il l'aime, et j'encastrerai tout comme lui mon frigo à côté de la fenêtre, sous des meubles de contreplaqué formica. Je me baladerai torse poil nu exhibé et je me coucherai sous son pied qu'il puisse reposer sa jambe de musicien sur mon ventre rebondi, jouant ses balades. Je ne me nourrirai que des plats qui apparaissent aux écrans de ses enregistrements derrière lui et je conserverai dans le formol la moindre de ses miettes de sandouitche. J'irai réserver tout l'hôtel où il est parfois réceptionniste pour le seulement croiser au matin embrumé de sommeil timide. Je veux baiser chaque apparition de sa main droite de terrifié qu'il porte à son cou repliée pour se protéger. Je recenserai chacun de ses blancs mignons, de ses hésitations et de ses doutes d'enregistrement. Je mourrai de faim vermoulu de champignons et d'humidité américaine à l'attendre devant la porte de sa dernière apparition, pendant qu'il sera déjà sur l'autre Côte, enfin célèbre, enfin adulé, enfin perdu à jamais.
Il va de soi que cette liste est pleine de mensonges et de pièges.
Mais je suis bonne âme. Je la mets tard, pour que personne ne la trouve.
Bon courage aux insensés qui iraient y chercher les élucubrations, les rajouts, les redites.
Note :
i. Ac : actuariat ;
ii. D : divers ;
iii. Dr : droit ;
iv. E : essai ;
v. H : histoire ;
vi. Ph : philosophie ;
vii. Po : Poésie ;
viii. R : romans et nouvelles ;
ix. SS : sciences sociales ;
x. Th : théâtre.
Et ce classement ne regarde que moi, pas la peine de commenter.
1. - (Ac) - Despeyroux & Levi & Partrat & Vignancour Aurélie & Charles & Christian & Jérôme - Techniques for valuation of a general insurance company within the framework of IAS standards Some proposals (2003).
2. - (Ac) - Helbronner Charles - Evaluation par garantie du besoin en fonds propres d'une activité d'assurance automobile (2003).
3. - (Ac) - Pernoud & Favre-Boivin Florent & Thierry - Maturity garantees embedded in unit-linked contracts Valuation & Risk-management (2003).
4. - (Ac) - Planchet & Jacquemin Frédéric & Julien - L'utilisation de méthodes de simulation en assurance Partie I : Générer des nombres aléatoires (2003).
5. - (Ac) - Planchet & Jacquemin Frédéric & Julien - L'utilisation de méthodes de simulation en assurance Partie II : Applications (2003).
6. - (Ac) - Planchet & Therond Frédéric & Pierre - Evaluation de l'engagement de l'entreprise associé à un plan de stock-options (2003).
7. - (Ac) - Walhin Jean-François - Primes glissantes et produits financiers Une relecture du travail de Charles Levi (2003).
8. - (D) - Khagna Lugdunensis Tribus Veterum - Annuaire 2002 Sympathisants et adhérents (2002).
9. - (D) - Khagna Lugdunensis Tribus Veterum - Bulletin n°11 Numéro spécial centenaire - 15 décembre 2001 (2002).
10. - (D) - Khagna Lugdunensis Tribus Veterum - Bulletin n°12 Janvier 2003 (2003).
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12. - (D) - Khagna Lugdunensis Tribus Veterum - Bulletin n°14 Mars 2006 (2006).
13. - (D) - ZZZ ZZZ - ENSAE - Annuaire des anciens élèves 2001-2002 (2002).
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15. - (E) - Galard & Gogois - Aude (de) & Leslie Amour - n'oubliez pas de dire "je t'aime" (2007).
16. - (E) - Boyer Pascal - Et l'homme créa les dieux Comment expliquer la religion (2001).
17. - (E) - Cheval Ferdinand - Le Palais Idéal du facteur Cheval (2007).
18. - (E) - Cioran Emmanuel - De l'inconvénient d'être né (1973).
19. - (E) - Diderot Denis - Ecrits sur le théâtre : 1. Le drame Discours sur la poésie dramatique (1995).
20. - (E) - Diderot Denis - Ecrits sur le théâtre : 1. Le drame Entretiens sur le fils naturel (Dorval et moi) (1995).
21. - (E) - Diderot Denis - Ecrits sur le théâtre : 2. L'acteur Lettres à mademoiselle Jodin (1995).
22. - (E) - Diderot Denis - Ecrits sur le théâtre : 2. L'acteur Paradoxe sur le comédien (1995).
23. - (E) - Diderot Denis - Ecrits sur le théâtre : 2. L'acteur Rémond de Sainte-Sabine, le comédien (1995).
24. - (E) - Dupont & Eloi Florence & Thierry - L'érotisme masculin dans la Rome antique (2001).
25. - (E) - Freud Sigmund - Cinq leçons de psychanalyse (1966).
26. - (E) - Freud Sigmund - Contribution à l'histoire du mouvement psychanalytique (1966).
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78. - (H) - Tacite Publius Cornelius Tacitus - Annales (1993).
79. - (H) - Tacite Publius Cornelius Tacitus - Histoires (1980).
80. - (H) - Tite-Live Titus Livius - Histoire romaine Livres I à V - De la fondation de Rome à l'invasion gauloise (1995).
81. - (H) - Tite-Live Titus Livius - Histoire romaine Livres VI à X - La conquête de l'Italie (1996).
82. - (H) - Tite-Live Titus Livius - Histoire romaine Livres XXI à XXV - La seconde guerre punique I (1993).
83. - (H) - Tite-Live Titus Livius - Histoire romaine Livres XXVI à XXX - La seconde guerre punique II (1994).
84. - (H) - Tite-Live Titus Livius - Histoire romaine Livres XXXI à XXXV - La libération de la Grèce (1997).
85. - (H) - Tite-Live Titus Livius - Histoire romaine Livres XXXVI à XL - Les progrès de l'hégémonie romaine I (1998).
86. - (H) - Xénophon - L'Anabase (1967).
87. - (H) - ZZZ ZZZ - Histoire Auguste Les empereurs romains des II° et III° siècles (1994).
88. - (Ma) - ZZZ ZZZ - Mathématiques - algèbre linéaire 117 exercices corrigés - Rappels de cours (1997).
89. - (Ma) - ZZZ ZZZ - Mathématiques - éléments d'analyse 143 exercices corrigés - Aide-mémoire (1997).
90. - (Ph) - Aristote - Ethique à Nicomaque (1992).
91. - (Ph) - Descartes René - Méditations métaphysiques Objections et réponses suivies de quatre lettres (1979).
92. - (Ph) - Epictète - Manuel (1995).
93. - (Ph) - Erasme Desiderius Erasmus Roterdamus - Eloge de la folie (1997).
94. - (Ph) - Kant Emmanuel - Que signifie s'orienter dans la pensée (1991).
95. - (Ph) - Kant Emmanuel - Qu'est-ce que les Lumières ? (1991).
96. - (Ph) - Kant Emmanuel - Vers la paix perpétuelle (1991).
97. - (Ph) - Leibniz Gottfried Wilhelm von - Monadologie (1996).
98. - (Ph) - Leibniz Gottfried Wilhelm von - Principes de la Nature et de la Grâce (1996).
99. - (Ph) - Locke John - Traité du gouvernement civil (1992).
100. - (Ph) - More Thomas - L'Utopie (1987).
101. - (Ph) - Nietzsche Fiedrich - Ecce homo (1996).
102. - (Ph) - Nietzsche Fiedrich - Généalogie de la morale (1996).
103. - (Ph) - Pascal Blaise - Pensées (1977).
104. - (Ph) - Platon - Apologie de Socrate (1965).
105. - (Ph) - Platon - Criton (1965).
106. - (Ph) - Platon - Le banquet (1992).
107. - (Ph) - Platon - Phédon (1965).
108. - (Ph) - Platon - Phèdre (1992).
109. - (Ph) - Plotin - Première énnéade Bonheur et durée (1997).
110. - (Ph) - Plotin - Première énnéade De la dialectique (1997).
111. - (Ph) - Plotin - Première énnéade De l'animal ? (1997).
112. - (Ph) - Plotin - Première énnéade De l'origine des maux (1997).
113. - (Ph) - Plotin - Première énnéade Des vertus (1997).
114. - (Ph) - Plotin - Première énnéade Du beau (1997).
115. - (Ph) - Plotin - Première énnéade Du bonheur (1997).
116. - (Ph) - Plotin - Première énnéade Du premier bien (1997).
117. - (Ph) - Plotin - Première énnéade Du suicide (1997).
118. - (Ph) - Plutarque - Dialogues (1995).
119. - (Ph) - Sénèque Lucius Annaeus Seneca - De la brièveté de la vie (1994).
120. - (Ph) - Sénèque Lucius Annaeus Seneca - De la clémence (1994).
121. - (Ph) - Sénèque Lucius Annaeus Seneca - De la colère (1994).
122. - (Ph) - Sénèque Lucius Annaeus Seneca - De la tranquillité de l'âme (1994).
123. - (Ph) - Sénèque Lucius Annaeus Seneca - De la vie heureuse (1994).
124. - (Ph) - Wittgenstein Ludwig - De la certitude (1965).
125. - (Ph) - Wittgenstein Ludwig - Investigations philosophiques (1961).
126. - (Ph) - Wittgenstein Ludwig - Tractatus logico-philosophicus (1961).
127. - (Ph) - Xénophon - Le banquet (1967).
128. - (Ph) - ZZZ ZZZ - La sainte Bible Traduction de Louis Segond révisée 1910 (1955).
129. - (Ph) - ZZZ ZZZ - Le Coran (1979).
130. - (Po) - Baudelaire Charles - Les fleurs du mal (1972).
131. - (Po) - Baudelaire Charles - Les paradis artificiels (1964).
132. - (Po) - Boileau Nicolas - Le lutrin (1969).
133. - (Po) - Boileau Nicolas - Satires (1969).
134. - (Po) - Dante Alighieri Dante - La divina comedia Inferno (1985).
135. - (Po) - Dante Alighieri Dante - La divine comédie Le paradis (1990).
136. - (Po) - Dante Alighieri Dante - La divine comédie Le purgatoire (1988).
137. - (Po) - Dante Alighieri Dante - La divine comédie L'enfer (1985).
138. - (Po) - Dante Alighieri Dante - La divine comédie Paradiso (1990).
139. - (Po) - Dante Alighieri Dante - La divine comédie Purgatorio (1988).
140. - (Po) - Dante Alighieri Dante - Vita nova (1995).
141. - (Po) - Gibran Khalil - Le Prophète (1993).
142. - (Po) - Heredia José-Maria - Les trophées (1981).
143. - (Po) - Horace - Art poétique (1967).
144. - (Po) - Horace - Chant séculaire (1967).
145. - (Po) - Horace - Epîtres (1967).
146. - (Po) - Horace - Epodes (1967).
147. - (Po) - Horace - Odes (1967).
148. - (Po) - Horace - Satires (1967).
149. - (Po) - Hugo Victor - L'art d'être grand-père (1995).
150. - (Po) - Hugo Victor - Les chansons des rues et des bois (1995).
151. - (Po) - Hugo Victor - Les châtiments (1938).
152. - (Po) - Lautréamont Comte de - Les chants de Maldoror (1995).
153. - (Po) - Lautréamont Comte de - Poésies I (1995).
154. - (Po) - Lautréamont Comte de - Poésies II (1995).
155. - (Po) - Lucrèce Titus Lucrecius Carus - De la nature (1964).
156. - (Po) - Manu Chao & Wozniak - Siibérie m'était conée … à tous les pécheurs du fleuve Amour (2004).
157. - (Po) - Ovide Publius Ovidus Naso - L'art d'aimer (1974).
158. - (Po) - Rimbaud Arthur - Poésies (1993).
159. - (Po) - Villon François - Poésies (1992).
160. - (Po) - ZZZ ZZZ - Demain dès l'aube Les cent plus beaux poèmes pour la jeunesse, choisis par les poètes d'aujourd'hui (1990).
161. - (R) - Apollinaire Guillaume - Les onze mille verges ou les amours d'un hospodar (1973).
162. - (R) - Apulée (Apuleius) Lucius - L'âne d'or ou les métamorphoses (1975).
163. - (R) - Asimoc Isaac - I, Robot Le cycle des robots (1967).
164. - (R) - Aymé Marcel - Le passe-muraille Nouvelles (1943).
165. - (R) - Balzac (de) Honoré - Adieu (1999).
166. - (R) - Balzac (de) Honoré - El Verdugo (1999).
167. - (R) - Balzac (de) Honoré - Eugénie Grandet (1925).
168. - (R) - Balzac (de) Honoré - Gambara (1999).
169. - (R) - Balzac (de) Honoré - Jésus-Christ en Flandre (1999).
170. - (R) - Balzac (de) Honoré - La peau de chagrin (1999).
171. - (R) - Balzac (de) Honoré - La recherche de l'absolu (1999).
172. - (R) - Balzac (de) Honoré - L'auberge rouge (1999).
173. - (R) - Balzac (de) Honoré - Le chef-d'œuvre inconnu (1999).
174. - (R) - Balzac (de) Honoré - Le colonel Chabert (1992).
175. - (R) - Balzac (de) Honoré - Le réquisitionnaire (1999).
176. - (R) - Balzac (de) Honoré - L'élixir de longue vie (1999).
177. - (R) - Balzac (de) Honoré - L'enfant maudit (1999).
178. - (R) - Balzac (de) Honoré - Les Marana (1999).
179. - (R) - Balzac (de) Honoré - Les martyrs ignorés (1999).
180. - (R) - Balzac (de) Honoré - Les proscrits (1999).
181. - (R) - Balzac (de) Honoré - L'interdiction (1992).
182. - (R) - Balzac (de) Honoré - Louis Lambert (1999).
183. - (R) - Balzac (de) Honoré - Maître Cornélius (1999).
184. - (R) - Balzac (de) Honoré - Massimilla Doni (1999).
185. - (R) - Balzac (de) Honoré - Melmoth réconcilié (1999).
186. - (R) - Balzac (de) Honoré - Pathologie de la vie sociale (1999).
187. - (R) - Balzac (de) Honoré - Petites misères de la vie conjugale (1999).
188. - (R) - Balzac (de) Honoré - Physiologie du mariage (1999).
189. - (R) - Balzac (de) Honoré - Séraphîta (1999).
190. - (R) - Balzac (de) Honoré - Sur Catherine de Médicis (1999).
191. - (R) - Balzac (de) Honoré - Un drame au bord de la mer (1999).
192. - (R) - Barbey d'Aurevilly Jules - Les Diaboliques (1973).
193. - (R) - Barrie James M. - Peter Pan (1991).
194. - (R) - Bassani Giorgio - L'Odeur du foin (1979).
195. - (R) - Bataille Georges - Histoire de l'œil (1979).
196. - (R) - Benchetrit Samuel - Récit d'un branleur (2000).
197. - (R) - Besson Philippe - L'arrière-saison (2002).
198. - (R) - Besson Philippe - Un garçon d'Italie (2003).
199. - (R) - Bobin Christian - Le très-bas (1992).
200. - (R) - Boulgakov Mikhaïl - Cœur de chien (1999).
201. - (R) - Boulgakov Mikhaïl - Diablerie (1987).
202. - (R) - Boulgakov Mikhaïl - La commune ouvrière Elpite n°13 (1987).
203. - (R) - Boulgakov Mikhaïl - La garde blanche (1969).
204. - (R) - Boulgakov Mikhaïl - Le Maître et Marguerite (1968).
205. - (R) - Boulgakov Mikhaïl - Les aventures de Tchitchikov (1987).
206. - (R) - Boulgakov Mikhaïl - Les œufs fatidiques (1987).
207. - (R) - Boulle Pierre - La planète des singes (1963).
208. - (R) - Boyle T. Coraghessan - Un ami de la terre (2001).
209. - (R) - Bradbury Ray - Chroniques martiennes (1955).
210. - (R) - Brontë Emily - Les hauts de Hurle-vent (1984).
211. - (R) - Brown Dan - Da Vinci code (2004).
212. - (R) - Brucknet Pascal - L'amour du prochain (2004).
213. - (R) - Bukowski Charles - Contes de la folie ordinaire (1977).
214. - (R) - Burston Paul - Sexe, amour et amitié (2003).
215. - (R) - Buzzati Dino - A monsieur le Directeur (1992).
216. - (R) - Buzzati Dino - Chasseurs de vieux (1992).
217. - (R) - Buzzati Dino - Dix-huitième trou (1992).
218. - (R) - Buzzati Dino - Douce nuit (1992).
219. - (R) - Buzzati Dino - Esclave (1992).
220. - (R) - Buzzati Dino - Et si ? (1992).
221. - (R) - Buzzati Dino - Général inconnu (1992).
222. - (R) - Buzzati Dino - Iago (1992).
223. - (R) - Buzzati Dino - Jeune fill qui tombe… tombe (1992).
224. - (R) - Buzzati Dino - La boîte de conserves (1992).
225. - (R) - Buzzati Dino - La chute du saint (1992).
226. - (R) - Buzzati Dino - La création (1992).
227. - (R) - Buzzati Dino - La leçon de 1980 (1992).
228. - (R) - Buzzati Dino - La tour Eiffel (1992).
229. - (R) - Buzzati Dino - L'arme secrète (1992).
230. - (R) - Buzzati Dino - L'ascenseur (1992).
231. - (R) - Buzzati Dino - L'autel (1992).
232. - (R) - Buzzati Dino - Le casse-pieds (1992).
233. - (R) - Buzzati Dino - Le chien vide (1992).
234. - (R) - Buzzati Dino - Le compte (1992).
235. - (R) - Buzzati Dino - Le défunt par erreur (1992).
236. - (R) - Buzzati Dino - Le Désert des Tartares (1990).
237. - (R) - Buzzati Dino - Le K (1992).
238. - (R) - Buzzati Dino - Le magicien (1992).
239. - (R) - Buzzati Dino - Le petit ballon (1992).
240. - (R) - Buzzati Dino - Le secret de l'écrivain (1992).
241. - (R) - Buzzati Dino - Le vent (1992).
242. - (R) - Buzzati Dino - Le veston ensorcelé (1992).
243. - (R) - Buzzati Dino - L'épuisement (1992).
244. - (R) - Buzzati Dino - Les bosses dans le jardin (1992).
245. - (R) - Buzzati Dino - Les dépassements (1992).
246. - (R) - Buzzati Dino - Les deux chauffeurs (1992).
247. - (R) - Buzzati Dino - L'humilité (1992).
248. - (R) - Buzzati Dino - L'œuf (1992).
249. - (R) - Buzzati Dino - Pauvre petit garçon ! (1992).
250. - (R) - Buzzati Dino - Petite Circé (1992).
251. - (R) - Buzzati Dino - Petites histoires du soir (1992).
252. - (R) - Buzzati Dino - Progressions (1992).
253. - (R) - Buzzati Dino - Quiz aux travaux forcés (1992).
254. - (R) - Buzzati Dino - Suicide au parc (1992).
255. - (R) - Buzzati Dino - Teddy boys (1992).
256. - (R) - Buzzati Dino - Ubiquité (1992).
257. - (R) - Buzzati Dino - Un amour trouble ? (1992).
258. - (R) - Buzzati Dino - Voyage aux Enfers du siècle (1992).
259. - (R) - Buzzati Dino - Week-end (1992).
260. - (R) - Calvino Italo - Le baron perché (1960).
261. - (R) - Camilleri Andrea - La Concession du téléphone (1999).
262. - (R) - Camus Albert - La peste (1947).
263. - (R) - Camus Albert - L'étranger (1942).
264. - (R) - Capote Truman - De sang-froid Récit véridique d'un meurtre multiple et de ses conséquences (1965).
265. - (R) - Carroll Lewis - Les aventures d'Alice au pays des merveilles (2005).
266. - (R) - Cayre Hannelore - Commis d'office (2004).
267. - (R) - Cayre Hannelore - Ground XO (2007).
268. - (R) - Cayre Hannelore - Toiles de maître (2005).
269. - (R) - Céline Louis-Ferdinand - Mort à crédti (1952).
270. - (R) - Céline Louis-Ferdinand - Voyage au bout de la nuit (1952).
271. - (R) - Cervantès Saavedra, de Miguel - L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche Tome I (1964).
272. - (R) - Cervantès Saavedra, de Miguel - L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche Tome II (1964).
273. - (R) - Chateaubriand (de) François-René - Mémoires d'outre-tombe Anthologie (2000).
274. - (R) - Chateaubriand (de) François-René - Mémoires d'outre-tombe Livres I à XII (1989).
275. - (R) - Chessex Jacques - Monsieur (2001).
276. - (R) - Cocteau Jean - Thomas l'imposteur (1923).
277. - (R) - Cohen Albert - Belle du Seigneur (1968).
278. - (R) - Cohen Albert - Le livre de ma mère (1954).
279. - (R) - Cohen Albert - Les valeureux (1969).
280. - (R) - Cohen Albert - Mangeclous (1965).
281. - (R) - Cohen Albert - Solal (1958).
282. - (R) - Constant Benjamin - Adolphe (2002).
283. - (R) - Cossery Albert - La maison de la mort certaine (2005).
284. - (R) - Cossery Albert - Les hommes oubliés de Dieu (2005).
285. - (R) - Cossery Albert - Mendiants et orgueilleux (2005).
286. - (R) - Cossery Albert - Un complot de saltimbanques (2005).
287. - (R) - Dahl Roald - Charlie et la chocolaterie (1987).
288. - (R) - Daudet Alphonse - Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon (1980).
289. - (R) - Des Forêts Louis-René - Ostinato (1997).
290. - (R) - Desproges Pierre - Vivons heureux en attendant la mort (1983).
291. - (R) - Dickens Charles - Oliver Twist (1994).
292. - (R) - Djian Philippe - Doggy Bag Saison 1 (2005).
293. - (R) - Donner Christophe - L'empire de la morale (2001).
294. - (R) - Dostoïevski Fiodor - Crime et châtiment (1972).
295. - (R) - Dostoïevski Fiodor - Le sous-sol (1969).
296. - (R) - Dostoïevski Fiodor - Les carnets de la maison morte (1999).
297. - (R) - Dostoïevski Fiodor - Les frères Karamazov (1972).
298. - (R) - Dostoïevski Fiodor - Les nuits blanches (1969).
299. - (R) - Dostoïevski Fiodor - Les possédés (1972).
300. - (R) - Dostoïevski Fiodor - L'éternel mari (1992).
301. - (R) - Dostoïevski Fiodor - L'idiot (1972).
302. - (R) - Dumas Alexandre - Le capitaine Pamphile (2003).
303. - (R) - Dumas Alexandre - Le comte de Monte-Cristo Tome I (1998).
304. - (R) - Dumas Alexandre - Le comte de Monte-Cristo Tome II (1998).
305. - (R) - Durrell Lawrence - Le Quatuor d'Alexandrie Balthazar (1992).
306. - (R) - Durrell Lawrence - Le Quatuor d'Alexandrie Clea (1960).
307. - (R) - Durrell Lawrence - Le Quatuor d'Alexandrie Clea (1992).
308. - (R) - Durrell Lawrence - Le Quatuor d'Alexandrie Justine (1992).
309. - (R) - Durrell Lawrence - Le Quatuor d'Alexandrie Mountolive (1959).
310. - (R) - Durrell Lawrence - Le Quatuor d'Alexandrie Mountolive (1992).
311. - (R) - Eco Umberto - Baudolino (2002).
312. - (R) - Eco Umberto - Comment voyager avec un saumon Nouveaux pastiches et postiches (1997).
313. - (R) - Eco Umberto - Le pendule de Foucault (1990).
314. - (R) - Eco Umberto - L'île du jour d'avant (1996).
315. - (R) - Eco Umberto - Pastiches et postiches (1988).
316. - (R) - Ellis Bret Easton - American psycho (1991).
317. - (R) - Ellis Bret Easton - Glamorama (2000).
318. - (R) - Ellis Bret Easton - Les lois de l'attraction (1988).
319. - (R) - Ellis Bret Easton - Lunar park (2005).
320. - (R) - Ellis Bret Easton - Moins que zéro (1999).
321. - (R) - Ellis Bret Easton - Zombies (1996).
322. - (R) - Ernaux Annie - Se perdre (2001).
323. - (R) - Falkner John Meade - Le Stradivarius perdu (1995).
324. - (R) - Falkner John Meade - Moonfleet (1994).
325. - (R) - Faulkner William - Sanctuaire (1972).
326. - (R) - Fénelon François de Salignac de la Mothe-Fénelon - Les aventures de Telemaque Fils d'Ulysse (1738).
327. - (R) - Fielding Helen - L'âge de raison (1999).
328. - (R) - Fielding Helen - Le journal de Bridget Jones (1998).
329. - (R) - Flaubert Gustave - Bouvard et Pécuchet (1998).
330. - (R) - Flaubert Gustave - Dictionnaire des idées reçues (1998).
331. - (R) - Flaubert Gustave - L'éducation sentimentale Histoire d'un jeune homme (1983).
332. - (R) - Flaubert Gustave - L'éducation sentimentale Histoire d'un jeune homme (1985).
333. - (R) - Flaubert Gustave - Madame Bovary Mœurs de province (1964).
334. - (R) - Flaubert Gustave - Salammbô (1970).
335. - (R) - Gide André - La symphonie pastorale (1997).
336. - (R) - Gide André - Les caves du Vatican (1997).
337. - (R) - Gide André - Les faux-monnayeurs (1997).
338. - (R) - Gide André - Les nourritures terrestres (1936).
339. - (R) - Gide André - Les nouvelles nourritures terrestres (1936).
340. - (R) - Gide André - Si le grain ne meurt (1997).
341. - (R) - Giono Jean - Le chant du monde (1934).
342. - (R) - Gogol Nicolas - La perspective Nevski (1979).
343. - (R) - Gogol Nicolas - Le journal d'un fou (1979).
344. - (R) - Gogol Nicolas - Le manteau (1979).
345. - (R) - Gogol Nicolas - Le nez (1979).
346. - (R) - Gogol Nicolas - Le portrait (1979).
347. - (R) - Gogol Nicolas - Les âmes mortes Poème (1990).
348. - (R) - Gogol Nicolas - Taras Boulba (1991).
349. - (R) - Gontcharov Ivan Alexandronovitch - Oblomov (2007).
350. - (R) - Grass Günter - Le tambour (1997).
351. - (R) - Hemingway Ernest - Le vieil homme et la mer (1989).
352. - (R) - Herbert Franck - Dune I (1972).
353. - (R) - Herbert Franck - Dune II (1972).
354. - (R) - Herbert Franck - Le messie de Dune (1972).
355. - (R) - Herbert Franck - L'empereur-dieu de Dune (1982).
356. - (R) - Herbert Franck - Les enfants de Dune (1978).
357. - (R) - Hesse Hermann - Narcisse et Goldmund (1948).
358. - (R) - Homère - Iliade (1998).
359. - (R) - Homère - Odyssée (1998).
360. - (R) - Houellebecq Michel - Extension du domaine de la lutte (1994).
361. - (R) - Houellebecq Michel - La possibilité d'une île (2005).
362. - (R) - Houellebecq Michel - Les particules élémentaires (1998).
363. - (R) - Houellebecq Michel - Plateforme (2001).
364. - (R) - Hugo Victor - Bug-Jargal (1996).
365. - (R) - Hugo Victor - Claude Gueux (1996).
366. - (R) - Hugo Victor - Han d'Islance (1996).
367. - (R) - Hugo Victor - Le dernier jour d'un condamné (1996).
368. - (R) - Hugo Victor - Les misérables Tome I (1992).
369. - (R) - Hugo Victor - Les misérables Tome II (1992).
370. - (R) - Hugo Victor - Les misérables Tome III (1992).
371. - (R) - Hugo Victor - Quatre-vingt-treize (1994).
372. - (R) - Huxley Aldous - Brave New World (1994).
373. - (R) - Huysmans Joris-Karl - À rebours (1977).
374. - (R) - Irving John - Le monde selon Garp (1980).
375. - (R) - Ishiguro Kazuo - Quand nous étions orphelins (2001).
376. - (R) - James Henry - Le tour d'écrou (1995).
377. - (R) - Joffo Joseph - Un sac de billes (1973).
378. - (R) - Jouve Pierre-Jean - Paulina 1880 (1959).
379. - (R) - Joyce James - Ulysse Tome I (1957).
380. - (R) - Joyce James - Ulysse Tome II (1957).
381. - (R) - Kawabata Yasunari - Le grondement de la montagne (1969).
382. - (R) - Kawabata Yasunari - Récits de la paume de la main (1999).
383. - (R) - Koestler Arthur - Le zéro et l'infini (1945).
384. - (R) - Koestler Arthur - Spartacus (2005).
385. - (R) - Kundera Milan - L'insoutenable légèreté de l'être (1989).
386. - (R) - La Fayette (de) Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse - La princesse de Clèves (1935).
387. - (R) - Laclos Pierre Choderlos de - Les liaisons dangereuses (1993).
388. - (R) - Lambron Marc - Une saison sur la terre (2006).
389. - (R) - Lampedusa Giuseppe Tomasi di - Le guépard (1996).
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391. - (R) - Le Clézio Jean-Marie Gustave - Le chercheur d'or (1985).
392. - (R) - Leroux Gaston - Le fantôme de l'Opéra (1959).
393. - (R) - Leroy J.T. - Sarah (2001).
394. - (R) - Lewis Gregory - Le moine (1996).
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440. - (R) - Pasolini Pier Paolo - Les anges distraits (1995).
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442. - (R) - Perec Georges - "53 jours" (1989).
443. - (R) - Perec Georges - Cantatrix Sopranica L. Experimental demonstration of the tomatotopic organization in the Soprano (1991).
444. - (R) - Perec Georges - Distribution spatio-temporelle de Coscinoscera Victoria, Coscinosceratigrata carpenteri, Coscinoscera punctata Barton & Coscinoscera nigrostriata d'Iputupi (1991).
445. - (R) - Perec Georges - Espèces d'espaces (2000).
446. - (R) - Perec Georges - La disparition (2002).
447. - (R) - Perec Georges - La vie, mode d'emploi Romans (1978).
448. - (R) - Perec Georges - La vie, mode d'emploi Romans (2002).
449. - (R) - Perec Georges - Le voyage d'hiver (2002).
450. - (R) - Perec Georges - Les choses (2002).
451. - (R) - Perec Georges - Les revenentes (2002).
452. - (R) - Perec Georges - Présentation De la Beauce à Notre-Dame de Chartres (1991).
453. - (R) - Perec Georges - Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ? (2002).
454. - (R) - Perec Georges - Un cabinet d'amateur (2002).
455. - (R) - Perec Georges - Un homme qui dort (2002).
456. - (R) - Perec Georges - Une amitié scientifique et littéraire : Léon Burp et Marcel Gotlib suivi de Considérations nouvelles sur la vie et l'œuvre de Romuald de Saint-sohaint (1991).
457. - (R) - Perec Georges - W ou le souvenir d'enfance (1975).
458. - (R) - Perec & Matthews Georges & Harry - Roussel et Venise Esquisse d'une géographie mélancolique (1991).
459. - (R) - Pétrone Caius Petronius Arbiter - Le satiricon (1969).
460. - (R) - Piave Francesco Maria - La Traviata (1997).
461. - (R) - Pierrat Emmanuel - L'industrie du sexe et du poisson pané (2004).
462. - (R) - Poe Edgar Allan - Les Aventures d'Arthur Gordon Pym de Nantucket (2007).
463. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination A Descent into the Maelström (1993).
464. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination Ligeia (1993).
465. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination Loss of Breath (1993).
466. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination MS. Found in a Bottle (1993).
467. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination Shadow - A Parable (1993).
468. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination Silence - A Fable (1993).
469. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination Some Words with a Mummy (1993).
470. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Black Cat (1993).
471. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Cask of Amontillado (1993).
472. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Facts in the Case of M. Valdemar (1993).
473. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Fall of the House of Usher (1993).
474. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Gold Bug (1993).
475. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Man of the Crowd (1993).
476. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Masque of the Red Death (1993).
477. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Murders in the Rue Morgue (1993).
478. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Mystery of Marie Rogêt (1993).
479. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Oblong Box (1993).
480. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Oval Portrait (1993).
481. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Pitt and the Pendulum (1993).
482. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Premature Burial (1993).
483. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Purloined Letter (1993).
484. - (R) - Poe Edgar Allan - Tales of Mistery and Imagination The Tell-Tale Heart (1993).
485. - (R) - Pourriol Ollivier - Le peintre au couteau (2004).
486. - (R) - Pourriol Ollivier - Mephisto valse (2001).
487. - (R) - Pouy Jean-Bernard - 1280 âmes (2000).
488. - (R) - Pouy Jean-Bernard - Le petit bluff de l'alcootest (2006).
489. - (R) - Pratchett Terry - Les Annales du Disque-Monde La Huitième couleur (1996).
490. - (R) - Pratchett Terry - Les Annales du Disque-Monde La Huitième fille (1994).
491. - (R) - Pratchett Terry - Les Annales du Disque-Monde Le Huitième sortilège (1993).
492. - (R) - Pratchett Terry - Les Annales du Disque-Monde Mortimer (1994).
493. - (R) - Pratchett Terry - Les Annales du Disque-Monde Sourcellerie (1999).
494. - (R) - Pratchett & Gaiman Terry & Neil - De bons présages (1995).
495. - (R) - Prévost Antoine François, Abbé - Manon Lescaut (1960).
496. - (R) - Queneau Raymond - Les derniers jours (1963).
497. - (R) - Queneau Raymond - On est toujours trop bon avec les femmes Un roman irlandais de Sally Mara (1971).
498. - (R) - Queneau Raymond - Zazie dans le métro (1996).
499. - (R) - Rabelais François - Gargantua (1972).
500. - (R) - Rabelais François - Le cinquième livre (1997).
501. - (R) - Rabelais François - Le tiers-livre (1997).
502. - (R) - Rabelais François - Pantagruel (1972).
503. - (R) - Rabelais François - Pantagruéline prognostication (2002).
504. - (R) - Rabelais François - Quart livre (1998).
505. - (R) - Radiguet Raymond - Le Bal du comte d'Orgel (1923).
506. - (R) - Radiguet Raymond - Le diable au corps (1923).
507. - (R) - Rambaud Patrick - Bernard Pivot reçoit… Breton, Camus, Céline, Cendrars, Cocteau, Malraux, Mauriac, Queneau, Sartre et Vian (2001).
508. - (R) - Rech Jean-Louis - Les joies de la ressemblance 5 nouvelles érotiques gay (2002).
509. - (R) - Rettenmund Matthew - Boy Culture (2000).
510. - (R) - Rolin Olivier - Méroé (1998).
511. - (R) - Roth Philip - Defender of the Faith (1986).
512. - (R) - Roth Philip - Eli, the Fanatic (1986).
513. - (R) - Roth Philip - Epstein (1986).
514. - (R) - Roth Philip - Goodbye, Columbus (1986).
515. - (R) - Roth Philip - La tache (2002).
516. - (R) - Roth Philip - The Conversion of the Jews (1986).
517. - (R) - Roth Philip - You Cant't Tell a Man by the Song He Sings (1986).
518. - (R) - Rowling Joanne Kathleen - Harry Potter À l'école des sorciers (1998).
519. - (R) - Rowling Joanne Kathleen - Harry Potter Et la chambre des secrets (1999).
520. - (R) - Rowling Joanne Kathleen - Harry Potter Et la coupe de feu (2001).
521. - (R) - Rowling Joanne Kathleen - Harry Potter Et le prince de sang-mêlé (2005).
522. - (R) - Rowling Joanne Kathleen - Harry Potter Et le prisonnier d'Azkaban (1999).
523. - (R) - Sadde Donatien-Alphone-François - Justine Les malheurs de la vertu (1973).
524. - (R) - Sade Donatien-Alphonse-François - La philosophie dans le boudoir (1994).
525. - (R) - Sade Donatien-Alphonse-François - Les 120 journées de Sodome L'école du libertinage (1975).
526. - (R) - Saint Pol Thibaut de - N'oubliez pas de vivre (2004).
527. - (R) - Saint-Exupéry, de Antoine - Le Petit Prince (1946).
528. - (R) - Saint-Exupéry, de Antoine - Terre des hommes (1939).
529. - (R) - Schmitt Eric-Emmanuel - L'Evangile selon Pilate (2005).
530. - (R) - Scott Walter - Quentin Durward (1994).
531. - (R) - Scott Fitzgerald Francis - The Great Gatsby (1993).
532. - (R) - Sienkiewicz Henryk - Quo vadis ? (2002).
533. - (R) - Simon Claude - La route des Flandres (1960).
534. - (R) - Simon Yves - La voix perdue des hommes (2001).
535. - (R) - Soljénitsyne Alexandre - La maison de Matriona (1965).
536. - (R) - Soljénitsyne Alexandre - Terre des hommes (1939).
537. - (R) - Soljénitsyne Alexandre - Une journée d'Ivan Denissovitch (1965).
538. - (R) - Stack John - Le complot des franciscains (2005).
539. - (R) - Stendhal Henri Beyle - La chartreuse de Parme (1962).
540. - (R) - Stendhal Henri Beyle - Le rouge et le noir (1972).
541. - (R) - Sterne Laurence - Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme (1982).
542. - (R) - Stevenson Robert Louis - L'île au trésor (1982).
543. - (R) - Stoker Bram - Dracula (1975).
544. - (R) - Styron William - Le choix de Sophie (1981).
545. - (R) - Süskind Patrick - Le parfum Histoire d'un meurtrier (1986).
546. - (R) - Swift Jonathan - Voyages de Gulliver (1976).
547. - (R) - Teulé Jean - Je, François Villon (2006).
548. - (R) - Teulé Jean - Le Magasin des suicides (2007).
549. - (R) - Teulé Jean - Ô Verlaine (2004).
550. - (R) - Teulé Jean - Ô Verlaine ! (2004).
551. - (R) - Tolkien John Ronald Reuel - Contes et légendes inachevés Le premier âge (1982).
552. - (R) - Tolkien John Ronald Reuel - Contes et légendes inachevés Le second âge (1982).
553. - (R) - Tolkien John Ronald Reuel - Contes et légendes inachevés Le troisième âge (1982).
554. - (R) - Tolkien John Ronald Reuel - Faërie (1974).
555. - (R) - Tolkien John Ronald Reuel - Le Silmarillion (1978).
556. - (R) - Tolstoï Leon - Anna Karénine (1972).
557. - (R) - Tolstoï Leon - Guerre et paix Tome I (1972).
558. - (R) - Tolstoï Leon - Guerre et paix Tome II (1972).
559. - (R) - Toole John Kennedy - La conjuration des imbéciles (1981).
560. - (R) - Toussaint Jean-Philippe - Faire l'amour (2002).
561. - (R) - Tropper Jonathan - Le livre de Joe (2006).
562. - (R) - Vargas Fred - Debout les morts (2000).
563. - (R) - Verlaine Paul - La bonne chanson (1993).
564. - (R) - Verlaine Paul - Romance sans paroles (1993).
565. - (R) - Verlaine Paul - Sagesse (1993).
566. - (R) - Verne Jules - La maison à vapeur Tome I (1991).
567. - (R) - Verne Jules - La maison à vapeur Tome II (1991).
568. - (R) - Verne Jules - Le Château des Carpathes (2006).
569. - (R) - Verne Jules - Le docteur Ox Tome I (1981).
570. - (R) - Verne Jules - Le rayon vert (2004).
571. - (R) - Verne Jules - Le Sphinx des glaces (1970).
572. - (R) - Verne Jules - Les cinq cents millions de la Begum (1991).
573. - (R) - Verne Jules - Les enfants du capitaine Grant Tome I (1981).
574. - (R) - Verne Jules - Les enfants du capitaine Grant Tome II (1981).
575. - (R) - Verne Jules - Les tribulations d'un Chinois en Chine (2000).
576. - (R) - Verne Jules - L'île à hélice (2005).
577. - (R) - Verne Jules - Paris au XX° siècle (1994).
578. - (R) - Verne Jules - Robur le Conquérant (1979).
579. - (R) - Verne Jules - Un capitaine de quinze ans Tome I (1981).
580. - (R) - Verne Jules - Un capitaine de quinze ans Tome II (1981).
581. - (R) - Verne Jules - Vingt mille lieues sous les mers Tome I (1981).
582. - (R) - Verne Jules - Vingt mille lieues sous les mers Tome II (1981).
583. - (R) - Vian Boris - Ecrits pornographiques (1980).
584. - (R) - Vinge Vernor - Rainbows End (2007).
585. - (R) - Virgile Publius Vergilius Maro - Enéide (1991).
586. - (R) - Wenworth Patricia - Meurtre à Craddock House (2004).
587. - (R) - Woolf Virginia - Mrs Dalloway (1994).
588. - (R) - Yourcenar Marguerite - Carnet de notes pour les mémoires d'Hadrien (1974).
589. - (R) - Yourcenar Marguerite - Mémoires d'Hadrien (1974).
590. - (R) - Zweig Stefan - Amok (1991).
591. - (R) - Zweig Stefan - Brûlant secret (1991).
592. - (R) - Zweig Stefan - Conte crépusculaire (1991).
593. - (R) - Zweig Stefan - La collection invisible (1991).
594. - (R) - Zweig Stefan - La confusion des sentiments (1991).
595. - (R) - Zweig Stefan - La femme et le paysage (1991).
596. - (R) - Zweig Stefan - La nuit fantastique (1991).
597. - (R) - Zweig Stefan - La peur (1991).
598. - (R) - Zweig Stefan - La pitié dangereuse (1991).
599. - (R) - Zweig Stefan - La ruelle au clair de lune (1991).
600. - (R) - Zweig Stefan - Le bouquiniste Mendel (1991).
601. - (R) - Zweig Stefan - Le chandelier enterré (1991).
602. - (R) - Zweig Stefan - Le joueur d'échecs (1991).
603. - (R) - Zweig Stefan - Leporella (1991).
604. - (R) - Zweig Stefan - Les deux jumelles (1991).
605. - (R) - Zweig Stefan - Lettre d'une inconnue (1991).
606. - (R) - Zweig Stefan - Rachel contre Dieu (1991).
607. - (R) - Zweig Stefan - Révélation inattendue d'un métier (1991).
608. - (R) - Zweig Stefan - Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (1991).
609. - (R) - Zweig Stefan - Virata (1991).
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642. - (SS) - Neveu Erik - Sociologie des mouvement sociaux (1996).
643. - (SS) - OFCE - L'économie française 1997 (1997).
644. - (SS) - Queneau Raymond - Exercices de style (1995).
645. - (SS) - Robert Michel - Sociologie rurale (1986).
646. - (SS) - Villieu Patrick - Macroéconomie Consommation et épargne (1997).
647. - (SS) - Weber Max - Les sectes protestantes et l'esprit du capitalisme (1964).
648. - (SS) - Weber Max - L'éthique protestante et l'esprit du capitalisme (1964).
649. - (SS) - ZZZ ZZZ - Le travail, quel avenir ? (1997).
650. - (Th) - Beaumarchais (de) Pierre-Augustin Caron - La mère coupable (1984).
651. - (Th) - Beaumarchais (de) Pierre-Augustin Caron - Le mariage de Figaro (1984).
652. - (Th) - Claudel Paul - Partage de midi (1949).
653. - (Th) - Corneille Pierre - Le Cid (1994).
654. - (Th) - Corneille Pierre - Polyeucte (1991).
655. - (Th) - Eschyle - Agamemnon (1964).
656. - (Th) - Eschyle - Les Choéphores (1964).
657. - (Th) - Eschyle - Les Perses (1964).
658. - (Th) - Eschyle - Les Sept contre Thèbes (1964).
659. - (Th) - Eschyle - Les suppliantes (1964).
660. - (Th) - Eschyle - Prométhée enchaîné (1964).
661. - (Th) - Euripide - Alceste (1962).
662. - (Th) - Euripide - Andromaque (1962).
663. - (Th) - Euripide - Electre (1962).
664. - (Th) - Euripide - Hécube (1962).
665. - (Th) - Euripide - Hippolyte (1962).
666. - (Th) - Euripide - Ion (1962).
667. - (Th) - Euripide - Iphigénie à Aulis (1962).
668. - (Th) - Euripide - Iphigénie en Tauride (1962).
669. - (Th) - Euripide - La folie d'Héraclès (1962).
670. - (Th) - Euripide - Le Cyclope (1962).
671. - (Th) - Euripide - Les Bacchantes (1962).
672. - (Th) - Euripide - Les Héraclides (1962).
673. - (Th) - Euripide - Les Phéniciennes (1962).
674. - (Th) - Euripide - Les suppliantes (1962).
675. - (Th) - Euripide - Les Troyennes (1962).
676. - (Th) - Euripide - Médée (1962).
677. - (Th) - Euripide - Oreste (1962).
678. - (Th) - Euripide - Rhésos (1962).
679. - (Th) - Hugo Victor - Hernani (1938).
680. - (Th) - Hugo Victor - Les jumeaux (1938).
681. - (Th) - Hugo Victor - Marion de Lorme (1938).
682. - (Th) - Hugo Victor - Ruy Blas (1965).
683. - (Th) - Hugo Victor - Torquemada (1938).
684. - (Th) - Jarry Alfred - Ubu cocu (2000).
685. - (Th) - Jarry Alfred - Ubu enchaîné (2000).
686. - (Th) - Jarry Alfred - Ubu roi (2000).
687. - (Th) - Jarry Alfred - Ubu sur la butte (2000).
688. - (Th) - Marivaux Pierre Carlet de Chamblain de - Les fausses confidences (1992).
689. - (Th) - Molière - Dom Juan ou le festin de pierre (1991).
690. - (Th) - Molière - Le bourgeois gentilhomme (1985).
691. - (Th) - Molière - Le Tartuffe (1963).
692. - (Th) - Molière - Les femmes savantes (1976).
693. - (Th) - Molina Tirso de - Le séducteur de Séville (1935).
694. - (Th) - Perec Georges - La poche Parmentier (1981).
695. - (Th) - Perec Georges - L'augmentation (1981).
696. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Amphytrion (1991).
697. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Casina Les tireurs de sort (1991).
698. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Charançon (1991).
699. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Epidicus (1991).
700. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - La comédie de la corbeille (1991).
701. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - La comédie de la marmite (1991).
702. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - La comédie des ânes (1991).
703. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - La comédie du fantôme (1971).
704. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Le brutal (1971).
705. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Le carthaginois (1971).
706. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Le cordage (1971).
707. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Le marchand (1991).
708. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Le perse (1971).
709. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Le soldat fanfaron (1971).
710. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Les Bacchis (1991).
711. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Les Ménechmes (1991).
712. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Les prisonniers (1991).
713. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Les trois écus (1971).
714. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - L'imposteur (1971).
715. - (Th) - Plaute Titus Maccius Plautus - Stychus (1971).
716. - (Th) - Racine Jean - Andromaque (1990).
717. - (Th) - Racine Jean - Phèdre (1991).
718. - (Th) - Romains Jules - Knock Ou le Triomphe de la Médecine (1924).
719. - (Th) - Rostand Edmond - Cyrano de Bergerac (1990).
720. - (Th) - Shakespeare William - Beaucoup de bruit pour rien (1964).
721. - (Th) - Shakespeare William - Comme il vous plaira (1964).
722. - (Th) - Shakespeare William - Henry VIII All Is True (1997).
723. - (Th) - Shakespeare William - Henry VIII Tout est vrai (1997).
724. - (Th) - Shakespeare William - La deuxième partie d'Henri VI La première partie de la lutte entre les deux illustres maisons de York et de Lancastre (1997).
725. - (Th) - Shakespeare William - La première partie d'Henri VI (1997).
726. - (Th) - Shakespeare William - La seconde partie d'Henry IV (1997).
727. - (Th) - Shakespeare William - La tragédie d'Antoine et Cléopâtre (1995).
728. - (Th) - Shakespeare William - La tragédie de Coriolan (1995).
729. - (Th) - Shakespeare William - La tragédie de Jules César (1995).
730. - (Th) - Shakespeare William - La tragédie de Macbeth (1995).
731. - (Th) - Shakespeare William - La tragédie d'Othello le maure de Venise (1995).
732. - (Th) - Shakespeare William - La tragédie du roi Lear (1995).
733. - (Th) - Shakespeare William - La tragédie du roi Richard II (1997).
734. - (Th) - Shakespeare William - La tragédie du roi Richard III (1997).
735. - (Th) - Shakespeare William - La très lamentable tragédie romaine de Titus Andronicus (1995).
736. - (Th) - Shakespeare William - La troisième partie d'Henri VI La tragédie véridique de Richard duc d'York et du bon roi Henri VI (1997).
737. - (Th) - Shakespeare William - La vie d'Henri V (1997).
738. - (Th) - Shakespeare William - La vie et la mort du roi Jean (1997).
739. - (Th) - Shakespeare William - Le marchand de Venise (1964).
740. - (Th) - Shakespeare William - L'excellente et rès émouvante tragédie de Roméo et Juliette (1995).
741. - (Th) - Shakespeare William - L'histoire d'Henri IV (1997).
742. - (Th) - Shakespeare William - Sir Thomas More (texte anglais) (1997).
743. - (Th) - Shakespeare William - Sir Thomas More (texte français) (1997).
744. - (Th) - Shakespeare William - The First Part of Henry the Sixth (1997).
745. - (Th) - Shakespeare William - The History of Henry the Fourth (1997).
746. - (Th) - Shakespeare William - The Life and Death of King John (1997).
747. - (Th) - Shakespeare William - The Life of Henry the Fifth (1997).
748. - (Th) - Shakespeare William - The Most Excellent and Lamentable Tragedy of Romeo and Juliet (1995).
749. - (Th) - Shakespeare William - The Most Lamentable Roman Tragedy of Titus Andronicus (1995).
750. - (Th) - Shakespeare William - The Second Part of Henry the Fourth (1997).
751. - (Th) - Shakespeare William - The Second Part of Henry the Sixth The First Part of the Contention of the Two Famous Houses of York and Lancaster (1997).
752. - (Th) - Shakespeare William - The Third Part of Henry the Sixth The True Tragedy of Richard Duke of York and the Good King Henry the Sixth (1997).
753. - (Th) - Shakespeare William - The Tragedy of Antony and Cleopatra (1995).
754. - (Th) - Shakespeare William - The Tragedy of Coriolan (1995).
755. - (Th) - Shakespeare William - The Tragedy of Hamlet, Prince of Denmark (1995).
756. - (Th) - Shakespeare William - The Tragedy of Julius Caesar (1995).
757. - (Th) - Shakespeare William - The Tragedy of King Lear (1995).
758. - (Th) - Shakespeare William - The Tragedy of King Richard the Second (1997).
759. - (Th) - Shakespeare William - The tragedy of King Richard the Third (1997).
760. - (Th) - Shakespeare William - The Tragedy of Macbeth (1995).
761. - (Th) - Shakespeare William - The Tragedy of Othello the Moor of Venice (1995).
762. - (Th) - Shakespeare & Middleton William & Thomas - La vie de Timon d'Athènes (1995).
763. - (Th) - Shakespeare & Middleton William & Thomas - The Life of Timon of Athens (1995).
764. - (Th) - Sophocle - Ajax (1964).
765. - (Th) - Sophocle - Antigone (1964).
766. - (Th) - Sophocle - Electre (1964).
767. - (Th) - Sophocle - Les limiers (1964).
768. - (Th) - Sophocle - Les Trachiniennes (1964).
769. - (Th) - Sophocle - Œdipe à Colone (1964).
770. - (Th) - Sophocle - Œdipe roi (1964).
771. - (Th) - Sophocle - Philoctète (1964).
Je ne doute pas, Lecteur, que vous attendiez de moi avec impatience des détails divers sur :
i. La Vitesse ;
ii. Les Blogs ;
iii. Mes Origines ;
iv. Les Enseignants ;
Toutes choses qui cogitent et mûrissent lentement.
Sauf qu'il a été décidé que je prendrai un bain, bouillant, et m'irai dormir au cinéma.
Par extraordinaire, toutefois, à propos de liste de lecture il sera fait état. Ecoutez donc, car voici :
i. Fight Club, de Chuck Palahniuk. Un grand, moi j'dis, un grand ! Et en sus, pour ceux qui ne savent que vivre dans leur sexualité, l'auteur est homosexuel. On s'en tape, en fait, le popotin et la fesse par terre.
iii. Solal, d'Albert Cohen. Etrange que de lire le premier livre de Cohen après tous les autres. Surtout quand on y découvre, effrayé, ce qui arrive à Salomon et l'oncle Saltiel. Surtout quand on voit le tragique de Solal. Cohen, l'un des grands de ce siècle défunt, où je naquis, et où il est mort. L'un de ces écrivains qui vous extraient les tripes, vous les mettent au nez et pleurer et rire et sourire et lamenter en trois mots.
iv. Carus, Carinus, Numerianus, de Flavius Vospicus de Syracuse, qui clôt ainsi six mois en compagnie latescente avec les empereurs du troisième siècle.
On l'aura remarqué, il n'y a pas d'item ii. C'est volontaire.
La citation du jour :
"Idem seuuerus laetus, comis grauis, lasciuus cunctator, tenax liberalis, simplex simulator, saeuus clemens et semper in omnibus uarius."
CDXXIX. - Où il ne sera qu'évoqué, qu'esquissé, qu'effleuré.
J'ai entamé une chose phénoménale dont il ne sera pas traité ici, si ce n'est par ceci :
J'ai entamé une chose phénoménale dont il ne sera pas traité ici, si ce n'est par ceci.
En attente, Lecteur, et pour faire sourire l'animal A*** (qui fait partie cependant du groupe plus général de mes Lecteurs), je dirai que le décompte de ma bibliothèque parisienne aboutit désormais à 686 titres, hors bédés, magazines et polycopes de cours.
La citation de Sire Constance Houpa :
"Erreur système - problème de configuration.
Vous n'avez pas entamé la bonne procédure pour mise en application du programme "approche et séduction". Veuillez vous référer au manuel fourni avec l'applicatif (code erreur 4£58%#e)."
(Assez content de ma trouvaille pour bouter les fâcheux hors de mon bled)
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
J'ai effectivement pu me pochtronner au caribou et au vin chaud.
N'empêche, l'ambiance de la famille tous les uns sur les autres, moi, de moins en moins... ça donne sommeil. C'est le plus sûr moyen de s'évader ; sinon, il faut toujours veiller à ce que l'un ou l'autre pourrait dire, à vous voir, à vous surprendre, à jaillir dans votre pièce.
Sans compter que dès que je pénètre dans cette maison, je m'enrhume.
Voilà l'attente, l'inexorable et vibrionante attente, dont les rouages s'enclenchent lentement : attendre autour de la table faite, attendre devant la télé, attendre l'un et attendre l'autre et, en fin de compte, cette perpétuelle impression d'une fuite éperdue du temps que je n'ai jamais eue qu'ici. Cette impression d'inutilité, d'impuissance, de phrases sans conséquences qui font le banal quotidien de l'amour familial. Le salon qui croule sous les décombres hideux en plastique de découvertes en supermarchés (Père Noël qui joue du violon, bonhomme de neige qui tourne la tête de façon supposée mignonne). Lire un bouquin est impossible - la lecture est entrecoupée - on se rattrape à des bédés lues vingt fois, toujours les mêmes, de retour en retour, histoire de pouvoir les quitter plus rapidement à l'appel : venir voir ça, descendre l'escalier pour calmer telle question brusquement fondamentale, courir à l'autre bout de la maison pour dire qu'on est là, oui.
L'inévitable stress paternel qui va monter d'ici une heure, les engueulades qui vont suivre. Les disputes sur la fraîcheur des plats - mon père qui va commencer à somnoler dans un coin, ma mère qui va se rattraper au repas qu'elle aura si précieusement mesuré depuis des semaines, les discussions qui vont immanquablement tourner sur l'informatique, terrain neutre, et l'Algérie, terrain d'ancêtres.
Distribution des cadeaux - la même cérémonie drôlatique qui permet de sauver tant que faire se peut le naufrage annuel. Mon père qui dort dans son fauteuil, jouant l'indifférent, ma mère qui retient ses larmes devant son indifférence et qui se promet, pour la vingtième fois pleurnichant, de ne plus faire d'effort l'année suivante. Ma grand'tante, éperdue d'amour octogénaire, qui aura encore trouvé pour nous des merveilles dérisoires avec sa petite pension d'aide-soignante, et à laquelle on n'arrive décidément pas à faire comprendre que l'important n'est pas le cadeau mais elle.
L'ennui profond dont l'unique issue n'est, pour tous, que le sommeil et la fatigue. On ne peut vivre à Lyon qu'en dormant - ou en mangeant dans ses cafés éclatants, loin de la famille.
Décidément, j'aime l'hiver glacial, je n'aime pas les fêtes.
Solitude incandescente de cette heure d'attente. Tout empaqueté, prêt. Parfaite satisfaction du thé qu'on sirote, attendant. Bien faire semblant de se brûler pour avoir le confort des grimaces. Ouh, que c'est chaud. Et aspirer de l'air, frottant pouce contre paume creuse, manie fréquente.
Porter alors l'ongle du pouce au sourcil, autre manie, puis gratter l'occiput, troisième manie. Enchaîner en regardant l'écran. Il suffit de quelques secondes et l'on partira.
Ô terre d'ancêtres ! Ô terre mal-aimée ! Ô terre fuie avec joie ! Prépare-toi, me voici. Nous irons, joie pure, parmi toi, et avec conscience on s'ennuyera dans ton pays froid. Il n'y a rien - car je connais tes deux vallons et ton aqueduc par coeur. J'y retournerai pourtant, pouvoir dormir !, pour donner dans l'usage imbécile. Qu'il fasse froid, glacial, terre ! Ton sol gelé comme jadis ! Ta boue craquée de verre sous les semelles !
Et le corbeau pesant hors de l'arbre des haies, sous ta glace effarée, ainsi que dans l'opus 100.
Je me disais bien que ça semblait un opéra vachement innovant : entrée directe avec un petit choeur de quelques secondes - après tout, le Falstaff de Verdi pouvait avoir des plagiaires par anticipation, et poum, directement entrée dans le vif du sujet avec un banquet délirant de champagne, d'amiraux et de veuves.
D'office, le librettiste nous recasait un petit pastiche de la scène du jardin de Figaro, afin de permettre la réconciliation des deux époux. Diantre, me dis-je, passant aux chemises, il va vite son train, ça en promet des rebondissements avec d'autres tromperies, d'autres vengeances assassines et un meurtre de carnaval à la fin.
Il est vrai que je n'écoutais que d'une oreille (les antibiotiques m'ont filé une migraine assez épouvantable, j'en ai hurlé de douleur cette nuit et j'ai encore l'impression d'avoir le cerveau décollé).
Ah, ah ! Ingénieuse, mais classique, après tout, l'ouverture intermédiaire, casée en plein opéra, juste avant le troisième acte. Ca permet de se reposer après l'entr'acte, et de se remettre en selle pour la suite. Audacieuse, parce que pleine de bravoure et de promesses d'airs, de rappels des précédents, et surtout après la sobriété du début de l'opéra. En plus, l'acte trois commence avec un remake assez drôle d'Anna Karénine.
Tout de même, au bout de la pile de chemises et de l'acte III je fais plus attention aux paroles. Y'a kèkchoz qui coule pas, qu'a pas l'air cohérent, vraiment, ou alors pour le coup c'est vraiment de la narration opératique hyper-innovante, et même les contemporains ils n'osent pas trop. Du coup, j'ai éteint le fer pour vérifier le livret.
CDXXIV. - Scrate la zique de Sire Constance d'Avance.
On va me dire que c'est un chanteur à midinettes... c'est vrai.
Cependant je me dis que la stratégie communicante de nos médias incapables (incapables d'eux-mêmes, certes, mais aussi parce que nous nous nourrissons, nous jouissons de leur incapacité) nous retrace si bien là, tout de suite, un moment de notre histoire qu'on referait le coup de la fausse stupeur en mai 2007 que ça ne me surprendrait pas.
Il faudrait que je change mon système de liste, et que je compte plutôt les jours où il n'y a pas un incident technique dans le métro. Ca me prendrait moins de temps. Et même, les mois passants, je n'aurais plus à m'occuper de cette liste.
L'introduction de la culture du résultat dans les administrations et services ou entreprises publics montre encore tous les paradoxes de la sémantique. Quand je parle de culture du résultat, pour le public, j'entends le son de qualité et le son d'efficacité (la tarte à la crème de la qualité du service public qu'on nous rabâche à chaque grève à coup de fonctionnaires de première zone tout contents d'être devant la même caméra que M. Pernaud).
C'est tout de même dommage de se dire que les services publics, ayant le temps devant eux, et étant hors d'une logique de rentabilité, pouvaient trouver le temps de construire la qualité et l'efficacité. N'avoir plus à attendre des heures pour être reçu à un guichet, où l'on vous renverra à un autre. N'avoir plus à errer de bureau de Poste en bureau de Poste avant de retirer votre colis. Ne plus récupérer d'un petit voyage pas loin du grand tunnel blanc avec des perfs partout dans un couloir de réa où se bousculent les infirmières stressées et les médecins à café. N'avoir plus des mouroirs divers - mouroirs de vieux pauvres, mouroirs de vieux riches, mouroirs d'enfants désespérés - tous cloîtrés, encerclés en eux-mêmes et par les autres. N'avoir plus cet axe Marseille-Lyon-Paris qui nourrit la France et qui est sa seule structure, au-delà de laquelle il n'y a rien. N'avoir plus des réformes claironnées du système de soin qui ne sont jamais que de la poudre aux yeux et des cadeaux électoraux aux médecins généralistes et financiers aux assureurs. Ce sont là quelques exemples personnels, je laisse chacun y mettre les siens.
N'avoir plus cette gloriole désuette de nation mémé souffreteuse qui veut montrer qu'elle peut encore danser le jerk, dandinant ses pantoufles nucléaires et ses jupons aéronautiques, et redevenir une jeune petite nation, plus humble, plus responsable et plus inventive, plus innovante et plus accueillante.
À la place, on a pris culture du résultat pour celui qui est en bas du compte d'exploitation annuel. Evidemment. Entre les grands commis de l'Etat qui se sacrifient dans privé, et les nuls du privé qu'on recase dans les ministères, la pseudo-culture friedmanienne simpliste de troisième zone a vite fait de se tailler une part dans la peau miteuse du lion. Exemple déjà cité - mais que je trouve exemplaire - le résultat net de la RATP qui a doublé en un an (avec les aléas dans la... "qualité" du service qui s'ensuivent). Je suis sûr qu'en farfouillant dans les comptes vus au niveau des analystes financiers de grandes boîtes d'Etat, puis en grattant un peu plus, on tomberait toujours sur les mêmes conclusions : résultat en hausse, santé de l'entreprise en chute, qui justifiera par la suite une mise en concurrence (le public étant incapable d'assumer ses charges), les entreprises du privé se taillant des croupières et les infrastructures coûteuses (rail, fils de transport électrique, fils téléphoniques...) étant bien entendu à la charge de la collectivité.
Groumpf. Culture du résultat. Je vais t'en foutre, moi. Faudrait déjà voir réellement ce qu'elle donne, cette foutue culture du résultat, dans les boîtes privées, les crânes d'oeuf.
- 2 -
Des fêtes religieuses
Tout en poursuivant ma marche, du pas pédestre et chaussé qui me caractérise (lent et sénatorial, dos raide et faites-moi pas chier), je croisais sur la place tout un groupe assemblé. Chic, chic, chic, y'avait même un brasero, et moi qui aime bien l'un ou l'autre marron chaud.
Okay, m'a fallu du temps pour comprendre que le truc au-dessus du brasero, le machin hideux en plastique avec des loupiottes était une menorah, et que tous les hommes portaient kippah, pendant que les bambins bataillaient dur du chevalier et de la princesse. Ca devait une fête quelconque liée à Hanukkah.
M'en fous, m'en tape. Je trouve qu'il y a nettement plus de sincérité qu'ailleurs dans ces petites manifestations de coin de rue, avec brasero et simplicité, où l'on ne vient pas faire de grandes démonstrations ni de grands jeux d'orgues, où l'on se retrouve entre frères humains. Ce sont dans ces petites kermesses de l'homme qu'il peut y avoir de la foi.
Et puis pouvoir jouer à l'épée en plastique en pleine rue sans que les parents vous engueulent, ça le fait grave.
- 3 -
Du froid et de la pensée
Ce qu'il y a d'agréable dans le froid - lorsqu'on n'est plus trop malade - est qu'il s'en dégage une lenteur, s'il est glacial. Tout va plus lentement, tout est plus silencieux, et les pensées viennent plus aisément.
- 4 -
De ce que je ne dirai pas
J'ai cependant une interrogation qui me travaille depuis quelques jours, mais je n'en ferai pas état ici.
- 5 -
L'incipit à la mode du jour
"L'oncle Saltiel s'était réveillé de bonne heure. À la fenêtre du pigeonnier qui, depuis de nombreuses années, lui servait de demeure et qui était posé de travers sur le toit de la fabrique désaffectée, le petit vieillard brossait avec minutie sa redingote noisette et chantait à tue-tête que l'Eternel était sa force et sa tour et sa force et sa tour. Il s'arrêtait parfois pour aspirer les senteurs que le vent de mars lançait sur l'île de Céphalonie. Puis il reprenait, les sourcils froncés, son importante besogne. Il sifflotait de bonheur en pensant que dans quatre heures il ferait la promenade habituelle du lundi avec son neveu bien-aimé."
Jean ajusta son nœud d’un geste précis. Pas la peine de regarder dans la glace, depuis le temps il savait. Et puis les cravates avaient toute une marque, maintenant, plus facile pour repérer où commencer. Il palpa sa veste pour vérifier le portefeuille, chercha rapidement sa mallette en prenant ses clefs sur la tablette. Tiens, elle n’était pas à côté du manteau.
Il alla dans son bureau. Non plus. Ni sur le fauteuil. Jean marcha à grands pas vers la cuisine, regarda à côté de la poubelle. Ni dans le salon. Pas moyen de sortir sans. Où avait-il pu la poser hier soir, bon sang ? Il respira un bon coup, essayant de se rappeler. Il était rentré. Il avait ôté écharpe et manteau, puis avait fait un tour direct vers la machine pour voir où en était la lessive programmée.
Il retourna dans la cuisine, fouilla autour du lave-linge. Toujours rien, quelques chemises qui restaient. Il ne pouvait pas partir sans. Il ne devait pas partir sans. Il n’avait pas le droit. Et il était déjà sept heures. Comme s’il n’avait pas suffisamment de stress, déjà, avec le boulot. Si en plus il perdait la mallette réglementaire. Ils allaient pas le louper.
Bordel, où est-elle, nom de Dieu !
Il sentit que ses mains se mettaient légèrement à trembler. C’était pas le moment. Surtout pas. Rester calme. Chercher.
Il essaya de rester calme et chercha.
Il s’énerva et il chercha de plus en plus nerveusement. C’était pas possible, bon sang ! Ni là ! Pas là ! Pas là ! Où se cachait-elle ?
Souffle coupé. Il s’assit, tremblant. S’essuya le visage avec les mains. S’essuya les mains sur les cuisses. Frotta ses cuisses avec les poings. Repoussa la mèche pleine de sueur qui battait sur son front.
Quel con. Elle était là.
Il s’en empara, prit son manteau, son écharpe et sortit, prenant soin de fermer convenablement la porte. Il était en retard.
En tournant l’angle, il passa un doigt dans le col de sa chemise. Ça allait. Pas trop mouillée par la sueur, on verrait rien. Il n’aurait pas de remarque. C’était l’essentiel.
Sauf qu’il ne vit pas le type arriver. Jean lui rentra dedans, l’autre trébucha. Merdemerdemerdemerde. L’escouade. Ils avaient vu. Merde !
Pourtant, les militaires ne faisaient rien. Ils le longèrent, indifférents. Yeux énormes, Jean regarda le type. Et souffla. Le type avait un bleu et était agenouillé en posture du pardon en lui tendant la mallette. Imbécile d’Inoccupé. Salop de chômeur. Même réquisitionné et aux travaux forcés fallait toujours que ces types vous bousillent l’existence. Y’avait pas moyen. A se demander pourquoi même on les laissait travailler, c’est plutôt uniquement sur eux qu’on aurait dû établir la Régularisation. Connard.
Jean chopa sa mallette et lui frappa la tête. Quelle heure ? Sept heures vingt. Non, plus le temps. Connard.
« Tu m’attends là, t’as compris ? Tu m’attends là et tu dis que c’est le 7548/4AJ qui t’as donné l’ordre ! Tu attends et quand ce soir je reviens je veux te trouver ici avec un manche de pioche pour que je te défonce ton sale crâne d’Inocc. Tu bouges pas et tu restes à genoux ! Connard ! »
Le type baissa sa tête servile, sans moufter. Jean le montra du doigt à l’escouade pour qu’ils le lui gardent et partit en courant, fonçant vers le premier métro qui passait. Il tendit sa mallette, la rame s’ouvrit. L’Innoccupé de service lui prit la mallette, et la rangea pendant qu’il s’asseyait. Quand il vit que son nom s’affichait au-dessus de sa tête, Jean 7548/4AJ, il se dit que tout allait bien. Il avait sa mallette. Un type l’attendait pour ce soir, et il pourrait en faire ce qu’il voulait sans que personne ne râle. Tout roule.
Il descendit à l’échangeur, et commença à suivre avec la foule les couloirs de correspondance. De loin en loin, il devait bousculer des Inoccs qui étaient pas foutus de faire ce qu’on leur demandait sans gêner les travailleurs. Ça l’énervait. C’était vraiment pas le jour. Surtout qu’encore pour ces histoires de sécurité on avait augmenté le nombre des escouades. Jean les croisait, toujours un peu nerveux. Comme tout le monde. Jamais agréable de voir des militaires, le doigt sur la gâchette. On les avait toujours vu, c’est vrai. N’empêche. Mieux valait éviter de se faire voir, surtout dans le métro, ils y étaient toujours plus efficaces. Faire comme tout le monde : tant qu’on n’est pas Innocc, marcher sûr de son droit mais sans se faire remarquer. Pas la tête haute. Rapide, sans plus.
Dans le grand hall, une voix féminine disait sur des écrans de synthèse qu’aujourd’hui, conformément au décret sur la Régularisation un certain nombre de travailleurs allaient être tirés au sort afin de permettre l’équilibre des caisses de solidarité intergénérations. Ah oui, on était mercredi.
Jean prit l’escalator en marchant. Il arriva au sommet en même temps qu’une escouade. Zut. Bon, la mallette en avant, c’était l’essentiel. Tête dans les épaules, et basta. Rien d’autre que lui et la mallette.
Lorsqu’il les dépassa, Jean vit un index quitter le pontet du fusil. Il déglutit.
Marche droit. N’aies l’air de rien te reprocher.
Le chef d’escouade échangeait quelques mots avec le radio.
Jean continuait de marcher. Il fallait qu’il se force à avoir les épaules dégagées. Surtout ne pas montrer qu’il avait peur. Surtout ne pas faire sentir qu’on pouvait lui reprocher quoi que ce soit. Surtout ne pas faire sentir qu’il aurait pu perdre sa mallette ce matin.
Aux aguets. Il marchait, il savait que son pas oscillait légèrement. Mais il savait que les pas de ses voisins hésitaient tout autant.
Derrière eux l’escouade s’était arrêtée en haut de l’escalator. Il y avait un bruit, c’était le radio. Ou les soldats qui armaient.
Continuer à marcher.
Les soldats libérèrent la sûreté. Jean entendit le froissement de la crosse contre leur épaule.
Continuer à marcher.
Autour de lui, tout le monde continuait de marcher. Droit devant. Regard fixe. Surtout sans se retourner.
Continuer à marcher.
L’escouade tira. Le son explosa sous les voûtes. Ils n’avaient pas mis le silencieux.
Continuer à marcher.
Un Innocc s’avança pour nettoyer le cadavre. Trop tôt. Un coup le faucha.
Continuer à marcher.
Des balles firent des trous aux deux torses et aux deux têtes. C’était bon.
Continuer à marcher.
Les autres Innoccs s’approchèrent, et commencèrent à traîner les corps.
Continuer à marcher.
Jean avait dépassé le groupe d’Innoccs, il ne voyait plus que le quai du métro, quelques mètres devant lui.
Continuer à marcher.
Il passa la voûte et remonta le quai, hors d’atteinte des balles, malaxant la poignée de sa mallette entre les mains. C’était bon pour cette fois encore. Il souffla, relevant la tête pour regarder les décorations de la station. Elle était entièrement gravée de la Déclaration des droits et de la sécurité. Jean la connaissait par cœur, à la voir tous les matins. C’était pourtant rassurant de faire face à quelque chose de constant et d’intangible. C’était calmant, de chercher les mots et les phrases dans les lettres qui se juxtaposaient sur les carreaux de faïence.
Avec le grondement traditionnel de tout métro, la rame arriva. Il y avait presse. Jean poussa sa mallette en avant et fit la queue, en ordre. Une escouade surveillait. Par rangs de deux, d’abord les sortants, ensuite ceux qui entrent. Il laissa sa mallette à l’Innocc et alla s’asseoir. Dire qu’il y avait eu un temps, paraît-il, où l’on pouvait devoir être debout. Incontestablement, on avait fait un énorme progrès. Confort. Sécurité.
Jean s’appuya confortablement contre le dossier. Tout allait bien. Plus que quelques minutes de trajet et il serait au travail. Il sourit à son voisin. De toute manière l’Innocc l’avertirait, il pouvait fermer les yeux, bercé par les rythmes de la mécanique.
Il ouvrit brusquement les yeux. Le trajet semblait plus long que d’habitude. Il ne lui semblait pas avoir entendu le buzzer de la quatrième station. Ses voisins restaient tout aussi droits que lui dans les sièges, mais tous regardaient par les vitres.
Le couloir du métro était noir. Il était noir, sans aucun éclairage, et le métro descendait. Jean regarda au bout de la travée. L’Innocc était droit et raide, au garde-à-vous, il avait les yeux fous. Jean lui fit signe. Il refusa de s’approcher.
Pas possible. C’était bien la première fois. Complètement épaté, Jean n’essaya même pas de rappeler le type pour lui filer la baffe qu’il méritait.
L’Innocc se retourna, souleva un panneau et appuya sur un bouton.
Jean retint son souffle. Il avait compris. C’était même pas la peine que la suite s’enchaîne. Il savait.
Tous les passagers avaient compris. Au-dessus de chacune des têtes le numéro ne s’affichait plus de sa lumière pâle. Il serra les bras de son fauteuil. Il avait terriblement mal au ventre. Plus mal au ventre que dans toute rafle économique. Il avala sa salive, elle lui brûla la gorge.
Et il sourit. Tous souriaient, désespérés et calmes.
Et le métro continuait d’être avalé par la bouche d’ombre, jusqu’à l’éternité.
CDVIII. - Sancho Pança, ayant relu son courrier pour être sûr.
Je ne vais pas le voir. Je ne vais pas le voir. Je ne vais pas le voir. Je ne vais pas le voir. Je ne vais pas le voir. Je ne vais pas le voir. Je ne vais pas le voir. Je ne vais pas le voir. Je ne vais pas le voir.
Je vais le rencontrer. Je vais le rencontrer. Je vais le rencontrer. Je vais le rencontrer. Je vais le rencontrer. Je vais le rencontrer. Je vais le rencontrer. Je vais le rencontrer. Je vais le rencontrer.
CDXIV. - Ces cinq centimètres qui m'ont empêché de jouir.
En passant quelquefois aux Halles, il m'était arrivé de le remarquer. Il m'avait plu. Des fois, je le croisais pas hasard ; plus récemment, je faisais un détour pour aller le voir.
Le temps fut long. Il fallut que je me convainque progressivement que je pouvais l'approcher, le toucher, caresser sa peau lisse et douce. Il fallait parfois un peu bousculer des gens, pour parvenir jusqu'à lui.
Un jour, je me suis glissé entre ses bras. J'y étais bien, comme jamais. Complètement à mon aise, comme si déjà nous ne faisions plus qu'un, partant vers de nouveaux rêves. J'étais encore hésitant : je me disais que c'était trop tôt, que je n'avais pas l'âge encore, que c'était ambitieux, presque consumériste d'agir ainsi. Je pouvais attendre, encore.
Et puis, j'ai vu l'hiver à ma fenêtre. Je me suis dit que l'heure de toutes les folies était maintenant possible chez moi. Que rien ne me retenait au dehors, ni aux Halles, et qu'il devait pouvoir venir chez moi. Nous étions tombés d'accord sur le jour, j'avais tout préparé, et j'attendais, impatient.
Sauf qu'il n'y avait que cinq centimètres. Ce n'est pas grand, cinq centimètres. À peine la taille de l'annulaire. Mais ces cinq centimètres ont détruit toutes mes espérances, tous mes espoirs, toutes mes ambitions de douceur accomplie dans la tiédeur de mon appartement.
Car à cause de ces putains de cinq centimètres de trop, il ne peut pas passer la porte, ce salop de fauteuil club !
La citation à la mode du jour :
"La toile domine un long canapé blanc sans pieds et un récepteur digital Toshiba à écran de soixante-quinze centimètres, image haute définition et contraste optimum, pourvu d'une vidéo sur un support tubulaire high-tech de chez NEC, avec système digital d'incrustation et arrêt sur image ; le matériel audio comprend un MTS et un ampli de cinq watts par canal intégrés. Un magnétoscope Toshiba est posé sous le récepteur, sous un couvercle de verre ; c'est une console Beta hyperbande dont les fonctions incorporées incluent l'édition de documents écrits, avec une mémoire de huit pages, un système d'enregistrement /reproduction de haute fréquence, et la programmation sur trois semaines de huit programmes fixes."
CDXIII. - Vies et Opinions de Tristram Shandy, Gentilhomme.
Il y a quelque chose de frustrant à se dire que je ne saurai jamais ce qu'il advint des amours de l'oncle Toby, ni des inquiétudes de Mrs Wadman. Que j'ignorerai tout de la manière dont la perruque à la Ramillies de l'oncle Toby put survivre au carnage réparatoire de Trim, et ce que Trim fit de sa mantera. Je ne pourrai jamais savoir pourquoi Tristram dut payer la route quand il prit la mer, ni l'histoire du Roi de Bohème et de ses sept châteaux, et encore moins ce qui des Nez de Strasbourg et des Pantoufles mérite le plus d'attention, et pourquoi un fauteuil dont une boule manque n'est plus vraiment un fauteuil.
Je me demanderai encore ce qu'il advint du forceps du docteur Slop, et des culottes rouges de Toby, et encore de la malédiction que Walter conseilla à l'encontre d'Obadiah ainsi que des moustaches de la Reine de Navarre.
Qu'y fallait-il que je découvre sous l'encre noire de la page noire, et sous la page noire des pages à marbrures ? Pourquoi le dessin des premiers livres est-il si tarabiscoté, et comment Mrs Wadman fit-elle pour voir où l'oncle Toby avait été frappé, à Namur ?
Comment Tristram a-t-il survécut à la fermeture de la fenêtre à guillotine, et sa mère à l'arrêt de l'horloge du grand escalier ? Et d'ailleurs, que peut-on savoir de la vie du frère Tom dans les geôles de l'Inquisition, et de la façon dont il convient de siffler Lillabulero ?
Ce livre devrait être interdit. Il est délicieusement démoniaque.
Je n'ai jamais été un garçon très expansif, très drôle, très enthousiaste : je suis du signe des nés sous la lune, des cyclothimiques et des moroses. Je peux passer de (rares) instants enthousiastes à de (profonds et récurrents) moments pas jouasses et de haine de moi.
Il y a quelques temps, j'ai connu une histoire qui m'avait rendu tout fou : on a fait suffisamment de pub comme cela dessus. Et puis elle s'est finie : on a fait aussi suffisamment de pub comme cela dessus. Non qu'elle soit la cause en rien, je ne pense pas. Simplement, comme les ondes parfois se chevauchent et se cumulent, la fin de l'une - qui m'a fait beaucoup de mal - est allé avec le début de l'autre - qui m'en a fait encore plus.
Depuis, je ne fais que me traîner de moments de doutes en instants de déréliction. J'ai (re-)découvert le renfermement sur moi, et exploré récemment les plaisirs physiques des crises d'angoisse. Je me rends compte que plus je me réfugie dans l'univers de mon appartement, à mûrir sous la couette des rêves hébetés, moins je vois de monde, moins j'entends parler du monde, mieux je me porte. Ou disons moins je me porte mal.
Sans me l'avouer, je me pose plein de questions. Je me fais une fierté de mon petit titre d'actuaire, et de mon bureau au 36e d'une tour de la Défense, avec sa vue imprenable sur Paris. En fait, je ne sais plus trop ce que je veux, vraiment : ce qui me fait tripper suffisamment pour m'empêcher de dormir la nuit, mais sans peine. Mon boulot m'empêche de dormir la nuit, mais c'est parce que j'en stresse.
Je me demande ce que je veux. Je me demande ce que je veux faire de ma vie. Des vagues rêves & espoirs de l'enfance et de l'adolescence, j'ai l'impression d'en avoir fait le solde - beaucoup ont été des échecs lamentables. Comment construire des rêves, quand on approche de trente ans, et qu'en fait tous les rêves qu'on a appris à construire n'ont jamais été que des rêves de pognon, de puissance et de mobilier Ikéa, qui se trouvent très rapidement vis-à-vis de la réalité des catalogues de la Redoute et de la vie de bureau ?
Je me trouve sans cesse face à cette intrinsèque contradiction : aimer le confort, et haïr ce qui l'apporte. Vouloir être écrivain, et se savoir pas suffisamment robuste pour mener quoi que ce soit à terme. Avoir un besoin vital de tendresse, et n'être qu'au bout du compte que systématiquement odieux, insistant, lourd, pesant.
Il est étrange de n'être plus à l'orée des chemins : le croisement est loin derrière moi, à ce moment où j'ai choisi une école de stats plutôt que de continuer des Lettres - et même alors, déjà, je pense que c'était fait : je serai devenu prof, et tout aussi minable. Je suis sur la route, elle continue dans une vallée morne, et je continue de marcher en me demandant la validité d'une telle action. Je le fais parce que je le dois - entre autre pour me nourrir, et maintenir ce niveau de confort dont j'ai pris l'habitude. Je ne le fais pas parce que j'en ai envie, ni besoin.
Le résultat des courses est que le ouiquennede n'est même pas l'occasion de me rattraper : il me faut trop de temps, moralement, pour me mettre dans un mode autre que celui du travail, et de la vie qui va avec. Je végète, je regarde l'écran sans rien y lire vraiment, je mets de la musique et je me rappelle, déjà, ma jeunesse.
J'ai très peu d'amis - comme beaucoup de parisiens. Nous travaillons, nous prenons des directions opposées, et l'on se rend compte de dîners en dîners que nous n'avons plus les mêmes centres d'intérêt et que nous ne savons plus parler que de travail. Loin, loin, les moments où l'on se confiait en retenant ses larmes ses peines et ses douleurs. On est solide, forcément. En fait, on s'ennuie les uns des autres : beaucoup, après des années d'état moribond, j'ai fini par arrêter de les appeler. Je suis d'une génération d'hommes seuls, où à force de croire que tout est immédiat et accessible, nous ne connaissons plus personne, sinon des amis à usage unique.
J'ai bien conscience que mon adolescence s'est finie : mon âge adulte commence, et je ne sais pas comment lui donner un corps. Ni même, en fait, si j'ai envie qu'il en ait un. Tout ce que je veux entreprendre se trouve trop rapidement confronté à la raison supérieure de l'utilité - à la question irrémédiable du "à quoi bon ?". Ou, plus prosaïquement, à la difficulté de faire comprendre que je n'ai pas envie que d'un tirage de spaghetti, avec ou sans crème fouettée - sans chercher l'Unique, le grand amûr et le fûtre.
Se laissez emballer par ses sentiments n'est jamais facile. On a peur d'être emporté par un flux sans fin. Une fois, on s'y glisse. On part, dans le flot. C'est magnifique. Tumultueux. C'est éblouissant, on est extatique d'illuminations.
Brusquement, la rivière nous rejette sur le côté. Et on n'y peut retourner. Alors on s'assied, et on la regarde passer, fasciné par la lumière sur l'eau. On meurt de s'y noyer de nouveau. Et on craint d'y retrouver le même inouï.
Les poumons ont goûté le moelleux de l'eau, et ils se retrouvent de nouveau à l'air. Que faut-il faire ? Respirer en être normal ou de nouveau jouer au poisson ?
Et l'on reste, ainsi, sur la rive, stupide et encore mouillé, tandis que le ciel ne nous sèche pas de ses nuages. Des promeneurs s'arrêtent, nous pressent l'épaule : nous faisons un geste et, en fin de compte, nous restons assis.
Je ne sais s'il s'agit d'un nouvel accord international lié à l'intérêt supérieur des économies sous-jacentes ou d'un arrêté quelconque dont j'ai eu à subir les effets. Je ne voudrais tout de même pas supputer une intervention divine, extra-terrestre ou paranormal (ou franc-maçonne, c'est tout comme à ce stade du discours), mais voici.
On m'a commandé au débotté une tarte Tatin. Je sais faire la tarte Tatin, plutôt honorablement. J'ai donc commis une tarte Tatin, et enfourné le tout.
En la sortant du four, il faut la retourner, pour qu'elle prenne ses aises dans le plat. Je l'ai donc sortie, et retournée.
Splash !
Blop, blop, blop.
Ca, c'est le bruit d'un liquide brun qui s'écroule du moule sur la cuisinière, et puis goutte, y compris sur mon bennard et mes pantoufles.
De tarte, nada.
Soit mon four est le lieu d'une transformation alchimique jamais recensée, soit on vient d'inventer les pommes qui fondent à la cuisson.
Je n'avais jamais vu ça. On m'avait tout fait, avec les fruits. Du fruit vendu rouge vif qui a l'air mûr et qui en est aussi loin que mes besicles d'une paire de lunettes "mouche" à la mode, au fruit qui l'air encore en attente et pourri déjà à l'intérieur, en passant par celui qui pourrit sans mûrir, celui qui n'a aucun goût, celui qui a celui de la farine, celui qui n'est que de la flotte et celui qui est vide.
Mais alors ça.
Le fruit qui fond !!!
Moralité : Vais encore enrichir mon pâtissier ce soir. Faiche.
Ce matin, sautant d'une pensée à l'autre entre deux trébuchements mal réveillés, je me suis souvenu que non seulement il y a des airs que j'aime tout particulièrement
Voi che sapete,
Non so più cosa son, cosa faccio,
Non più andrai, farfallone amoroso,
Notte e giorno faticar,
Madamina, il catalogo è questo (que je n'arrive pas à siffler) Là ci darem la mano,
Deh vieni alla finestra,
Der Vogelfänger bin ich ja,
Der Hölle Rache kocht in meinem Herzen (mais en sifflant je me plante toujours dans les aigus) Lascia ch'io pianga
et que je sifflote régulièrement - le plus fréquent étant le second air de Chérubin, qui est du domaine du quotidien, parce qu'il me permet de passer et ma bonne et ma mauvaise humeur. Le lecteur attentif aura remarqué qu'il s'agit, à un près, d'airs mozartiens, et venus de trois opéras seulement. C'est soit que je suis mozartien, soit que je n'ai vu que trois opéras dans ma vie. Et que j'ai un cédé d'Arielle Dombasle chez moi, peut-être, aussi.
Non seulement, ai-je écrit, et donc je n'ai pas fini ma phrase, n'en déplaise à Vaugelas. Je vais donc la poursuivre ici, si tant est que je peux profiter de cette incise - le Lecteur ne m'en voudra pas, et au pire il peut sauter à l'un ou l'autre paragraphe suivant voire aller exterminer l'Orient et vaincre l'Occident à ses comptoirs de blog - pour indiquer qu'il y a des airs que j'aime bien, mais dont l'air ne me revient jamais
Le choral Wachet auf, ruft uns die Stimme (et pourtant, dès que je l'ai, c'est bon, je peux siffler sans discontinuer, enfin presque car il faut un sacré souffle pour tenir toute la mesure), Le tourbillon de la vie (pour lequel je dois faire trois ou quatre essais avant d'arriver à placer ces saloperies de changement de tonalité) Mon amant de Saint-Jean,
et ce sont bien les seuls qui me viennent à l'esprit, puisqu'ils sont parties des morceaux qui me plaisent dès que je les entends, mais dont j'oublie régulièrement l'existence. Si je m'en souviens, c'est donc que je les ai entendu récemment. C'est vrai : depuis quinze jours, un accordéoniste joue le choral quasi tous les matins à Concorde, et un violoneux Bontempi explose la chanson de Piaf quand le métro ouvre ses portes à Etoile.
Un élitiste dira que je n'ai pas fait l'effort de retenir ces morceau parce qu'il s'agit plus de morceaux de chanson populaire. Je laisse l'élitiste à ses assertions, et j'en viens donc à la fin de ma phrase, ne voulant pas défriser la perruque vaugelasienne.
Non seulement, donc - mais pourquoi Vaugelas tenait-il tant, et Grévisse à la suite, sans compter tous les petits-maîtres de pensée étriquée qui exigent, pour faire plaisir à l'Education nationale, que non seulement soit suivi d'une proposition assertive, que complètera une indépendante complétive introduite par mais aussi, ce qui est tout de même un brin banal et lassant. Car si j'ai envie de mettre après le non seulement un petit ressort qui pèterait dans les mains du Lecteur histoire de le réveiller et d'attirer son attention, tout m'en empêche, puisque j'ai la Sorbonne contre moi.
Bast donc avec le non seulement, qu'il trône au début de cette page de l'Almanach, il y très bien, et il a les honneurs du premier rang, cela n'est déjà pas mal. Et, n'étant pas protestant, je ne vois pas pourquoi je le coifferai d'un mais aussi en guise de galure : qu'il marche devant moi découvert. Il le peut, lui.
Car ce que je ne peux pas, moi, c'est entendre certains airs sans avoir le petit refouloir à larmes qui se trouve à terrasser mordicus pour endiguer les montées des grandes marées. Y'a toujours, du moins, un petit quelque chose à l'estomac. Pour ne pas dire un bon coup de poing quand on me prend en traître.
Ce qui n'interdit pas que j'aille parfois me faire volontairement un peu de mal. C'est une douce masturbation, que de s'entraîner aux flux de souvenirs et de sensations sentimentales.
Bref, voici mon non seulement suffisamment loin pour que je le considère oublié, omis, occis, enterré.
L'encre dont je me sers, qui est bien évidemment mon propre sang distillé et torréfié, n'ayant d'autre objet que votre édification morale, Lecteur, il faut bien comprendre que les noms que je vais avancer sous peu seront placés afin de vous prémunir des dangers que j'affronte, et pour lesquels je me suis sacrifié. Il ne s'agit en rien d'un appel à l'écoute de tels airs. Surtout que l'essentiel d'entre eux peut être classé parmi les pires daubes, les chansons les plus infâmes, les plus insignifiantes, les plus exécrables qui aient été écrites.
Et pourtant ces salopes, à chaque fois, me font chialer. Comme un ver.
Le deuxième mouvement de l'Opus 100 de Schubert, Emmenez-moi de C. Aznavour, Salut les amoureux de P. Delanoé et R. Dassin, Amsterdam, de J. Brel.
La belle absente, contrainte oulipienne inventée par Georges Perec, est un poème appliquant les contraintes doubles du lipogramme et du tautogramme.
Prenez un dédicataire : votre percepteur, votre responsable hiérarchique, votre chien. Ce dédicataire a un nom de n lettres. Le principe de la belle absente est d'écrire un poème de n vers, chaque vers contenant successivement chaque lettre du nom "en creux".
Comment est-ce, "en creux" ? Simple. Vous prenez un alphabet simplifié de ses lettres les plus rares (K, W, X, Y, Z en français), soit :
A B C D E F G H I J L M N O P Q R S T U V
Bon. Supposons que la première lettre du nom soit O : le premier vers devra contenir toutes les lettres de cet alphabet simplifié, sauf O. Il devra bien entendu être le plus court possible - sinon, c'est trop facile, pour caser toutes les lettres.
L'exemple-type est bien entendu le À l'OuLiPo de Georges Perec :
Champ défait jusqu’à la ligne brève,
J’ai désiré vingt-cinq flèches de plomb
Jusqu’au front borné de ma page chétive.
Je ne demande qu’au hasard cette fable en prose vague,
Vestige du charme déjà bien flou qui
Défie ce champ jusqu’à la ligne brève.
On trouvera après ma propre tentative d'un après-midi au café.
Bel absent
Où le Pouet, s'emballant à propos d'un ex,
est interrompu fort à propos par quelqu'un
(peut-être cet ex, son souvenir, son image,
ou peut-être quelqu'un d'autre),
ce qui permet au Pouet de s'arrêter juste avant la révélation,
malséante et peu correcte, du nom de cet ex.
Pour vous, musical blondin, mon chat, mon coq, j'ai fait
Cet habit mi-fade, mi-galopin qui vous jette
Par quatre jets fous comme un vocable hagard : Fragile phasme étuvé... Quoi, joli bandit ?
- Un chanteur. À un moment il récite un petit poème et où il dit "Mon oeil est adolescent, il avoue tout en silence ; puis vexé il se cache, me fait passer pour un lâche." Voilà. "
i. Travailler, prendre de la peine, c'est le fond qui manque le moins. Certes. Mais pourquoi lorsqu'un dossier, qui me fait chier, m'horripile tant il est mal ficelé, qu'on me refourgue régulièrement aux périodes d'urgence en me voyant comme le sauveur ou la roue de secours (au choix), je n'y prends aucun plaisir, le fait traîner et en fait explose les délais ? On mettra ça sur le coup d'une psychologie sommaire.
ii. N'empêche, je prends décidément l'embedded value en grippe.
iii. Ce chocolat aux amandes et à la fleur d'oranger est magnifiquement surprenant.
iv. De toute manière, j'aime beaucoup trop les amandes et la fleur d'oranger. Alors, deux en un.
v. Quel sinistre et mesquin plaisir j'ai eu, malgré mes simagrées précédentes, à voir ce soir que ce sinistre minable rouleur de mécaniques d'un mètre soixante n'est toujours pas parvenu à se faire inscrire sur la liste des actuaires 2007, bien qu'il s'orne du titre.
vi. J'ai même trouvé de l'encens tout amande. C'est à croquer l'air.
vii. Je subodore néanmoins que les ressorts éprouvants que tout le monde exerce sur moi ces temps-ci commencent de faire leur effet, et que le stress monte. Le soir, dans le métro, pour me calmer je dois sans cesse crisper et détendre mes muscles.
viii. Et je m'énerve plus vite.
ix. Ou je m'isole. Qui voir, bientôt ? Personne ne peut ou ne veut du couscous projeté ce ouiquennede. À ne pas aimer l'hiver.
x. Il faudra que je coupe mes ongles sous la douche, tout à l'heure.
xi. Nez en moins, je n'ai pas dormi plus de trois heures hier. Cela devient inquiétant : après avoir regardé un film et ricané, je me suis couché. Pour me retrouver, les muscles agités, l'oeil ouvert, à écouter les bruits de la Convention. Gribouiller le carnet de croquis n'a servi à rien - ce qui est rare. Je me suis retrouvé à trois heures du matin à me faire chauffer un bol de soupe.
xii. Vraiment, je hais ce type. Et l'embedded value. Je hais en fait tout ce qui est imbécile.
xiii. Hier soir, je crois que surtout j'avais énormément besoin d'une présence. Pouvoir sentir quelqu'un respirer à côté de moi. Entre mes bras.
xiv. Si je ne cherche pas, certainement est-ce mélange de timidité et d'un désir de ne pas transformer qui que ce soit en seul objet d'assouvissement égoïste.
xv. Mais pourquoi l'ensemble des pulsions, y compris écrire et peindre et dessiner, s'est-il autant éloigné de moi ?
xvi. Il m'arrive parfois qu'une sentence, issue de nulle part, s'impose. Il y a trois jours, c'était "S'endormir, pour mourir d'une mort inouïe."
xvii. Décidément, je verse dans la banalité abstruse.
CDI. - Le Ségolisme est un Sarkozisme (tronche de politique).
Monsieur Nicolas-Paul-Stéphane Sarkozy de Nagy Bocsa nous avait habitué, depuis un laps, à mélanger allègrement ses fonctions et casquettes diverses : député, président de conseils divers, ministre et quasi Premier ministre, président de parti, candidat. M. Sarkozy de Nagy Bocsa était à Nouille Orque comme ministre d'Etat, il y parlait en tant que candidat, en tant que ministre, enfin en tant que démagogue.
Tant et si bien qu'on ne savait jamais trop dans quels oripeaux il se drapait. Tant et si bien qu'on pouvait assez légitimement le soupçonner de les mélanger, s'adornant de la matraque de chef de la Sûreté et de la flamberge du candidat. C'était subtil : si on peut se moquer d'un candidat, ce qui relève de la simple diffamation, on ne peut se moquer d'un ministre, car c'est insulte à une personne dépositaire de l'autorité publique. Et, dans le cas de celui-ci, quelle autorité : par escouades entières, s'il vous plaît.
Bref, M. Sarkozy de Nagy Bocsa était ministre-candidat comme Louis-Napoléon Bonaparte prince-président.
Cependant, il faut reconnaître à ce (sinistre, ça j'ai le droit) candidat et (sinistre, ça j'ai pas le droit) ministre, d'avoir très rarement argué d'occasions qui ne lui revenaient pas. Tout au plus profité : il était là en tant que président de parti, et hop, ni vu je t'embrouille, il changeait de casquette pour officier en ministre.
Madame Marie-Ségolène Royal, marchant dans les traces de notre vibrionnant ministre-candidat (puisque c'est l'usage d'en parler ainsi désormais), s'est donc offert un voyage à Dakar il y a peu - excusable, elle y est née - et récemment au Proche-Orient. Elle y a rencontré des ministres, des chefs de gouvernement ; on la commenta, on l'encensa, on la porta aux nues médiatiques usuelles. Elle nous fit même l'occasion d'un petit scandale, n'ayant pas giflé un outrecuidant par faute de traduction idoine.
Cependant, dans tout le verbiage qui suit Mme Royal - à croire qu'elle emmenait avec elle toute la rédaction du Monde et du Figaro, l'AFP dans les soutes - une chose me surprend.
Qu'est-ce qui autorise Mme Royal à rencontrer des ministres et des chefs de gouvernement ?
Qu'est-ce qui autorise Mme Royal à appeler à la cessation des hostilités comme une autorité morale ?
Rien.
Mme Royal n'est rien.
Mme Royal n'est actuellement que présidente de région et candidate. Mme Royal n'est dépositaire d'aucun mandat qui justifie non seulement que son voyage de personne privée au Proche-Orient, ou ailleurs, soit couvert par les médias comme un voyage d'Etat, mais aussi qu'elle puisse rencontrer, comme lors d'une visite d'Etat, des représentants d'Etat dans un contexte politique.
Mme Royal est une personne privée, un simple particulier, ni plus, ni moins. Elle usurpe une image qu'elle se crée et se constitue pour s'arroger des droits dont elle ne dispose pas encore, et parler comme la récipiendaire d'un pouvoir moral et légal. Bien plus, soit qu'elle le veuille ou que cela lui échappe - et je ne sais où gît la pire situation - elle laisse faire et dire.
Et là est le vrai scandale, plus que dans sa non-réplique à Monsieur Ali Ammar : Mme Royal vole le mandat du Peuple souverain.
Un peu souri, ce matin, en allant au métro. Il ne faisait pas froid, il y avait du vent, et il pleuviotait - c'était désagréable, le type de temps que je n'aime vraiment pas, mais pas du tout.
Pas loin de la rue de Lourmel, j'ai vu un chiot, tout fou. Je sais pas la race, je ne connais jamais la race des chiens. Peut-être un cocker, ou un king charles. L'essentiel était qu'il tournait sur lui-même à toutes berzingues, autour de sa laisse. Et puis il est parti, la tête en l'air, et derrière courait une gamine, cartable au dos, bras tiré par la corde et jambes de partout.
Ca fait partie des choses qui me font sourire.
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Pendant le repassage, je regardais Over the Hedge. Vous allez me dire que le repassage de mes chemises n'est qu'un prétexte. Y'a un peu de ça. Disons que des films légers ou d'action, ça passe très bien avec le repassage.
Et puis le petit écureuil thermodynamique m'a pas mal fait pouffer. Le scenario n'a rien de surprenant, est cousu de fil blanc du début à la fin, et on a les scènes classiques du ralenti à l'échelle planétaire, puis galactique, pour montrer une énorme catastrophe drôlissime. M'en tape : ça marche toujours, et les meilleurs blagues sont celles où on voit vraiment les grosses ficelles.
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Et puis dans ce film, il y a une phrase énorme. C'est la tortue, Verne, qui parle, plein de doute :
"Ma tête me dit d'écouter ma queue, ma queue me dit d'écouter ma tête. Je suis coincé entre ma tête et ma queue, et j'ai mal au ventre. Oooooooooh, pauvre de moi."
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Non que je veuille ces temps-ci farcir cet almanach avec des choses qui ne sont pas moi, ni de moi, mais ce peut être une façon agréable de clôre cette série des CCC et des bananes.
Donc, extraits et explosions de la bande passante.
i. Se prendre en photo, noir et blanc, avec source de lumière sur le côté, grain fin, sensibilité aux contrastes élevée ;
ii. Mettre ça dans l'ordinateur, lancer un logiciel quelconque de bidouille d'image ;
iii. Baissez la lumière, augmentez un chouïa les contrastes ;
iv. Zoomez sur le pull qui fait moche, le gribouiller avec du noir pour le masquer ;
v. Profitez-en pour bidouiller le double-menton et vous rajeunir ;
vi. Passez aux lunettes : la réfraction crée une illusion d'optique qui déplace la joue vers l'oeil, c'est très laid. Coupez des bouts de peau, déplacez l'os vers la gauche. Remplissez le trou avec des couleurs prises sur la joue, à proximité ;
vii. Peaufinez le revers du métal des lunettes, les bricolages sus-évoqués les ayant un peu ternies ;
viii. Zoomez sur l'oeil, sélectionnez-le, changez le ton principal. Par honnêteté, choisissez bien sûr quelque chose qui ressemble à votre vraie pupille.
ix. Enregistrez, faites admirer.
Vous avez ainsi une photo éminent réaliste et sincère, représentant la vérité de votre être. Claire, sans mensonge. Comme toute image.
Moralité : l'art, comme toute chose, ou toute prétention à n'importe quoi qui veut se faire passer pour n'importe quoi, n'est jamais que travail.
Vous pouvez aussi aller baver devant Fight club de David Fincher, avec Edward Norton et Brad Pitt (raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah !!!).
"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles."
Je m'aperçois que ces temps-ci je deviens extrêmement irascible. Une phrase, un mot - souvent, interprétés pas toujours de façon juste - m'emportent très facilement au large des côtes paisibles.
Non que je crie, peste, tempête. Soit par éducation, soit par paresse, soit par politesse, soit par lâcheté ou faiblesse. Je bous, je fulmine et je rumine, et c'est déjà beaucoup.
Non que je crie, peste, tempête. Mais je dis que je suis en colère, j'en agonis mes pauvres correspondants, et je vais me planquer dans ma couette pour penser à autre chose. Ou je regarde un film, une théière pleine devant moi, sans prêter attention.
Irascible, je deviens, donc. Méfiance.
La citation de Sire Constance :
"Ne va pas même t'imaginer que la colère contribue en rien à la grandeur d'âme. Car ce n'est pas là de la grandeur ; ce n'est que de l'enflure. Ainsi dans les corps que gonfle une humeur viciée la maladie n'est-elle pas de l'embonpoint - c'est une exubérance mortelle. Tous ceux qu'un esprit dépravé emporte au-delà des pensées humaines s'imaginent qu'ils respirent je ne sais quoi de grand et de sublime. Mais là-dessous, il n'y a rien de solide, et tout édifice sans fondements est prompt à crouler. La colère ne s'appuie sur rien, elle ne s'élève sur rien de ferme et de durable ; elle n'est que vent et fumée, et s'éloigne autant de la grandeur d'âme que la témérité du courage, la présomption de la confiance, la tristesse de l'austérité, la cruauté de la sévérité."
Sénèque le Jeune, De la colère, Livre I, XX.
Traduction G. Rachet.
Avant de commencer, il y a un peu moins d'un an, de tourner autour de ma Gidouille sur ce site, je participais déjà à des forums par ailleurs. Je peux même me vanter d'en avoir été la gloire et l'ornement, un temps jadis.
Conséquence de telles choses : nous faisons de temps à autre des repas, des soupers. Privatifs ou moins. Ce soir en est un ; et c'est Bad qui en a eu l'initiative. Donc, depuis un mois, je fais des effets d'annonce, je tiens une liste, et je réserve le restaurant en donnant un ordre de grandeur du nombre de présents - anticipant, bien sûr, sur les derniers et inévitables dégonflés de dernière minute, ceux qui ont oubliés, ceux qui n'ont pas reçu le courriel (tu parles, Charles), ni réussi à me joindre au téléphone (comme si avoir un lieu et une heure de rendez-vous ne suffisait pas).
Depuis ce matin, j'ai régulièrement des messages sur mon répondeur de personnes inquiètes qui veulent une confirmation. Comme si dire "là, à tant" n'était pas un engagement suffisant - comme si la moindre des politesses n'était pas de prévenir, au contraire, si tout plantait ?
Le pompon a été décroché tout à l'heure. De retour des courses, où j'ai poireauté un temps fou aux caisses à cause de mémés qui venaient acheter, inévitablement, leur deux clémentines et leur paquet de chips le ouiquennede, je trouve un truc dans le genre : "Bonjour, c'est Ragnagna, je te confirme que je viendrai, je voulais savoir si tu confirmais que le repas avait bien lieu, et si tu pouvais me dire où était le restaurant, mais ce serait gentil si tu confirmais, parce que j'ai peur que ce soit un gros lapin."
Déjà, on a des réactions un tantinet irrités quand on entend :
i. "Je te confirme que je viendrai" : encore heureux, normalement le principe était d'un engagement ferme il y a quinze jours (sauf mort de belle-mère et de crash de la Chirac Airlines) ;
ii. "si tu pouvais me dire où était le restaurant" : j'ai donné l'adresse, le métro, après tu prends un plan et tu regardes comme une grande.
Là encore, vous allez me dire que ça ressort d'une simple psychologie un tantinet stressée et inquiète, de la timidité névropathe.
Mais "j'ai peur que ce soit un gros lapin". Vous avez bien lu ? "J'ai peur que ce soit un gros lapin".
On organise un restaurant, une rencontre, qui engage une grosse dizaine de personnes, on en parle depuis un mois (histoire de prendre en considération les différentes sensibilités), des types prennent le train pour rejoindre la capitale, et ce serait un lapin ?
Là encore, vous allez dire que je m'énerve pour rien.
En fait, ce qui m'insupporte le plus dans une telle phrase, c'est qu'elle a un présupposé latent : tous les hommes sont des salops, qui ne savent faire qu'une chose, être des salops. Le lapin, l'absence de courage et de politesse est leur qualité première. Tellement quintessentielle qu'il est quasi impensable qu'ils puissent agir autrement et que, par conséquent, il faut vérifier ce qu'ils font : il faut les pousser dans leur retranchement, les contraindre d'avouer ce qu'ils pensent réellement.
Les hommes sont nécessairement déceptifs, nécessairement menteurs, nécessairement des Fracasse et des Matamore.
J'ai bien conscience que mon énervement m'incite à faire des généralisations dangereuses, et injustes. Il se peut après tout que les quelques filles homosexuelles que j'ai pu être amené à côtoyer, le hasard aidant, me côtoyaient justement parce qu'une succession d'éléments avait déjà réalisé une sélection, ne me laissant que des cas particuliers, à partir desquels je ne peux pas faire de généralisation.
Parlons donc uniquement de ces filles-là. Pas de toutes les goudous. Pas de toutes les filles. Uniquement de celles-ci (à une exception près).
Ces filles-ci restent encore plus cloîtrées que moi chez elles, c'est dire. Ces filles ne sortent jamais. Ces filles ont une haine complète de l'homme. Ces filles effectuent une catégorisation complète autour de la dichotomie bien/mal sur l'axe sexuel : les filles, les hommes. Et, parmi leurs propres consoeurs, ces filles sont systématiquement sur la défensive. Animaux aux abois constants, raides et défenses en avant.
Mais surtout : ces filles ne vous accordent pas le bénéfice a priori de l'humanité.
Et ça, ça m'énerve. Quand je vais à un rendez-vous, à une rencontre, quelle qu'elle soit, j'y vais nécessairement avec des a priori. Mais il ne me semble pas, jamais, avoir refusé le bénéfice de l'humanité. Même à mes plans culs les plus glauques, il m'était impensable de les rencontrer en ne les considérant pas comme des êtres humains, c'est-à-dire dignes, et dignes de dignité, et ayant une idée de leur propre dignité.
Il est évident que la rencontre pouvait m'amener à considérer que l'autre était un imbécile, un sot, un idiot, un pervers, un monomane, etc. Différence ! C'était à l'issue de la rencontre que l'impression se dessinait, s'étant formée pendant.
Mais me dire d'office que l'autre n'avait droit à aucune possibilité d'être considéré avant tout comme être humain, devant faire avant tout ses preuves pour, peut-être, accéder à ma considération, faire le chemin inverse (de la larve la plus abjecte à un semblant d'estime), c'est non seulement infect, c'est aussi culotté.
Kangourou ou en dentelle avec des noeufs fanfreluches, je m'en tape, mais culotté.
La citation misogyne du jour :
"Guardate queste femmine,
guardate cosa son!
Queste chiamate Dee
dagli ingannati sensi
a cui tributa incensi
la debole ragion,
son streghe che incantano
per farci penar,
sirene che cantano
per farci affogar,
civette che allettano
per trarci le piume,
comete che brillano
per toglierci il lume;
son rose spinose,
son volpi vezzose,
son orse benigne,
colombe maligne,
maestre d'inganni,
amiche d'affanni
che fingono, mentono,
amore non senton,
non senton pietà,
no, no, no, no!
Il resto nol dico,
già ognun lo sa!"
Je rappelle à toutes les mères de confession juive que le 14 décembre, c'est Hannukkah. Par conséquent, je les invite fortement à convaincre leur fils ou leur enfant à me céder leur place pour le concert de Muse, dans l'intérêt de la concorde familiale.
Dans la liste des cadeaux de Noël, je suis aussi preneur d'une édition originale Hertzel d'un Jules Verne, de préférence Vingt mille lieues sous les mers ou Robur le conquérant (je peux vous dire où en trouver) et d'un fauteuil club (mais je l'ai déjà choisi, j'irai l'acquérir bientôt).
Mais Muse, mesdames les mamans, ça me ferait très plaisir. En plus vos mioches n'y veront rien : le concert affiche complet.
"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.
Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !
Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."
Dante Alighieri, Inferno , I.
"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."
François Villon, Epitaphe, 1-4.
"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."
Mickhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite, II.
"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.
Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"
P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7. Trad. toute perso.
"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."
Albert Cohen, Les Valeureux, I.
"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."
Yukio Mishima, Les Amours interdites, VIII.
"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."
Homère, Iliade, XXIV.
"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."
Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.
"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.
Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.
"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."
Georges Perec, W ou le souvenir d'enfance, I.
"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."
Herman Melville, Moby Dick, I.
"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"
Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.
"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."
Giuseppe Tomasi, duc de Palma de Montechiaro, prince de Lampedusa, Le Guépard, I.
"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."
Jules Verne, Le Château des Carpathes, I.
"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."
John Kennedy Toole, La Conjuration des imbéciles, Un.