12/12/2005

12/12/05 - 20:33

XVI. - La Corrèze vous baise...

I. LA LOI...

LOI n° 2005-158 du 23 février 2005

portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés


L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,

Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Article 1. - La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française.

Elle reconnaît les souffrances éprouvées et les sacrifices endurés par les rapatriés, les anciens membres des formations supplétives et assimilés, les disparus et les victimes civiles et militaires des événements liés au processus d'indépendance de ces anciens départements et territoires et leur rend, ainsi qu'à leurs familles, solennellement hommage.

Article 2. - La Nation associe les rapatriés d'Afrique du Nord, les personnes disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d'exactions commis durant la guerre d'Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d'Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc, à l'hommage rendu le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord.

Article 3. - Une fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie est créée, avec le concours de l'Etat.

Les conditions de la création de cette fondation sont fixées par décret en Conseil d'Etat.

Article 4. - Les programmes de recherche universitaire accordent à l'histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu'elle mérite.

Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit.

La coopération permettant la mise en relation des sources orales et écrites disponibles en France et à l'étranger est encouragée.

[...] S'ensuivent des trucs sur les harki, le problème de l'injure, de la reconnaissance de la violence, du statut des pupilles de la Nation, etc.


II. LA PETITION...

Colonisation : non à l’enseignement d’une histoire officielle


La loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés » a des implications sur l’exercice de notre métier et engage les aspects pédagogiques, scientifiques et civiques de notre discipline.

Son article 4 dispose : « Les programmes de recherche universitaire accordent à l’histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ... »

Il faut abroger d’urgence cette loi,

i. parce qu’elle impose une histoire officielle, contraire à la neutralité scolaire et au respect de la liberté de pensée qui sont au cœur de la laïcité,

ii. parce que, en ne retenant que le « rôle positif » de la colonisation, elle impose un mensonge officiel sur des crimes, sur des massacres allant parfois jusqu’au génocide, sur l’esclavage, sur le racisme hérité de ce passé, parce qu’elle légalise un communautarisme nationaliste suscitant en réaction le communautarisme de groupes ainsi interdits de tout passé.

Les historiens ont une responsabilité particulière pour promouvoir des recherches et un enseignement
i. qui confèrent à la colonisation et à l’immigration, à la pluralité qui en résulte, toute leur place,
ii. qui, par un travail en commun, par une confrontation entre les historiens des sociétés impliquées rendent compte de la complexité de ces phénomènes,
iii. qui, enfin, s’assignent pour tâche l’explication des processus tendant vers un monde à la fois de plus en plus unifié et divisé.

Claude Liauzu, professeur émérite à l’université Denis Diderot-Paris 7 ;
Gilbert Meynier, professeur émérite à l’université de Nancy ;
Gérard Noiriel, directeur d’études à l’EHESS ;
Frédéric Régent, professeur à l’université des Antilles et de Guyane ;
Trinh Van Thao, professeur à l’université d’Aix-en-Provence ;
Lucette Valensi, directrice d’études à l’EHESS.


III. LÀ, LA SAUCE MONTE...

Pas la peine de détailler... tout le monde fonce sur l'affaire, lance sa propre pétition, M. Sarkozy en profite pour faire dans le populisme, les ténors enroués de la gauche essaient lamentablement de lancer des pions pour les présidentielles, etc.

Dieu merci, les historiens ont la bonne idée de limiter les signatures à 1001 chercheurs... et non pas à des politiques.

Mais, là, coup de théâtre...


IV. LA CORREZE VOUS BAISE...

Déclaration solennelle de Jacques Chirac sur la colonisation


La loi du 23 février 2005 suscite un débat sur notre mémoire, un débat sur l'histoire de la France outre-mer. La France est une grande nation, son passé est glorieux, elle porte des valeurs universelles qui rayonnent à travers le monde, des valeurs de liberté, de justice, de droit. Elle est marquée par la diversité des hommes et des horizons qui font sa force et aussi sa richesse.

Cette histoire, c'est notre patrimoine, c'est notre identité, c'est notre avenir. Et nous devons en être fiers.

Comme toutes les nations, la France a connu la grandeur, elle a connu les épreuves. Elle a connu des moments de lumière et des moments plus sombres. C'est un héritage que nous devons assumer tout entier, c'est un héritage que nous devons assumer dans le respect des mémoires de chacun, des mémoires parfois blessées et qui constituent chez beaucoup de nos compatriotes une part de leur identité.

L'Histoire, c'est la clé de la cohésion d'une nation, mais il suffit de peu de choses pour que l'histoire devienne un ferment de division, que les passions s'exacerbent, que les blessures du passé se rouvrent.

Dans la République, il n'y a pas d'histoire officielle. Ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire. L'écriture de l'histoire, c'est l'affaire des historiens.

C'est pourquoi, face au débat suscité par l'article 4 de la loi du 23 février 2005, j'ai proposé au président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré, qui l'a accepté, de constituer une mission pluraliste pour évaluer l'action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l'histoire. Cette mission devra écouter toutes les sensibilités et devra s'entourer d'historiens.

Le président de l'Assemblée nationale a précisé que les conclusions de cette mission pourraient être rendues dans un délai de trois mois et je serai très attentif aux recommandations qu'elle fera.

J'ai demandé aussi au gouvernement que la Fondation sur la mémoire, prévue à l'article 3 de la loi du 23 février 2005, soit créee dans les meilleurs délais et qu'elle soit dotée des moyens nécessaires à son bon fonctionnement.

Il faut maintenant que les esprits s'apaisent, il faut que vienne le temps d'une réflexion sereine dans le respect des prérogatives du parlement, dans la fidélité à nos idéaux de justice, de tolérance et de respect, dans un esprit d'unité et de rassemblement.


V. CONCLUSION PARTIALE...

Plusieurs petits points...

i. L'article incriminé. - M. Chirac ne dit pas qu'il va faire en sorte de supprimer l'article incriminé... Remarque, il n'en a pas le droit, c'est un fait, aux termes de la Constitution. En revanche, il peut demander que le Parlement en recause un brin. Ce qu'il ne fait pas, puisqu'il y a juste création d'une vague mission, encore un machin parlementaire qui va ronronner pas mal de temps avant de s'endormir, les braises de la polémique un peu rafraîchies.

Sachant que grâce à la majorité UMP, la proposition socialiste d'abrogation de l'article en question a été refusée par l'Assemblée le 29 novembre...

ii. Le devoir de mémoire. - Les politiques escamotent magnifiquement le débat : que ce soit MM. Chirac, Sarkozy ou Hollande, ils se sont tous empressés de causer du devoir de mémoire, patin couffin... Et c'est même un retournement épistémologique splendide :

- Les historiens disent : L'histoire est une science humaine ! Elle doit être indépendante ! Elle doit être rigoureuse ! On n'a pas à nous dire ce qu'on doit dire, nous n'avons à dire que ce qu'il est juste de dire, que cela plaise ou non !

- Le politique répond : Il est indéniable que le devoir de mémoire doit être une chose fondamentale, une Fondation d'Etat, qu'on ait donc une institution officielle en charge des célébrations, et donc du discours sur les événements du passé...

Magnifique... Vraiment magnifique.

Si M. Chirac dit bien que "Dans la République, il n'y a pas d'histoire officielle. Ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire. L'écriture de l'histoire, c'est l'affaire des historiens." , on aura tout de même une belle administration qui sera là pour veiller à tout ce qu'il convient de faire comme devoir de mémoire... et pas autre chose.

Devoir de mémoire : illustre connerie, m'est avis. La repentance et la contrition, ça ne sert à rien. C'est l'excuse du mec qui dit, après avoir buté quelqu'un : je savais pas ! Je ne me rendais pas compte qu'en l'égorgeant il allait mourir ! Oulalah qu'est-ce que je regrette. Alors que ce qu'il y a en jeu ici, ce n'est pas le sentimentalisme assorti d'amour du drapeau - saluez ! - mais un travail intellectuel, la compréhension de l'ensemble des schèmes temporels, des causalités et des contextes qui ont fait l'Histoire et ses événements.

Ce qui, d'un point de vue moral, si on veut mettre là-dedans de la moralité, permets ensuite de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de l'activité politique et sociale actuelle...

iii. Dernier petit point... Encore une citation, allez, pour le plaisir :

Constitution du 04/10/1958.


"Article 10. - Le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée.

Il peut, avant l'expiration de ce délai, demander au Parlement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée."


C'est donc là qu'on apprend que M. Chirac a promulgué une loi, et l'a donc signée, pour ensuite quand la sauce a monté nous pondre une déclaration solennelle sur le thème "Rôh ! Elle est pas bien cette loi !"

Question : M. Chirac lit-il les lois qu'il signe ?



commentaires

12/12/05 - 20:47

Remarque de bons sens. J'avais déjà soulevé cet été les contradictions chiraquiennes à propos de ce qui soulève débat aujourd'hui, alors que nous n'étions, il y a quelques mois, que des chercheurs et des enseignants à nous alarmer de cet article de loi.
[www]

12/12/05 - 21:00

Cette loi est bête et partiale, mais pas si dangereuse que ça à mon avis, du moins à court terme. Tout le monde sait que les bons enseignants sont ceux qui ne respectent ni les textes officiels, ni les directives administratives et ministérielles, ceux qui continuent à exercer leur métier en leur âme et conscience en méprisant les diverses pressions auxquelles ils sont confrontés. L'abrogation attendra bien 2007 ;)

12/12/05 - 21:06


Mouais... Sur le fond, d'accord....

Quant au principe de revenir à une histoire officielle, j'ai des doutes... Le Lavisse version 1910's, ça a tout de même atterri sur ces succès comme l'Expo Coloniale.

12/12/05 - 22:17

chirac ou ses ministres jouent à ce petit jeu depuis toujours... Le grand classique : on signe des documents à bruxelles puis ensuite on feint de "découvrir" l'existence de ces textes quand ceux-ci suscitent des réactions hostiles parmi la population, et on s'insurge alors... tout en reconnaissant qu'on ne peut plus rien faire. Bien pratique après tout... et complètement irresponsable surtout.

12/12/05 - 23:39

rappelons juste qu'en février seule une dizaine de députés étaient présents lors du vote...

12/12/05 - 23:46

Une vingtaine !

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"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.

Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !

Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."

Dante Alighieri, Inferno , I.





"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."

François Villon, Epitaphe, 1-4.





"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."

Mickhaïl Boulgakov,
Le Maître et Marguerite, II.





"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.

Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"

P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7.
Trad. toute perso.





"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."

Albert Cohen, Les Valeureux, I.





"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."

Yukio Mishima,
Les Amours interdites, VIII.





"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."

Homère, Iliade, XXIV.





"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."

Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.





"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.

Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.

"Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."

Georges Perec,
W ou le souvenir d'enfance, I.





"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."

Herman Melville, Moby Dick, I.





"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"

Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.





"Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."

Giuseppe Tomasi,
duc de Palma de Montechiaro,
prince de Lampedusa, Le Guépard, I.





"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."

Jules Verne,
Le Château des Carpathes, I.





"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."

John Kennedy Toole,
La Conjuration des imbéciles, Un.



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