31/12/2005XXXII. - Ce soir, nouvel anDonc, couronne de fleurs pour la soirée antique.
Tuniques, Toges, Caligae... et couronnes. Pas de laurier : faut savoir rester modeste. XXXI. - Scènes professionnelles de fin d'annéeAu turbin, c'est l'inventaire depuis début décembre, et jusqu'à la présentation des comptes à notre Direction Générale bien-aîmée le 7 février. Stress qui monte, retard sur le planning, plantages informatiques, la Comptabilité qui essaie de nous chier dessus et de nous aider, selon ses humeurs, pour avancer ses pions dans la guéguerre des chefs qui se trace au sommet. Rien que de très normal...
Sauf que cette année, sur une équipe de 25, nous ne sommes plus que 20. Sans compter que ceux qui sont partis - soit par démission, soit pour congé maternité - ne sont pas forcément les plus glandus. Emmerdant de se dire qu'en fait on pourrait aller plus vite, si et seulement si des branleurs qui vont à la machine à café toutes les demi-heures pour y brailler qu'ils bossent trop se mettaient face à leur écran et réfléchissaient un peu.
Pensez. Deux heures jeudi avec une employée pour lui expliquer des notions de base : ce qu'est une provision, un chiffre d'affaires... J'en suis venu à utiliser de petits schémas, et à parler du Livret A et des impôts pour qu'un mouvement se fasse dans le neurone et qu'elle arrête de dire d'office que de toute façon c'était un truc de mec qui a fait des études et qu'elle comprendra jamais dans sa petite tête.
Et le tout à l'avenant. Avec la restructuration qui s'annonce, tout le monde chie dans son froc, moi le premier. Ma patronne a démissionné, elle part fin janvier. Son chef, le Directeur technique, a été mis dans un placard doré. La Directeur Vie, placardisée aussi. Le Directeur général de la boîte a buté cet été son propre chef et est monté d'un cran dans le groupe. Conséquence : je n'ai plus de responsable pour valider mes options et signer les millions, si ce n'est directement tout en haut de l'échelle du groupe, où ils n'en ont rien à branler, tant que le ROE est là.
On pourrait vivoter, sans eux, néanmoins. On est deux à pouvoir tenir le service et faire l'inventaire... D'toute façon, on va faire un petit diumvirat dès janvier pour mener tout ça. S'il n'y avait pas le problème de l'exemple : comment voulez-vous donner motiver 18 personnes quand leurs chefs actuels, parce qu'ils ont démissionné ou ont été mis de côté, se moquent des problématiques et se barrent à 15h45 ? C'est ce qu'à fait ma vénérée cheffe hier... Ce qui fait qu'à 16 heures nous n'étions déjà plus que trois à rester.
Et elle vient de m'annoncer qu'elle ne sera plus là le lundi, le mercredi matin et le vendredi... Remarque, je la comprends. Elle part du groupe. Elle déménage. Elle a un stock phénoménal de congés à prendre... Mais j'envisage avec effroi les jours d'absence. Va falloir encadrer encore plus, faire jouer le régime de terreur pour que l'équipe bosse, et j'ai horreur de ça.
Je ne vois rien d'autre, quand de toute manière ils ne voient pas les conséquences de leur erreur. Cette semaine, une des filles avait fait une connerie de... 47 millions d'euros. Je m'en suis aperçu par hasard - ce n'est pas un domaine dont je suis supposé me mêler. Elle avait confondu des centimes avec des euros, et rajouté des zéros en complément pour faire joli. Sa réponse : 47 millions ? Boaf, ce n'est rien, ça... Meubiensûr. 47ME, c'est juste le résultat de ta filiale, connasse, et 10% du chiffre d'affaires que t'as lourdé, et tu t'en tapes la moule ? Terrible dans ces cas de ne pas hurler, mais de rester calme et pédagogue. Ni de s'en ouvrir aux collègues, pour ne pas s'entendre dire ensuite qu'on tire des balles dans les pattes de pauvres employés sans défense qui n'ont pas, bien sûr, mes capacités ragnagna.
Courage... Y'a plus qu'à savoir qui va aller présenter les comptes à la DirGé début février. Je sens trop que ça va être bibi qui va s'y coller. Ué. Trop bien. 26 piges, 3 ans de boulot, et je vais me trouver face à de vieux loups qui ne pensent qu'au pouvoir et vont tout faire pour me pousser à la faute.
9h-20h quasi tous les jours depuis début décembre… Et je ne suis pas à plaindre : mon diumvir arrive plus tôt, part plus tard, et bosse chez lui. J’avoue que je m’y refuse, je n’ai pas sa résistance.
Hier soir, à côté de l’imprimante couleur, j’ai craqué.
XXXX. - Et dans cent cinquante ansRaphaël, Caravane (2005)
Et dans 150 ans, on s'en souviendra pas
De ta première ride, de nos mauvais choix,
De la vie qui nous baise, de tous ces marchands d'armes,
Des types qui votent les lois là bas au gouvernement,
De ce monde qui pousse, de ce monde qui crie,
Du temps qui avance, de la mélancolie,
La chaleur des baisers et cette pluie qui coule,
Et de l'amour blessé et de tout ce qu'on nous roule,
Alors souris.
Dans 150 ans, on s'en souviendra pas
De la vieillesse qui prend, de leurs signes de croix,
De l'enfant qui se meurt, des vallées du tiers monde,
Du salaud de chasseur qui descend la colombe,
De ce que t'étais belle, et des rives arrachées,
Des années sans sommeil, 100 millions de femmes et
Des portes qui se referment de t'avoir vue pleurer,
De la course solennelle qui condamne sans ciller,
Alors souris.
Et dans 150 ans, on n'y pensera même plus
A ce qu'on a aimé, à ce qu'on a perdu,
Allez vidons nos bières pour les voleurs des rues !
Finir tous dans la terre, mon dieu ! Quelle déconvenue.
Et regarde ces squelettes qui nous regardent de travers,
Et ne fais pas la tête, ne leur fais pas la guerre,
Il leur restera rien de nous, pas plus que d'eux,
J'en mettrais bien ma main à couper ou au feu,
Alors souris.
Et dans 150 ans, mon amour, toi et moi,
On sera doucement, dansant, 2 oiseaux sur la croix,
Dans ce bal des classés, encore je vois large,
P't'être qu'on sera repassés dans un très proche, un naufrage,
Mais y a rien d'autre à dire, je veux rien te faire croire,
Mon amour, mon amour, j'aurai le mal de toi,
Mais y a rien d'autre à dire, je veux rien te faire croire,
Mon amour, mon amour, j'aurai le mal de toi,
Mais que veux-tu ?... 27/12/2005XXIX. - Je rentre maintenant du travail, et je viens de trouver sur le pas de ma porte une boîte contenant des fleurs. 45, si j’ai bien compté. En toute sincérité, je devrais te remercier – et ça m’a surpris, même après les journées de travail que je m’offre ces temps-ci. Mais autant de fleurs, même pour Noël, c’est trop et ce ne peut être « amicalement ». Surtout celles-ci.
Il y a quelques temps, de toi ou d’un autre, cela m’aurait fait plaisir, peu importe la cause du plaisir. Je n’ai plus la force maintenant. C’est quelque chose qui me dépasse et contre laquelle je ne peux rien. J’ai besoin d’être seul, de ne voir personne, de ne parler à personne. M’obliger à parler au travail est déjà beaucoup. J’ai besoin de silence. Je me doute bien que cela ne peut que te faire du mal, mais toi comme moi savons que si nous nous reparlons ces temps-ci, ce sera pour envenimer ce tu as, et moi je ne pourrais rien faire pour t’en empêcher, par faiblesse, par peur, et aussi par lassitude de moi-même.
Traite-moi d’inconstant, d’ordure. Ce sera peut-être plus simple. Mais laisse-moi un petit peu de temps, s’il te plaît.
26/12/2005XXVIII. - P'tite phrase du ouiquennedeEntre la cuisine et l'entrée, pas de la porte.
"Frangin, faut que je te dise : je suis pédé.
- Rien à foutre. Tu es mon frère, c'est tout." 22/12/2005XXVII. - Je me tâte, je me tâte.20/12/2005XXVI. - Après la prophylaxie de dimanche, une autre..."Bonjour, monsieur, c'est délicat à dire... je viens de voir que j'avais des morpions. Vous auriez quelque chose pour ça ?"
Depuis quelques jours "ça" me grattait. Et, brusquement, ce matin, je me suis mis à avoir des doutes, et à me demander si ce n'était pas autre chose qu'une simple irritation passagère.
Et là, j'ai regardé.
Je viens de voir ce matin avec honte et terreur mes premiers morpions.
Je ne sais pas d'où ils viennent. J'ai tout aussi bien pu les attraper dans le métro, à la laverie (linge qui traîne dans les machines), ou... bref. Ce n'est pas la vie monacale que je mène depuis quelques mois qui aurait pu m'entraîner à choper ça directement sur le producteur, sans intermédiaire.
Conclusion : après la panique et mon petit côté extrême, j'ai tout aspergé, je réasperge tout de suite là maintenant, et j'ai même rasé dans l'enthousiasme. Moi qui me moquait du côté ridicule des individus qui s'ôtaient l'attirail pileux, me voici avec un appendice de prépubère.
Amis du bon goût, bonsoir.
 16/12/2005XXV.Vais me pendre avec mon écharpe.
Ni fleur ni couronne, merci. 15/12/2005XXIV. - Bondage style.Histoire que les guéguerres théologiques ne s'enveniment pas, un p'tit truc pour détendre (?) l'atmosphère.
Pierre et Gilles, Le Garçon attaché, première versionXXIII. - Du Cul' sur Pierre (Acte II)Autant le mettre en avant, puisque je peux faire culture-confiture...
Suite à mon blabla d'hier, un charmant monsieur, plein de bonnes intentions, a mis ceci comme commentaire :
"Les versets des Actes que vous donnez ne parlent pas de sa mort à Jérusalem.
Les voici :
6. Or la nuit même avant le jour où Hérode devait le faire comparaître, Pierre était endormi entre deux soldats ; deux chaînes le liaient et, devant la porte, des sentinelles gardaient la prison.
7. Soudain, l'ange du Seigneur survint, et le cachot fut inondé de lumière. L'ange frappa Pierre au côté et le fit lever : « Debout ! Vite ! » dit-il. Et les chaînes lui tombèrent des mains.
8. L'ange lui dit alors : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales » ; ce qu'il fit. Il lui dit encore : « Jette ton manteau sur tes épaules et suis-moi. »
9. Pierre sortit, et il le suivait ; il ne se rendait pas compte que c'était vrai, ce qui se faisait par l'ange, mais il se figurait avoir une vision.
10. Ils franchirent ainsi un premier poste de garde, puis un second, et parvinrent à la porte de fer qui donne sur la ville. D'elle-même, elle s'ouvrit devant eux. Ils sortirent, allèrent jusqu'au bout d'une rue, puis brusquement l'ange le quitta.
11. Alors Pierre, revenant à lui, dit : « Maintenant je sais réellement que le Seigneur a envoyé son ange et m'a arraché aux mains d'Hérode et à tout ce qu'attendait le peuple des Juifs. »
12. Et s'étant reconnu, il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, où une assemblée assez nombreuse s'était réunie et priait.
13. Il heurta le battant du portail, et une servante, nommée Rhodé, vint aux écoutes.
14. Elle reconnut la voix de Pierre et, dans sa joie, au lieu d'ouvrir la porte, elle courut à l'intérieur annoncer que Pierre était là, devant le portail.
15. On lui dit : « Tu es folle ! » mais elle soutenait qu'il en était bien ainsi. » C'est son ange ! » dirent-ils alors.
16. Pierre cependant continuait à frapper. Quand ils eurent ouvert, ils virent que c'était bien lui et furent saisis de stupeur.
17. Mais il leur fit de la main signe de se taire et leur raconta comment le Seigneur l'avait tiré de la prison. Il ajouta : « Annoncez-le à Jacques et aux frères. » Puis il sortit et s'en alla dans un autre endroit."
Je m'octroie un droit de réponse, na !
Droit monarchique et dictatorial de réponse
Mon cher Jeando...
Je ne me suis pas trompé de versets, ni de citation.
Dans la phraséologie classique qui est celle des textes bibliques (y compris ceux du Nouveau Testament), des termes comme "Pierre était endormi" ou "aller dans un autre endroit" signifie qu'on est mort. Un exemple entre d'autres : les remarques de Paul dans les Epîtres, où il réconforte ses copains du fait que certains frères se sont déjà "endormis" alors que l'Apocalypse n'est toujours pas venue ( Thessalociens, si ma mémoire est bonne).
"Être dans les chaînes", c'est, pour la tradition juive dans laquelle sont inscrits les auteurs des Actes, c'est être au Schéol... Ca se trouve déjà chez les Prophètes.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la geste de Pierre, dans les Actes, a été placée dans une logique d'imitation de Jésus... Il est persécuté, emprisonné par l'autorité romaine, il meurt - ce qui permet à son ombre, tout comme à celle du Christ auparavant - de passer à travers les murailles, d'apparaître aux disciples, etc. Je ne veux pas dire, mais le parallèle entre Marie de Magdala, première "visionneuse" du Christ ressuscité selon les Evangiles, et la servante, première "visionneuse" de Pierre, ou l'apparition de Pierre et du Christ dans l'assemblée des fidèles après avoir toqué à la porte, c'est très ressemblant. Voire trop.
Et ça me semblerait trop énorme que, pile poil à cet endroit des Actes, les auteurs aient brusquement changé de référentiel lexical pour dire autre chose que "Pierre est mort" mais "Pierre dort et s'enfuit".
Par ailleurs, dans les Actes, je dis ça je dis rien, mais à partir du moment où Pierre est "allé dans un autre endroit", il n'apparaît plus... Sauf pour faire un discours-programme au chapitre 15, c'est vrai, lors du fameux "concile de Jérusalem".
L'inconvénient est qu'il semble de plus en plus probable aux chercheurs (sur la base d'arguments lexicographies et stylistiques (*)), que les discours de Pierre et Jacques sont des pièces rapportées a posteriori (durant le II° siècle, les Actes datant d'environ 80-90), afin de contrecarrer la prééminence que Paul prend dans les Actes (tous les Actes ont un objectif principal, qui est de balancer la figure trop importante de Paul par celle de Pierre et de Jacques, qui sont des Statues du Commandeur, à une époque où, pour les rédacteurs, le christiannisme hésitait entre rester juif et s'émanciper).
Dernier point : la mort de Pierre à Rome n'est pas racontée, si ce n'est à partir des Pères de l'Eglise, que vers le III°... Entretemps, on a eu le temps de tout inventer, ET SURTOUT LA PAPAUTE EST APPARUE A ROME ET A REMPLACE L'EMPIRE COMME POUVOIR. En 95-97, l'Epître de Clément de Rome aux Corinthiens ne fait que dire que Pierre "souffrit de nombreuses épreuves"... sans parler de sa mort éventuelle. Ce qui est surprenant, dans une logique où l'auteur de la lettre est directement sur les lieux. Sans compter que jamais, ô grand jamais, les textes chrétiens n'ont mis en avant les massacres néroniens durant lesquels Pierre est supposé mourir, vers 64... alors qu'il y auraient eu tout intérêt, car c'eût été un martyr de choix.
D'autres questions comme ça, j'en veux encore, c'est du pain bénit !
PS : qui savait que Jésus avait des frères, dont Jacques ?
(*) Je reconnais que ça fait un peu argument d'autorité... Mais il est surprenant que Pierre, dans ce discours-programme, se voit attribuer la pensée du Paul des Epîtres... Comme si on voulait lui donner la paternité de l'ouverture du judaïsme "chrétien" aux païens.
14/12/2005XXII. - Du Cul' à éviter.Sur les conseils malavisés d'un collègue qui m'a vu me promener avec Jésus après Jésus, Sur l'origine du christiannisme de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat (Seuil, mars 2004), je viens de me taper trois des premières émissions d'Histoire de... sur France Cul et sur les papes... en repassant.
Franchement, je déconseille. Un tel ramassis de légendes et de traditions dans une émission qui essaie de se taper des références historiques, ça fait pitié...
Remarquez, juste pour rigoler, écoutez la première, sur Saint Pierre... Elle vaut le coup. Vous savez tout de Pierre : date de naissance, lieu, sentiments politiques... alors que RIENde tout ça ne transparaît dans les textes, même chez les Pères de l'Eglise du II°-III° siècle. Ils ont même osé reprendre le pauvre jeu de mot grec sur petra / petros (Pierre / pierre) qui date d'Evangiles tardifs, et qui ne sont certainement pas d'origine... puisque Jésus ne parlait qu'araméen.
Sinon, sinon... tiens, ça aussi, ça m'a fait sursauter : dans l'émission, ils disent que la primauté de Pierre est justifiée (entre autres) par le fait que le Christ ressuscité est apparu en tout premier à Pierre. Mué. Si on prend l'évangile de Marc, le plus ancien (écrit vers 60...), Jésus apparaît d'abord à Marie de Magdala, puis à "deux d'entre eux" (les pélerins d'Emmaüs), puis aux Onze... (Marc, 16, 9-13). Pareil chez Matthieu... Pareil chez Luc...
Ah, oui juste un détail : Pierre n'est pas mort à Rome... Même pour moi qui suit nul en grec, et même en céfran, c'est évident qu'il meurt à Jérusalem (Actes, 12, 6-17) : suffit de pas faire semblant d'ignorer les litotes classiques des textes bibliques seulement quand c'est pratique pour justifier la primauté de Rome. Pierre n'a quasiment jamais quitté la Judée... Faut tout de même penser à jeter un coup d'oeil sur les textes avant de dire de telles conneries dans une émission d'histoire.
Bref.
J'ai oublié de dire que cette émission est une resucée de Radio Vatican. Aaaaaah.
[...]
Consolons-nous donc avec une belle peinture...

Le Caravage (Michelangelo Merisi), Le Martyre de Saint Pierre,
Rome, Eglise Sainte-Marie du peuple
Pssssst : Le bouquin de Prieur et Mordillat, en revanche, je conseille... XXI. - Promesse de belle histoire...Un jour, si j'ai le courage, je vous narrerai l'histoire de Paul et de Marcion.
Seulement si tu me la demandes, bien sûr, ô publichérimonamûr. Néanmoins, je précise, pour appâter la foule, que c'est du chaud-bouillant.
Quasiment aussi chaud qu'une toile du Sodoma...
Il Sodoma (Giovanni Antonio Bazzi), Christ à la Colonne (Pinacothèque de Sienne)
Ca, si ce n'est pas du manifeste pédé, je demande ce que c'est.
(En revanche, je tairai ce que j'ai fait à Sienne à la Pinacothèque, dans le recoin où est cachée cette toile...)XX. - Chouquettes Party ou l'art d'être poli.Un monsieur durant plusieurs mois me serinait qu'il fallait dire "Bonjour, Monsieur", "Bonjour, Madame".
Un an après, l'automatisme est ancré dans ma petite cervelle.
Conséquence : miracle !
Depuis que je dis "Bonsoir, Mademoiselle" à ma boulangère, elle me sourit et s'enquiert de ma santé. Et aujourd'hui...
J'ai eu droit à 500 grammes de chouquettes gratuites !
La politesse est donc un élément de rentabilité essentiel. Je vais le suggérer aux gestionnaires de ma boîte, tiens.
13/12/2005XIX. - Sainte Merde et Sainte Joie embrennéeLa Sainte Merde continue, sous ses aspects qui lui donnent toute sa richesse.
Smeuss.
Sourire bêta, et machine à phantasmes qui s'emballe.
Et donc Sainte Merde qui augmente. Je sens que les prochaines semaines vont guère être simple.
Rajoutons à cela le boulot, mais ça n'occupe que 40% de mon temps, ce qui est rien. 12/12/2005Sainte MerdeOn a beau faire et beau dire, voir des films et faire le sot, quand le vague à l'âme est là, le bateau coule.
Je coule. XVIII. - Nonobstant...Malgré cet élan lyrique, je précise à toute personne pleine de commisération que j'en suis toujours à ma Sainte Merde.
Tout avis, etc. XVII. - Ah oui, juste une précision...
Pour ceux qu'ont pas compris, j'aime bien les trucs à jupette. Faut pas me titiller avec, sinon vous allez vous prendre le Cheval de Troie en pleine poire, et je vais péter le vase de Pandore contre le mur. XVI. - La Corrèze vous baise... I. LA LOI...
LOI n° 2005-158 du 23 février 2005
portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés
L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Article 1. - La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'oeuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française.
Elle reconnaît les souffrances éprouvées et les sacrifices endurés par les rapatriés, les anciens membres des formations supplétives et assimilés, les disparus et les victimes civiles et militaires des événements liés au processus d'indépendance de ces anciens départements et territoires et leur rend, ainsi qu'à leurs familles, solennellement hommage.
Article 2. - La Nation associe les rapatriés d'Afrique du Nord, les personnes disparues et les populations civiles victimes de massacres ou d'exactions commis durant la guerre d'Algérie et après le 19 mars 1962 en violation des accords d'Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc, à l'hommage rendu le 5 décembre aux combattants morts pour la France en Afrique du Nord.
Article 3. - Une fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie est créée, avec le concours de l'Etat.
Les conditions de la création de cette fondation sont fixées par décret en Conseil d'Etat.
Article 4. - Les programmes de recherche universitaire accordent à l'histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu'elle mérite.
Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit.
La coopération permettant la mise en relation des sources orales et écrites disponibles en France et à l'étranger est encouragée.
[...] S'ensuivent des trucs sur les harki, le problème de l'injure, de la reconnaissance de la violence, du statut des pupilles de la Nation, etc.
II. LA PETITION...
Colonisation : non à l’enseignement d’une histoire officielle
La loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés » a des implications sur l’exercice de notre métier et engage les aspects pédagogiques, scientifiques et civiques de notre discipline.
Son article 4 dispose : « Les programmes de recherche universitaire accordent à l’histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ... »
Il faut abroger d’urgence cette loi,
i. parce qu’elle impose une histoire officielle, contraire à la neutralité scolaire et au respect de la liberté de pensée qui sont au cœur de la laïcité,
ii. parce que, en ne retenant que le « rôle positif » de la colonisation, elle impose un mensonge officiel sur des crimes, sur des massacres allant parfois jusqu’au génocide, sur l’esclavage, sur le racisme hérité de ce passé, parce qu’elle légalise un communautarisme nationaliste suscitant en réaction le communautarisme de groupes ainsi interdits de tout passé.
Les historiens ont une responsabilité particulière pour promouvoir des recherches et un enseignement
i. qui confèrent à la colonisation et à l’immigration, à la pluralité qui en résulte, toute leur place,
ii. qui, par un travail en commun, par une confrontation entre les historiens des sociétés impliquées rendent compte de la complexité de ces phénomènes,
iii. qui, enfin, s’assignent pour tâche l’explication des processus tendant vers un monde à la fois de plus en plus unifié et divisé.
Claude Liauzu, professeur émérite à l’université Denis Diderot-Paris 7 ;
Gilbert Meynier, professeur émérite à l’université de Nancy ;
Gérard Noiriel, directeur d’études à l’EHESS ;
Frédéric Régent, professeur à l’université des Antilles et de Guyane ;
Trinh Van Thao, professeur à l’université d’Aix-en-Provence ;
Lucette Valensi, directrice d’études à l’EHESS.
III. LÀ, LA SAUCE MONTE...
Pas la peine de détailler... tout le monde fonce sur l'affaire, lance sa propre pétition, M. Sarkozy en profite pour faire dans le populisme, les ténors enroués de la gauche essaient lamentablement de lancer des pions pour les présidentielles, etc.
Dieu merci, les historiens ont la bonne idée de limiter les signatures à 1001 chercheurs... et non pas à des politiques.
Mais, là, coup de théâtre...
IV. LA CORREZE VOUS BAISE...
Déclaration solennelle de Jacques Chirac sur la colonisation
La loi du 23 février 2005 suscite un débat sur notre mémoire, un débat sur l'histoire de la France outre-mer. La France est une grande nation, son passé est glorieux, elle porte des valeurs universelles qui rayonnent à travers le monde, des valeurs de liberté, de justice, de droit. Elle est marquée par la diversité des hommes et des horizons qui font sa force et aussi sa richesse.
Cette histoire, c'est notre patrimoine, c'est notre identité, c'est notre avenir. Et nous devons en être fiers.
Comme toutes les nations, la France a connu la grandeur, elle a connu les épreuves. Elle a connu des moments de lumière et des moments plus sombres. C'est un héritage que nous devons assumer tout entier, c'est un héritage que nous devons assumer dans le respect des mémoires de chacun, des mémoires parfois blessées et qui constituent chez beaucoup de nos compatriotes une part de leur identité.
L'Histoire, c'est la clé de la cohésion d'une nation, mais il suffit de peu de choses pour que l'histoire devienne un ferment de division, que les passions s'exacerbent, que les blessures du passé se rouvrent.
Dans la République, il n'y a pas d'histoire officielle. Ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire. L'écriture de l'histoire, c'est l'affaire des historiens.
C'est pourquoi, face au débat suscité par l'article 4 de la loi du 23 février 2005, j'ai proposé au président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré, qui l'a accepté, de constituer une mission pluraliste pour évaluer l'action du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l'histoire. Cette mission devra écouter toutes les sensibilités et devra s'entourer d'historiens.
Le président de l'Assemblée nationale a précisé que les conclusions de cette mission pourraient être rendues dans un délai de trois mois et je serai très attentif aux recommandations qu'elle fera.
J'ai demandé aussi au gouvernement que la Fondation sur la mémoire, prévue à l'article 3 de la loi du 23 février 2005, soit créee dans les meilleurs délais et qu'elle soit dotée des moyens nécessaires à son bon fonctionnement.
Il faut maintenant que les esprits s'apaisent, il faut que vienne le temps d'une réflexion sereine dans le respect des prérogatives du parlement, dans la fidélité à nos idéaux de justice, de tolérance et de respect, dans un esprit d'unité et de rassemblement.
V. CONCLUSION PARTIALE...
Plusieurs petits points...
i. L'article incriminé. - M. Chirac ne dit pas qu'il va faire en sorte de supprimer l'article incriminé... Remarque, il n'en a pas le droit, c'est un fait, aux termes de la Constitution. En revanche, il peut demander que le Parlement en recause un brin. Ce qu'il ne fait pas, puisqu'il y a juste création d'une vague mission, encore un machin parlementaire qui va ronronner pas mal de temps avant de s'endormir, les braises de la polémique un peu rafraîchies.
Sachant que grâce à la majorité UMP, la proposition socialiste d'abrogation de l'article en question a été refusée par l'Assemblée le 29 novembre...
ii. Le devoir de mémoire. - Les politiques escamotent magnifiquement le débat : que ce soit MM. Chirac, Sarkozy ou Hollande, ils se sont tous empressés de causer du devoir de mémoire, patin couffin... Et c'est même un retournement épistémologique splendide :
- Les historiens disent : L'histoire est une science humaine ! Elle doit être indépendante ! Elle doit être rigoureuse ! On n'a pas à nous dire ce qu'on doit dire, nous n'avons à dire que ce qu'il est juste de dire, que cela plaise ou non !
- Le politique répond : Il est indéniable que le devoir de mémoire doit être une chose fondamentale, une Fondation d'Etat, qu'on ait donc une institution officielle en charge des célébrations, et donc du discours sur les événements du passé...
Magnifique... Vraiment magnifique.
Si M. Chirac dit bien que "Dans la République, il n'y a pas d'histoire officielle. Ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire. L'écriture de l'histoire, c'est l'affaire des historiens." , on aura tout de même une belle administration qui sera là pour veiller à tout ce qu'il convient de faire comme devoir de mémoire... et pas autre chose.
Devoir de mémoire : illustre connerie, m'est avis. La repentance et la contrition, ça ne sert à rien. C'est l'excuse du mec qui dit, après avoir buté quelqu'un : je savais pas ! Je ne me rendais pas compte qu'en l'égorgeant il allait mourir ! Oulalah qu'est-ce que je regrette. Alors que ce qu'il y a en jeu ici, ce n'est pas le sentimentalisme assorti d'amour du drapeau - saluez ! - mais un travail intellectuel, la compréhension de l'ensemble des schèmes temporels, des causalités et des contextes qui ont fait l'Histoire et ses événements.
Ce qui, d'un point de vue moral, si on veut mettre là-dedans de la moralité, permets ensuite de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de l'activité politique et sociale actuelle...
iii. Dernier petit point... Encore une citation, allez, pour le plaisir :
Constitution du 04/10/1958.
"Article 10. - Le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée.
Il peut, avant l'expiration de ce délai, demander au Parlement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée."
C'est donc là qu'on apprend que M. Chirac a promulgué une loi, et l'a donc signée, pour ensuite quand la sauce a monté nous pondre une déclaration solennelle sur le thème "Rôh ! Elle est pas bien cette loi !"
Question : M. Chirac lit-il les lois qu'il signe ?
XV. - Comment qu'on se prend une branléeLe texte évoqué hier soir... Ca permet toujours d'attendre l'expert de l'assurance...
Tite-Live, XXII, 49 (récit de la bataille de Cannes contre Hannibal)
"A la tête des légions, Paul Emile, bien que gravement blessé par une fronde dès le début de l'engagement, marcha pourtant contre Hannibal à plusieurs reprises avec ses soldats en rangs serrés et rétablit sur plusieurs points le combat. Les cavaliers romains le protégeaient puis, quand ils virent que le consul [Paul Emile] n'avait même plus la force de diriger son cheval, mirent pied à terre.
"Quand on dit à Hannibal que le consul avait donné l'ordre de mettre pied à terre, il s'écria, à ce qu'on prétend : "Tant mieux ! C'est comme s'il me les livrait pieds et poings liés !" Le destin de ces cavaliers, qui combattaient à pied contre des ennemis sûrs de tenir la victoire, était scellé ; les Romains aimaient mieux mourir sur place que de battre en retraite, et les vainqueurs, furieux contre ceux qui retardaient la victoire, tuaient ceux qu'ils ne pouvaient déloger. Ils délogèrent pourtant les derniers survivants, épuisés par leurs efforts et par leurs blessures.
"Alors ce fut la déroute, et ceux qui le pouvaient reprirent leurs chevaux pour s'enfuir.
"Le tribun militaire Gn. Lentulus, passant à cheval, aperçut le consul couvert de sang, assis sur une pierre. Il lui dit :
"A toi seul, Paul Emile, les dieux doivent aujourd'hui la vie sauve, car tu n'as aucune responsabilité dans le désastre. Monte sur mon cheval, tant qu'il te reste des forces, et que je te peux te hisser et te protéger en montant avec toi. Que cette bataille ne compte pas le consul parmi ses morts : il y a sans cela bien assez des larmes et de deuils."
"Le consul lui répondit :
"Bonne chance, Gnaeus, ne gaspille pas, en me prenant vainement en pitié, le peu de temps qui te reste pour échapper à l'ennemi. Pars ! Recommande publiquement aux sénateurs de fortifier Rome, et de protéger la ville avant que l'ennemi arrive en vainqueur ! Et, dis en particulier à Quintus Fabius que Paul Emile jusqu'à la fin de sa vie et jusqu'à son dernier souffle n'a pas oublié ses conseils. Laisse-moi mourir au milieu de mes hommes, qui sont couchés là ! [...]"
"Ils parlaient encore quand arrivèrent sur eux les Romains en déroute et leurs poursuivants. Les ennemis accablèrent de traits le consul, sans le reconnaître. Lentulus, au milieu de la confusion, fut sauvé par son cheval."
Trad. Annette Flobert, GF Flammarion. 11/12/2005XIV. - Ces Grecs je vous jure...Cet homme est un meurtrier. En une seule bataille, ses 47 000 hommes anéantirent 250 000 Perses, tuèrent entre 40 000 et 90 000 hommes et détruisirent un empire qui était à l'époque un modèles de stabilité géopolitique rare.
Pourtant, je n'arrive pas à me dépêtrer d'une certaine fascination pour Alexandre III de Macédoine. Non que ses aventures avec Héphestion attirent de ma part la moindre condescendance - quoi que...
Je me demande d'où vient cet attachementà l'histoire antique, à ses légendes. Les jupettes ? La gloire, la raison, l'hybris ? P'têt. Je n'ai même plus l'argument de dire que c'est la première base de notre société : la Star Ac a largement succédé. Mais pour le récit de la mort de Paul-Emile à Cannes, je donnerai tout Lorie, tout Téhèffeouane et toute la télé.
Je vais faire mon grandiloquent, mais c'était l'époque où l'on cherchait à trouver ce qu'était l'homme.
Depuis, on ne parle plus de l'homme. On parle de Kenza qui sort du Loft ou de Ragnagna qui va pas passer la deuxième saison de la StarAc.
XIII. - Sainte MerdeVais avoir besoin de réfléchir, moi.
Surtout ne pas s'emballer, mais en même temps il va falloir être honnête vis-à-vis de moi, du Monde, l'Univers, de ce que je dois et de ce que j'espère.
Sainte Merde... J'aurais mieux fait de rester cloîtré tout le ouiquennede, moi. XII. - Bref petit instant banalNous sommes samedi. Et comme tous les quinze jours, c'est bibliothèque : stock de bédés et de cédés à refaire... Et c'est parti pour ce petit tour de beaufitude qui fait tant de bien, ensuite, vautré, un café ou un gros chocolat au bout du bras, un morceau de zique pour faire culturel et un bon gros Corto Maltese entre les mains. Le monde peut s'écrouler, il y aura toujours ces petits moments d'abrutissement à la limite du plaisir et du bonheur.
Foule, foule, foule. Même la biblio se tape des airs de Bazar de l'Homo Viril juste avant les fêtes. Faut zigzaguer entre les mémés, les poussettes et les cartes vermeils qui viennent prolonger leur carte pile poil le samedi - parce que le mercredi c'est belote et le jeudi c'est sortie troisième âge au restaurant du Mont Saint-Michel.
Bon, que prends-je. P'tain, pas se faire trop remarquer entre les ados boutonneux et les adultes à cheveux longs et gras. Allez, on fait rapide, et puis après on fonce au rayon cédés classiques, le Rach 2 et les Diabelli, ça la pète plus, c'est plus présentable. Zou, celle-ci, celle-là, ah, zut, je vais dépasser la limite de cinq, bon, je repose celle-ci et je prends l'autre.
Enregistrement.
Mais ils les prennent où leurs bonshommes préposés à l'enregistrement ? Il sait juste dire oui, çui-là. Le type derrière moi s'impatiente. Du coup, il pose ses bouquins à côté de moi, sur le comptoir.
Glisse un oeil sur le côté, genre il se gêne pas, çui-ci.
Et là.
[...]
Jésus Marie Joseph.
[...]
Re-coup d'oeil.
[...]
Seigneur plein de grâces !
[...]
Guigne, guigne.
[...]
Ô, Saint Agneau !
[...]
Et là, les pensées sont :
1. - merdemerdemerdemerdemerde, je vais avoir l'air con avec mes pauvres bédés de beauf ;
2. - ah non, il a aussi des bédés, ça va. AAAAAAH ! Mais il a aussi la CriPure !
3. - surtout, surtout, SURTOUT ne pas lui faire le coup du regard en coin de la sale tapette en manque. Non. NON ! Nooooooon !
4. - argh. J'lui ai fait le coup du regard en coin de la sale tapette en manque. Dieu merci, il compulsait ses livres.
5. - mais pourquoi Balibalo il est si rapide pour enregistrer mes livres ? Il pourrait pas prendre au moins le même temps que d'habitude ? Surtout ne pas tourner la tête. Je pense livres. Je pense enregistrement. Je pense cours du CAC40. Je pense article 39 GB quinquies du Code des Assurances.
6. - uééééééé ! Je n'ai pas tourné la tête ! C'est bon, je peux partir dignement. Fier. Mais pourquoi j'arrive pas à rentrer ces putains de livres dans ce putain de sac à dos ? Sa main ! Il a sa main à trente-cinq centimètres de la mienne ! Aaaaah ! Je vais me payer un collapse.
7. - Pas tourner la tête.
8. - Surtout pas le regard de la tapette !
9. - Il est un élément du décor, c'est tout.
10. - Juste-un-élément-du-décor.
11. - Mercimonsieuraurevoirmonsieursurtoutnepaslefrôlersurtoutn'avoirpasl'airdepaniquer.
12. - Ouf, je suis sorti. Je me dirige dignement vers la cédéthèque.
Et là, je craque. Je me retourne. Planté en plein milieu du couloir. Et je vois au loin sa silhouette brune.
JE SUIS TROP CON !!!!!
10/12/2005XI. - Photos de ma bit......ure au grog.
Disponibles dès que j'aurais commencé ledit grog. On peut même me voir à oualpé, une pizza dans la gueule, le corps enduit d'huile d'olive pimentée, en train de repasser.
Qui veut des charentaises ? X. - J'ai survécu à une aussi grosse......cohue.
Et j'ai quasi rien trouvé pour les kâdô de la famiglià.
Courage... si je suis sage et si j'ai l'envie, la force, la patience, je narre toutes les aventures de cette aprèm'. Notamment le phénomène du bô brun, etc.
En attendant...
Recette du chocolat chaud
Prendre du lait, froid, suffisamment pour remplir une tasse. Songer à laisser du jeu (genre un centimètre en haut de la tasse).
Faire chauffer, avec : canelle, miel, une pincée de gingembre.
Verser le tout dans la tasse, où le chocolat attend sagement.
Pour ceux qui n'ont pas froid aux yeux, vous pouvez remplacer tout ou partie du lait par de la crème épaisse.
Pour l'instant, si ça ne gêne personne, je vais aller digérer tout ça sur mon divan avec une bédé et un cédé de Listz. Et OUI JE SAIS QUE J'AI DU REPASSAGE ! Merci de me le rappeler. IX. - J'en avais jamais vu d'aussi grosses...Dans le thème : voyez comme mon journal est proche de la réalité et parle réellement de moi...
Qui veut voir mes glaires ?
09/12/2005VIII. - C'est bonheur1. - Je suis toujours enrhumé.
2. - J'ai toujours mal au crâne.
3. - Ne parlons pas de l'état des yeux.
4. - Mon portable est défunté (quatre ans de service, fallait pas trop lui demander).
5. - J'ai donc dû quérir un nouveau portable. Je n'ai pu trouver que le format discothèque du 14 juillet (parce que discothèque du Quenn, avec flonflons, loupiottes et zinzins, hors de question).
6. - Mais pourquoi ce con de portable prend-il des photos plutôt que de téléphoner ?
7. - Et c'est quoi ces fonctions à la mords-moi-le-mormon ? Pourquoi y'a une touche antigel et une touche déodorant ?
8. - Oui, oui, c'est sympa, la fonction capote amovible...
9. - Ah oui, y'a aussi la boîte à Kleenex incorporée ?
10. - Eh ben. Et cette option aussi... Mais...
11. - Bordel ! COMMENT FAIT-ON POUR TELEPHONER ????
[...]
156. - Ah, c'est vrai, y'a aussi le repassage qui traîne. Re-joâ.
Bon, on va prendre une douche, on va se faire un grog, et bren pour le portable.
C'est pas pour dire, mais je sens qu'il va autant servir que le précédent, cestui-ci.
08/12/2005VII. - 'taing de saloperie de rhumeRendez-moi mon froid lyonnais.
Et pas cette connerie d'humidité de parigot. Vais me coucher, tiens, pour la peine. VI. - Scènes de la vie de travail, 1 Patronne. - Bad, faut que tu avances sur ce sujet ! La Direction Générale n'a-d-me-ttra PAS qu'on n'ait pas avancé dessus avant le 1er décembre !
Badinou. - Mais ! On est le 8 décembre !
Patronne. - Peu importe ! Ce n'est pas envisageable !
Badinou. - Bien sûr. D'autant plus que la Direction Générale n'a jamais octroyé les crédits pour qu'on puisse investir du temps dessus, et avancer.
Patronne. - Tu exagères. Nous avons tout de même deux consultants qui ont travaillé dessus depuis deux ans.
Badinou. - Justement, puisque vous en parlez. Je voulais vous en toucher deux mots. A*** m'a livré le modèle la semaine passée. J'ai commencé de regarder.
Patronne. - Ah ? Fais voir les résultats !
Badinou. - Attendez. Avant de lancer un modèle, il faut voir s'il fonctionne.
Patronne. - Bien sûr, bien sûr. Mais la Direction Générale attend les résultats. Et les résultats pour 2006 sont à donner le 17 février 2006, je te rappelle. Il FAUT que tu avances.
Badinou. - Patronne, je ne vais pas vous faire l'affront de vous rappeler le nombre de sujets sur lesquels je travaille.
Patronne. - Je ne vois pas ce que tu veux dire.
Badinou. - Ah ? Alors, il y a ça : pour hier. On me l'a filé aujourd'hui. Il y a ça1, ça2, ça3... Toutes choses urgentes parce que vous viendrez dès lundi me demander les éléments.
Patronne. - ...
Badinou. - Quant au modèle des consultants, je serais poli, je ne dirais pas ce que j'en pense. Sinon qu'il est mal foutu, qu'il y a encore un boulot monstre, pour le rendre efficace, juste, pour compléter le peu qu'ils ont modélisé. Même en travaillant uniquement dessus sans discontinuer, je n'y arriverai pas.
Patronne. - ... !
Badinou. - Pourquoi vous mentirai-je ? Juste pour de l'affichage ? Je n'en vois pas l'intérêt. Si je bâcle maintenant et je sors des chiffres faux, ça me reviendra en boomerang dès l'an prochain. Et c'est contre mes principes.
Patronne. - Bon. Je vais voir ce que je peux faire.
Badinou. - Franchement, je suis plus que déçu par le boulot des consultants. Quand on voit passer leur facture, on s'attend nettement à mieux. Il y a tout à faire, dans ce... modèle.
Patronne. - Je crois qu'on va embaucher un consultant pour t'assister.
V. - La terreur de l'anonymatC'est étrange...
Si je me suis mis malgré tout à essayer de vaquer sur ce site, c'est aussi pour en fuir un autre. J'espérais pouvoir profiter délicatement de ce confort qu'est l'anonymat, n'être plus une star, une référence - ce que je suis bien évidemment par ailleurs, ô fans ! Simplement profiter de cette petite drogue nauséabonde qu'est le net sans mouvoir les foules au seul chuintement de ma douce voix d'enrhumé.
En gros, j'espérais pouvoir dissocier la bête...
... et vivre entre les deux, entre la Statue du Commandeur sur le site-dont-il-ne-faut-pas-dire-le-nom et le boulot-métro-dodo.
Et voilà qu'à peine créé, on me retrouve, on me piste. Ah, les fans. Dois-je penser que j'espérais leur venue. Ou que certains me font sérieusement chier ?
Public chéri, mon namûr ! 07/12/2005IV. - Maintenant je sais faire du html de baseMerci aux liens cités par ailleurs...
Allez, zou, dodo, je me sauve.
J'ai un rhume et des guirlandes à soigner.
III. - Ayé je suis un homme...Bon, la case "je fais mumuse en remplissant mes caractéristiques" est achevée.
Maintenant, on va pouvoir goûter aux joies simples de cette étrange chose qu'est l'anonymat public.
Yeaaaaah... Profitons-en, en plus, c'est Noël.
On va pouvoir faire le sot. Vous allez pouvoir me voir en train d'éternuer devant l'écran, me curer le nez sur mon verre de vin. Vous en rêviez, hein ?
06/12/2005II. - Putain mais comment ça fonctionne ces conneries !!!!
Et ce qui m'inquiète c'est que le début... Qu'est ce que ça va donner quand on va passer au PowerPoint avec cours de la Bourse et indices en continu, hein ? I. - Fin et débutBon, allez, je finis le sorbet au citron vert avec les doigts et je commence ça.
Comme quoi tout n'est que recommencement dans la grande traînée de la vie qui depuis l'aube des temps et que l'homme est l'homme, patin couffin, ragnagna.
Le portrait... un autre jour. La flemme. Déjà.  |
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"Nel mezzo del cammin di nostra vita
mi ritrovai per una selva oscura
chè la diritta via era smarrita.
Ah quanto a dir qual era è cosa dura
esta selva selvaggia e aspra e forte
che nel pensier rinova la paura !
Tant'è amara che poco è più morte ;
ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte."
Dante Alighieri, Inferno , I.
"Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis."
François Villon, Epitaphe, 1-4.
"Drapé dans un manteau blanc à doublure sanglante et avançant de la démarche traînante propre aux cavaliers, un homme apparut sous le péristyle qui séparait les deux ailes du palais d'Hérode le Grand. C'était Ponce Pilate, procurateur de Judée. Le printemps était là et l'aube du quatorzième jour du mois de Nisan se levait."
Mickhaïl Boulgakov, Le Maître et Marguerite, II.
"Je chante les armes, et l'homme ! Oui, celui-là, le premier qui arriva des bords de Troie en Italie, et aux rives du Lavinium, prédestiné, fugitif ! Il a connu bien des traverses, et sur terre, et sur l'abîme, sous les coups de Ceux d'en haut - à cause de la colère de la cruelle Junon. Il souffrit aussi, beaucoup, par la guerre, alors qu'il luttait pour fonder sa ville et installer ses dieux dans le Latium.
Et c'est de là que viennent la race latine, les Albains nos pères, et les murs de la haute Rome !"
P. Vergilius Maro, Aeneidos, I, 1-7. Trad. toute perso.
"À six heures du matin, Pinhas Solal, dit Mangeclous, descendit tout habillé du hamac qui lui servait de lit dans la cave qui lui servait de chambre. Pieds nus mais comme de coutume en redingote et haut-de-forme, il ouvrit le soupirail et aspira, les yeux fermés, les souffles de jasmin et de chèvrefeuille mêlés de senteur marines."
Albert Cohen, Les Valeureux, I.
"Les critiques, pourtant si impitoyables, du Redon, gardèrent le silence. Par discrétion à l'égard de leurs amis ou des garçons du café qui leur tenait compagnie, ils se retenaient d'exprimer leur admiration ineffable. Mais tous ces yeux isolaient l'image du plus beau garçon qu'il leur avait été donné de caresser par le passé, pour la comparer à la statue nue de Yûichi qu'ils imaginaient en face d'eux."
Yukio Mishima, Les Amours interdites, VIII.
"Et c'est ainsi qu'ils accomplirent les funérailles d'Hektôr, le dompteur de chevaux."
Homère, Iliade, XXIV.
"Je suis un homme malade... Je suis un homme méchant. Je suis un homme déplaisant. Je crois que j'ai une maladie du foie. D'ailleurs, je ne comprends absolument rien à ma maladie et ne sais même pas au juste où j'ai mal."
Fiodor Dostoïevski, Le Sous-sol, I.
"Je n'ai pas de souvenir d'enfance. Jusqu'à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes : j'ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six ; j'ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m'adoptèrent.
Cette absence d'histoire m'a longtemps rassuré : sa sécheresse objective, son évidence apparence, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n'était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente.
" Je n'ai pas de souvenirs d'enfance" : je posais cette affirmation avec assurance, avec presque une sorte de défi. L'on n'avait pas à m'interroger sur cette question. Elle n'était pas inscrite à mon programme. J'en étais dispensé : une autre histoire, la Grande, l'Histoire avec sa grande hache, avait déjà répondu à ma place : la guerre, les camps."
Georges Perec, W ou le souvenir d'enfance, I.
"Je m'appelle Ishmaël. Mettons."
Herman Melville, Moby Dick, I.
"À mon sens, lorsque mes parents m'engendrèrent, l'un ou l'autre aurait dû prendre garde à ce qu'il faisait : et pourquoi pas tous les deux puisque c'était leur commun devoir ?"
Laurence Sterne, Vie et Opinions de Tristram Shandy, Gentleman, I.
" Nunc et in hora mortis nostrae. Amen. Le rosaire quotidien s'achevait. Pendant une demi-heure, la voix paisible du Prince avait rappelé les Mystères glorieux et douloureux ; pendant une demi-heure, d'autres voix mêlées avaient tissé un bruissement ondoyant où s'épanouissaient les fleurs d'or de mots insolites : amour, virginité, mort."
Giuseppe Tomasi, duc de Palma de Montechiaro, prince de Lampedusa, Le Guépard, I.
"Cette histoire n'est pas fantastique, elle n'est que romanesque. Faut-il en conclure qu'elle ne soit pas vraie, étant donné son invraisemblance ? Ce serait une erreur. Nous sommes d'un temps où tout arrive, - on a presque le droit de dire où tout est arrivé. Si notre récit n'est point vraisemblable aujourd'hui, il peut l'être demain, grâce aux ressources scientifiques qui sont le lot de l'avenir, et personne ne s'aviserait de le mettre au rang des légendes."
Jules Verne, Le Château des Carpathes, I.

"Une casquette de chasse verte enserrait le sommet du ballon charnu d'une tête. Les oreillettes vertes, pleines de grandes oreilles, de cheveux rebelles au ciseau et des fines soies qui croissaient à l'intérieur même desdites oreilles, saillaient de part et d'autre comme deux flèches indiquant simultanément deux directions opposées. Des lèvres pleines, boudeuses, s'avançaient sous la moustache noire et broussailleuse à leur commissure, s'enfonçaient en petits plis plein de désapprobation et de miettes de pomme de terre chips. À l'ombre de la visière verte, les yeux dédaigneurx d'Ignatius J. Reilly dardaient leur regard bleu et jaune sur les gens qui attendaient comme lui sous la pendule du grand magasin D.H. Holmes, scrutant la foule à la recherche des sines de son mauvais goût vestimentaire. Plusieurs tenues, remarqua Ignatius, étaient assez neuves et assez coûteuses pour être légitimement considérées comme des atteintes au bon goût et à la décence. La possession de tout objet neuf ou coûteux dénotait l'absence de théologie et de géométrie du possesseur, quand elle ne jetait pas tout simplement des doutes sur l'existence de son âme."
John Kennedy Toole, La Conjuration des imbéciles, Un.
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